‹ Robert Lindet, député à l'Assemblée législative et à la Convention, membre du Comité de salut public, ministre des financesChapitre 102 sur 201 · PLACARDS CALOMNIEUX · texte numérisé non relu

PLACARDS CALOMNIEUX

Ions, nous dit un contemporain, ont successivetnent été harangués par le représentant Lindet avec cette éloquence nerveuse et cette onction persuasive qui lui sont personnelles. Il a entre autres choses exhorté les citoyens à fréquenter davantage les sociétés populaires, voyant dans cette fréquentation une des mesures les plus efficaces pour revivifier Vesprit public attiédi par les troubles \ A Caen comme à Évreux, Lindet voulait agir par la persuasion et s'attacher les esprits par le raisonnement pour les éloigner des anciens administrateurs. Au commencement de septembre, Lindet, au sein de la Société populaire, avait pris la parole pour exhorter la jeunesse humaine à aller se ranger sous les drapeaux de la Liberté. Dunkerque est sommé de se rendre, Lille se défend... Paris et les départements se lèvent... la ville de Caen doit aussi envoyer ses défenseurs. Il

!. Journal de Rouen du 4 octobre 1793. — Le 2 octobre, R. Lindet rend compte de cette revue, à Audouin, commissaire ordonnateur, adjoint de la 6* division au département de la Seine : « Je crois que nous nous réconcilions avec Caen. J'ai fait mon dernier effort. Je priai, vendredi, le général de faire assembler toute la garde nationale dans la prairie. Elle y parut dimanche dernier sous les armes. Il y avait environ 6,000 hommes formant un superbe bataillon carré, bien armé. Nous parcourûmes le carré et passâmes dans les rangs.

Nous fîmes former les bataillons carrés, dans lesquelles nous fûmes successivement. A ce moyen, je fus entendu par plus de 6,000 hommes. Je rappelai : x* l'horreur que Ton devait avoir pour tous les conspirateurs et leurs complices; 2» la nécessité d'envoyer tous les fonctionnaires publics rendre compte de leur conduite à la Convention nationale qui seule avait le droit et la puissance de les juger ; 3* l'assiduité aux assemblées des sections; 4* la nécessité la plus pressante de ne plus donner le spectacle d'une société populaire peu fréquentée, élisant pour président et secrétaire des citoyens coupables et flétris dans l'opinion publique par la part qu'ils ont prise dans les projets des conspirateurs, mais de se réunir en grand nombre à la Société, d'exercer une censure sévère et juste, de réparer les outrages faits aux citoyens persécutés dans les mois de juin et de juillet» de surveiller tous les hommes suspects qui sont rentrés dans cette ville.

Je puis vous assurer que les citoyens de cette ville ne se laisseront plus égarer et qu'ils serviront bien la République; mais il faut les connaître. Malgré mes soins, mon dévouement, on dit encore que je suis sévère. Voilà le dernier retranchement de ceux qui craignent que la confiance ne s'affermisse trop entre nous ; nous forcerons encore ce retranchement.

Nous avons rétabli l'ordre et l'harmonie dans le bataillon de Paris ; mais nous avons tous pensé qu'il ne fallait pas être difficile pour l'expédition des congés ; nous avons autorisé le Conseil d'administration d'en délivrer un grand nombre. 11 nous faut ici des hommes bien intentionnés, puisque nous voulons consolider l'ouvrage de la paix et de la réunion. Arch. du Calvados, Registre des arrêtés pris par les représentants L. (reg. 89).

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avait été entendu et compris : son autorité grandissait chaque jour dans le département. Les adversaires sentaient bien le danger d'une pareille tactique et des placards d'une violence calomnieuse et perfide dirigés contre les représentants et surtout contre Lindet couvrirent bientôt les murs de Caen. Au lieu de nuire aux représentants, ces attaques leur valurent un regain de popularité et d'autorité. Les cinq sections de la ville se réunirent pour témoigner aux représentants toute Tindignation qu'elles éprouvaient de pareils procédés, et en attendant le résultat des poursuites contre ces perturbateurs du repos public, elles protestaient de leur dévoûment à la République et à ses commissaires. De son côté, Sepher exigeait une discipline sévère ; il faisait condamner à plusieurs années de fers les officiers du 2^ bataillon de Paris qui s'étaient mutinés au commencement de septembre et secondait les représentants dans leur propagande républicaine. Dès le 20 août, la société des Jacobins de Paris lui adressait cette adresse quelque peu prétentieuse : « Battre et triompher est le propre du soldat Français, discourir laconiquement est celui des Jacobins; continue à vaincre sans effusion de sang, tu seconderas leurs vœux et tu seras au-dessus de César, avec tes généraux et intrépides compagnons d'armes, Boulanger * et Peyre *. » Un arrêté du 7 octobre réorganisait la

