LINDET RENTRE AU COMITÉ
employa quelques jours à lire les papiers publics, à assister aux séances de la Convention. Les orateurs tonnaient contre les fédéralistes : leur éloquence foudroyante entraînait les suffrages et imprimait à la vengeance nationale un caractère si fort, si terrible, que Lindet comprit aussitôt que ce n'était point le moment de rendre compte de sa mission, s'il voulait éviter à Caen, à TEure, au Calvados et à l'Orne le sort de Marseille et de Bordeaux. « Si, à ce moment, je m'étais compté pour quelque chose, a pu dire Lindet, si j'avais cédé un instant à l'amour propre, que cette faiblesse aurait coûté cher à ceux qui étaient entrés dans la confédération de l'Ouest! »
Lindet s'ensevelit dans le Comité et résolut d'y acquérir, par d'immenses travaux, la confiance et l'estime de ses collègues. Il obtint bien vite ces deux résultats : ajourner indéfiniment son rapport sur le mouvement fédéraliste de la Normandie et de la Bretagne, et se rendre indispensable par la multiplicité des travaux auxquels il pouvait seul suffire. Dès lors, assuré de son utilité au sein du Comité de salut public, il saura trouver dans sa conscience, en pleine Terreur, la fermeté nécessaire pour empocher Fouquier Tinville de livrer à la guillotine les citoyens «^ poursuivis à l'occasion de l'insurrection de l'Ouest.
C'est ce rôle de Lindet au Comité de salut public, c'est le tableau de sa collaboration avec Carnot dans l'organisation de la défense nationale que nous étudierons dans le chapitre suivant.