IV. R'.SSITSCITÉ
— Il y a quelque vingt ans, juste à l'époque de la naissance de Raoul de Fenestrange, le dernier des deux fils du comte. Outre cette circonstance, il en est une autre qui me frappa vivement alors et contribua à graver dans mon esprit la date de cet événement : j'étais en ce temps-fa l'un des hommes d'armes du comte de Feneslrange, et j'avais pour compagnon un certain Gauthier, qui disparut deux mois après ce fameux duel, c'est-à-dire le lendemain de la naissance de Raoul, coïncidence qui me fit 'croire qu'il devait avoir joué quelque rôle mystérieux dans toute cette affaire. Ce fut sans doute aussi la pensée du comte, qui pourrait bien le faire
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pendre haut et court si jamais il se hasardait a remettre le pied sur ses terres.
— Oh ! oh ! fit le voyageur.
— C'est pourquoi, dit Guiscard en posant sa main large et nerveuse sur l'épaule de celui-ci, je t'engage a ne pas faire un trop long séjour en ce pays, mon brave Gauthier.
Le voyageur fit un bond sur lui-même a ce nom.
— Allons, ne te cache pas de moi plus
longtemps , va, ajouta Guiscard, c'est inutile, et d'ailleurs lu n'as rien à craindre de ton vieux compagnon.
— Eh bien ! c'est vrai, dit le voyageur, je suis Gauthier comme tu es Guiscard, je ne m'en cacherai pas davantage.
— Et pourquoi diable viens-tu risquer ta peau dans un pays oîi elle est si aventurée ?
— C'est ce dont je vais te faire confidence, et d'autant plus volontiers que tu pourras m'être utile dans l'exécution du projet qui m'amène ici.