X. Boulanger (Servais Beaudouin), né vers 1756, à Liège (Belgique); établi à Paris, joaillier depuis lyyS, garde national depuis 1789, chef du second bataillon de la halle au blé (Sepher avait commandé le premier), prend part à Taffaire du 10 août 1792; chef provisoire de la force armée de Paris du 17 au 30 mai 1793. Envoyé le 5 juillet à l'armée des côtes de Cherbourg, en qualité d*adjudant général, chef de brigade attaché à l'état major du général Peyre. Peyre et Boulanger étaient des amis intimes. Rappelé de Caen le 5 octobre pour être nommé, le 8, général de brigade dans Varmèe révolutionnaire^ Boulanger dénonça Peyre aux bureaux de la guerre comme livré à des excès honteux qui lui étaient la confiance du soldat, Peyre fut victime de cette dénonciation et destitué malgré sa belle défense de Granville, douze jours après la levée de ce siège (6 frimaire an II, 26 novembre 1793). La municipalité de Granville, tout en rendant hommage à ses talents militaires, disait qu'il aimait à boire et buvait beaucoup. Rentré à Paris, Boulanger, ami de Robespierre, fut mis hors la loi au 9 thermidor et exécuté le 1 1. Peyre ne fut réintégré dans son grade qu'après la mort de son ancien ami. Voir Chassin, la Vendée patriote^ III, 285*

3. Peyre (André-Pacifique), né à Avignon, fut nommé par les représentants adjudant général chef de bataillon le 8 septembre 1793, général de brigade le 39 vendémiaire (20 octobre suivant). Il commandait à Granville lors de l'attaque dont cette ville fut l'objet le 14 novembre, et défendit glorieusement la place. Dénoncé par Boulanger son ancien ami, il fut mis en état d'arresta-

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juridiction militaire qui se transportait partout où il y avajt des prévenus à juger pour éviter le transport des accusés, et rendait ainsi une justice rapide et économique.

La défense des côtes de la Manche, du Calvados et de la basse Seine était une grosse préoccupation pour les représentants. Cherbourg, bien gardé par de Tilly, avait été visité par Peyre, et mis en bon état de défense. Pigeon, commandant temporaire à Bayeux, était chargé de la surveillance des côtes. Le 2 octobre, il réclamait deux compagnies d'hommes armés pour la défense du littoral, la réparation d'armes quMl possédait et Taugmentation du nombre des postes. Il disposait aussi de quelques canons. A la suite d'une visite des côtes par Desprès, directeur du génie, les représentants prirent le 2 1 octobre un arrêté pour décider que, sous la surveillance du département, les postes et batteries du littoral du Calvados seraient pourvues de bois de chauffage, de guérites, de capotes. Chacun des districts de Bayeux, Caen et Pont-PÉvôque devait entretenir ses postes nommément désignés. Une pièce de 12 fut envoyée à Villerville, par arrêté du même jour. Un hôpital militaire important, avec son personnel, officiers de santé, aumônier, etc. ', fut installé à Bayeux, sous la surveillance du médecin-major de Tarmée. Les plus petits détails furent réglés avec soin, de concert avec le général et le commandant temporaire de Bayeux.

L'armée eut même son aumônier. Voici dans quelles circonstances. Walfranbert, curé de Saint-Sylvain, avait, à cause de ses opinions républicaines et patriotes, supporté toutes sortes de

tion le 6 frimaire an II (26 novembre lygS] et se disculpa dans un mémoire adressé au ministre de la guerre et publié par M. Chassin dans la Vendée patriote, III, 278. Il fut relevé de sa suspension le 3 brumaire an III (sS octobre 1794) et réintégré dans son grade à Tarmée de l'intérieur par autorisation du Comité de salut public. Il prit une part active à la défense de la Convention, le 1 3 vendémiaire an IV (5 octobre 1795); il avait alors cinquantedeux ans. Envoyé comme chef d'état-major près du général Châteauneuf- Randon qui commandait les 9* et 10* divisions, il ne fut point conservé dans ce poste. Lre général le trouvait lent et inexact, puis il le croyait, aux environs de sa ville natale, le ralliement et l'espérance de ces hommes qui n'ont d'autre gouvernement que Vanarchie et le retour de leur domination. Il mourut à Aiguës, le i3 fructidor (3o août) 1796, emporté par une courte maladie de quatre ou cinq jours.

