‹ Robert le ressuscitéChapitre 6 sur 17 · ROIJItRT · texte numérisé non relu

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sa force par une méchanceté que redoutent les plus énergiques! Je te dis que tu perds l'esprit.

— Je suis petit et faible, il est gentilhomme et redouté de tous , c'est vrai , dit Clochepain ; mais j'ai faim de cette vengeance, mon idée fixe, la passion et le besoin de toute ma vie ;• j'ai résolu de le poursuivre jusqu'à ce que l'un de nous disparaisse; j'ai fait d'avance le sacriGce de tout ce qui pourrait m'empêcher d'atteindre mon but. Voilà pourquoi je suis plus fort que lui dans ma faiblesse, voilà pourquoi je suis sûr de le vaincre et de

tenir le serment que j'ai fait de venger un jour mon pauvre Briquet.

— Pour un chien ! ça n'a. pas le sens commun. Tu réfléchiras et tu reviendras de cette folle idée, dit Guiscard.

Puis, s'adressant à Gauthier qui était absorbé dans ses réflexions depuis un instant :

— Mais, lui dit-il, voilà qui nous éloigne beaucoup de notre sujet; n'avais-tu pas quelque chose a me dire concernant la comtesse de Fenestrange?

— Oui, j'ai un service important a te demander.

— Tout ce que tu voudras.

— J'ai Ta, dans ce bissac, des papiers de la plus haute importance a faire parvenir à la comtesse ; veux-tu te charger de les lui porter ?

— Hélas ! mon pauvre Gauthier, c'est absolument comme si tu me priais d'aller à moi seul chercher notre roi Jean à Londres, où il est prisonnier, et de le ramener en France de vive force.

LF. RESSUSCITÉ 77

— Comment cela ?

— Apprends donc que le vieux comte de Fenestrange ne laisse pénétrer âme qui vive dans son château, hors ses serfs et vassaux , a l'époque où ils viennent rendre leurs comptes et payer leurs redevances. Depuis l'affaire du chevalier de Tressac, il est devenu sombre et pensif comme un vieux sanglier.

— Gomment ! toi , Guiscard , un de ses anciens serviteurs, on te refuserait l'entrée du château ?

— C'est à peu près sûr; mais en suppo-

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