CHAPITRE SIXIEME
L'hommage!
Le seigneur Enguerrand de Carouge était arrivé devant le château de Fenestrange pendant que le comte consultait son astrologue et que ses deux fils luttaient a l'arme blanche comme deux ennemis.
t6S Il OU MIT
Voyant que personne ne se présentait au son de son cor, ce seigneur, suivant la coutume du temps, se fit ôter ses éperons et son épée par ses serviteurs, et s'approchant du pont-levis, tête nue et a pied, appela par trois fois et a haute voix le seigneur de Feuestrange.
Enfin il vit la porle de la tourelle s'ouvrir, le pont-levis s'abaisser et le comte de Fenestrange venir a lui accompagné de ses deux fils, d'Âïssa et des principaux officiers de sa maison.
Le petit page Lorenzino s'élait mêlé a
LE ULS&USCITÈ 161)
ce cortège et marchait a quelques pas d'Aïssa, quoique sa place fût aux côtés du comte de Fenestrange.
Le comte et sa suite s'arrêtèrent au milieu du pont-levis; alors le seigneur de Carouge s'avança vers lui, puis, quand il fut a trois pas, s'agenouilla et lui rendit hommage, c'est-à-dire qu'il déclara a quel titre il tenait son fief et pria son seigneur suzerain de recevoir de sa part
foi et hommage.
Pendant cette cérémonie, qui dura as^
sez longtemps, Robert paraissait en proie k une vive impatience, et plusieurs fois il jeta au seigneur de Carouge des regards indignés.
Aïssa, qui se tenait immobile a quelques pas de lui, la mine fière et impérieuse, suivait d'un œil glacial et impassible en apparence toutes les péripéties de cette scène.
L'impression de Robert ne lui échappa pas. et l'orgueil du jeune homme trouva <î&ës son cœur un écho sympathique; un