I. Lettre au Comité de salut public, 19 octobre 1793. ^ Âulard, VII, p. 616. Les représentants envoient au Comité les notes prises dans le cours d'une visite des côtes maritimes, depuis Tembouchure de l'Orne jusqu'à Honfleur. Voir aussi aux Arch. du Calvados. Série L, dans le registre des arrêtés pris par les représentants (reg. 89), la copie de cet arrêté.

mortifications de la part de la municipalité. Sepher, voulant lui faire oublier ses disgrâces, le nomma aumônier général de Varmée de pacification ', au commencement d'octobre 1793. Les représentants Lindet et Oudot, approuvèrent et confirmèrent avec empressement la nomination d'un ministre du culte catholique remplissant ses devoirs de citoyen. Je ne voudrais pas affirmer que ce ne fût pas là une véritable sinécure; les soldats parisiens de Sepher ne devaient pas très souvent retenir leur aumônier derrière les grilles du confessionnal.

Quoi qu'il en soit, cette nomination d'un prêtre frappa l'esprit public et resserra les liens de sympathie et d'amitié que Lindet tenait tant à voir régner entre la population civile et les militaires composant l'armée de pacification. Les dimanches, la musique de l'armée de pacification allait se faire entendre à l'une des messes célébrées à Saint-Jean.

Les Comités de surveillance établis dans les communes, les sociétés populaires, notamment celles de Moyaux, de Tilly sur Seules, de Bayeux, aidèrent efficacement les représentants dans leur travail de réorganisation et d'épuration des administrations municipales ou de district compromises dans l'insurrection du Calvados. Dans certains cas, cependant, ils durent reformer les décisions de ces auxiliaires ou refuser d'en tenir compte. Tel fut le cas d'un arrêté du 18 octobre rectifiant un certificat présentant à tort une dame Malherbe comme sœur d'un émigré ; d'un autre arrêt du 14 mettant en liberté Le Neveu, curé de Villy, accusé faussement d'avoir accompagné Wimpffen à Lisieux, alors qu'il était allé voir sa famille dans l'Eure. Ils remettent en liberté (23 octobre) Ferregeau et Gayant, ingénieurs de la marine, arrêtés à tort et qui n'étaient point compromis dans le mandat d'arrêt décerné contre Jubé, leur supérieur. Soit qu'il s'agisse de l'argenterie des églises qui devait être versée à la trésorerTe nationale, à l'exception des objets indispensables à l'exercice du culte, soit qu'il s'agisse des mesures relatives aux subsistances, les représentants eurent toujours, pour règle de leur conduite, la légalité intelligemment appliquée et le souci de la justice. Le registre des arrêtés par eux rendus contient les preuves de leur haute impartialité et de leur vigilant patriotisme.

L'œuvre de Lindet et d'Oudot paraissait terminée : les troupes du général Sepher, qui devenaient inutiles après la pacification et la réorganisation du Calvados, allaient trouver à s'employer

I. Journal de Varmée des cotes de Cherbourg, numéro du 20 octobre 1793.

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Utilement dans la Basse Normandie pour arrêter la marche des Vendéens. Dès le 17 octobre, Pocholle et Carrier en mission dans la Manche, requéraient Sepher d'envoyer à Saint-Malo deux bataillons. Or, à ce moment, il n^ avait que deux mille sept cents hommes à Caen, et les deux représentants durent en référer au Comité de salut public '. Mais, quelques semaines plus tard, Tarmée des Vendéens s'étant emparée de Laval *, les troupes de Sepher ^ quittèrent Caen le 6 novembre (16 brumaire an II) et, sous la direction de Laplanche \ se dirigèrent sur Vire et Villedieu.

Dès le 19 octobre, Barère, au nom du Comité de salut public, rappelait dans la Convention Oudot et Lindet. Le 5 brumaire

1. Lettres de Oudot et de Lindet au Comité 17 oct.-iç oct. Âulard, loc. cit., VII, 471, 5o6.

2. Le 4 novembre (14 brumaire an II), Laplanche prenait un arrêté aux termes duquel une armée serait organisée. La ville de Caen fournirait huit cents hommes de garde nationale qui se dirigeraient sur Falaise et Argentan. On ferait partir des éclaireurs pour Domfront, Alençon, Avranches De la Sicotière. — Louis de Frotté et les insurrections normandes, I, 167).

