‹ Robert Lindet, député à l'Assemblée législative et à la Convention, membre du Comité de salut public, ministre des financesChapitre 107 sur 201 · LE MAXIMUM ET LES SUBSISTANCES · texte numérisé non relu

LE MAXIMUM ET LES SUBSISTANCES

tances, soit par disette de récoltes, soit par suite de dévastations ou de faits de guerre. Les réquisitions étaient le seul moyen de faire subsister deux millions d'hommes employés dans tous les services, ainsi que toutes les grandes villes, — Paris principalement, — qui ne produisaient pas de blé. Chaque ville, chaque armée avait un arrondissement spécial réservé à son approvisionnement, et cet arrondissement comprenait souvent plusieurs départements limitrophes.

A la fin de l'année 1793, on consommait les blés de la récolte qui avait été abondante, mais celle des avoines, des sarrasins, des maïs et de tous les menus grains avait été au-dessous des années les plus médiocres. « Les états de situation que Ton put dresser, les états comparatifs de la récolte et des besoins de la consommation présentèrent un déficit de plus de 27 millions de quintaux '. » Un arrêté de la main de Lindet, daté du 1 1 février- 23 pluviôse, stipule qu'aucun meunier ou boulanger ne pourra avoir chez lui des bluteaux, réduisant le quintal de farine audessous du poids de 85 livres. Il était, on le sait, défendu de faire deux sortes de pain .

Le passage des insurgés de la Vendée avait amené la dévastation et la ruine des départements de l'Orne, de la Sarthe, de la Mayenne et de dix autres districts des départements voisins. La Bretagne ne pouvait rien fournir : voilà quelle était la situation, et cependant, dit plus tard avec vérité Lindet, « nous sommes parvenus à nourrir la France * ! »

Paris souffrait de la disette de viande : l'armée consommait plus de viande à elle seule qu'il n'en avait jamais été consommé dans toute la France. La Vendée n'envoyait plus de bœufs à Paris ^ On ne mangeait plus de viande à Paris, ni même dans la vallée d'Auge. Il fallut choisir entre une sévère économie ou une privation totale. Le commerce des bœufs diffère essentiellement du négoce sur les autres denrées. On vend le bœuf dès qu'il est gras, et quand les pays de production sont épuisés, la nécessité force d'attendre que les bœufs maigres deviennent gras à leur tour. Lindet présenta un projet d'arrêté chargeant la Commission des approvisionnements du service de la viande

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