3. Sepher (Charles) avait servi de 1773 à 1777 au régiment Général dragons. Du i3 juillet au 2 septembre 1789, il est sergent dans la garde nationale de Paris, aux grenadiers du bataillon Saint-Honoré. Plus tard, il fut choisi comme chef du bataillon de la Halle au blé. Il est nommé, le 5 juillet 1 793, général de brigade et va commander les troupes destinées à combattre les insurgents départementaux de TEure. Plus tard (le 22 juillet), au moment de conduire ses troupes dans le Calvados, il est promu au grade de général de division provisoire commandant en chef : l'armée prend alors le titre d'Armée de pacification. — Destitué injustement le 1 1 frimaire an II (i«r décembre 1793) pour n*etre pas arrivé à temps au secours de Granville, il se justifia dans un mémoire qui se trouve aux archives administratives de la guerre et démontra que les ordres qui lui avaient été donnés par Laplanche étaient seuls cause du retard apporté à sa marche. Le 22 novembre, près d'Avranches, il avait réussi à reprendre six canons et sept bœufs que les fuyards de Tarmée de Touest avaient abandonnés, après la défaite de Pontorson. Arrivé à Rennes avec ses troupes, il fut appelé au Conseil de guerre : il s'y rendit avec les généraux Vialle et de Tilly et, à son arrivée, il reçut notification de Tarrâté de destitution pris la veille par L. Turreau, Bourbotte et Prieur (de la Marne). — A l'arrêté de destitution conservé aux archives de la guerre est jointe une dénonciation de la société des Jacobins. — Sepher, qui avait été suisse à Saint-Eustache, y est représenté comme ayant eu les relations les plus suspectes avec les aristocrates de Caen, les parents et amis de Tinfâme Charlotte Corday. Or, quelques mois auparavant, Sepher avait reçu les félicitations de la marne société pour son républicanisme ! Chassin. — La Vendée patriote, III, 3 1 5-3 16.

4. Voir lettre de Garnier (de Saintes) au Comité de salut public du troisième jour du deuxième mois de Tan II, réclamant des secours à tirer de TEure, de la Sarthe et de TEure-et-Loire. Aulard, VII, 610.

(26 octobre), Barère déclarait à la tribune que les mesures qui ont été prises pour que le Comité de salut public exerce sur les subsistances la môme surveillance que sur les armes, l'ont porté à rappeler ce commissaire (Lindet) dans son sein '. Ce jour même, la Convention ordonnait le rappel de Lindet et Oudot et les remplaçait par Dubarran.

Le lendemain, le Comité écrivait dans ces termes à Lindet : « Les travaux multipliés du Comité, citoyen collègue, exigent plus que jamais que vous rentriez dans son sein. Nous vous y rappelons donc avec instance, en vous priant de partir sans délai et sans attendre celui qui doit vous remplacer. Votre collègue Oudot voudra bien demeurer à son poste jusqu'à l'arrivée de votre successeur. Salut et fraternité. Carnot, Billaud-Varenne*. » Le lendemain 7 brumaire, la Convention nommait Laplanche ' à la place de Dubarran pour remplacer Lindet. Celui-ci cependant voulait, avant de partir, achever de traiter les affaires commencées et il ne rentrait point assez vite au gré de ses collègues. Le 10 brumaire (3i octobre 1793), ils lui dépêchaient une nouvelle missive^ dans laquelle, pour la première fois, le Comité de salut public emploie le tutoiement pour la correspondance :

1 . Le bruit du rappel à Paris de R. Lindet ayait couru dans le Calvados au commencement d'octobre. Le 4 octobre, Letual, maire de Bayeux, écrivait aux représentants pour témoigner la crainte que Lindet retournât à Paris, et réclamer un aumônier pour l'hôpital militaire. {Registre ou État des lettres reçues par les représentants, n* 38. Arch. du Calvados L. reg. 87.)

2. De la main de Billaud-Varenne. Âulard, loc. cit., VIII, 60.

3. Laplanche (Jacques-Ferdinand), ci-devant moine bénédictin, vicaire de révoque constitutionnel de la Nièvre en 179I9 avait été élu député de ce département à la Convention le 8 septembre 1 792 . Il était en mission à Orléans et venait d'épouser la fille de son collègue DelagueuUe de Coinces, lorsqu'il fut envoyé dans le Calvados et l'Eure. — En passant par Paris, il avait feit approuver sa conduite par la Convention le 19 octobre. Montagnard exalté, sorte d'énergumène criard mais peu dangereux, il inspira quelque terreur à Caen, organisa les levées en masse qui se débandèrent à Avranches lorsque les Vendéens apparurent, puis se rendit à Port-Malo avec Le Carpentier pour organiser un piège qu'ils voulaient tendre aux Anglais. Il dirigea la colonne à laquelle il avait donné le nom de colonne infernale. — Lors du 9 thermidor, il contribua au renversement de Robespierre, mais n'en fut pas moins en butte aux haines des Thermidoriens : décrété d'accusation le 22 thermidor an III, il bénéficia de l'amnistie du 4 brumaire an IV. Le 19 floréal an IX, il fut nommé juge au tribunal de Romorantin et refusa de siéger; il disparut alors de la scène politique.

Voir La mission de Laplanche dans le Cher pour Vexécution de la levée en masscy dans la revue La Révolution Française des 14 juin et 14 juillet 1895.

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