Discours du 3 germinal, p
3. Mémoires de Choudieu, publiés par Victor Barracand. Paris^ 1897, p. 238.
organisateurs de nos victoires républicaines de Tan II. Il revient encore sur le même sujet, dans une autre partie de ses Mé" moires ' :
N'est-ce pas à Robert Lindet que l'on doit en grande partie les brillants succès de nos armées ? — Car le courage ne suffit pas, et le plus grand obstacle que puisse éprouver une armée qui entre en campagne est le manque de subsistances. N'est-ce pas lui qui conçut le projet gigantesque de faire parvenir par terre des fourrages à Tannée du Nord du fond de la Normandie jusqu'à Lille et Maubeuge ? Il faut avoir été témoin de cette opération pour en apprécier les difficultés.
Choudieu peut parler ainsi. Il était commissaire à Tarmée du Nord dans cette mémorable campagne qui se termina par la victoire de Fleurus.
Quand Lindet rentra du Calvados, il n'y avait plus d'administration d'habillement pour les troupes : les administrateurs étaient en prison depuis trois mois. Ce service dépendait du ministre de la guerre. Il signala cette situation à Carnot et à ses collègues. « Carnot, dit Lindet, fut d'avis de charger le district de faire confectionner l'habillement et l'équipement d'un bataillon d'infanterie et d'un escadron de cavalerie *. » Ce fut encore Lindet qui rédigea les arrêtés et les instructions nécessaires pour faire exécuter ce plan, prévenir le désordre, la confusion des déplacements, les voyages des commissaires, les fausses démarches, et pour avertir chaque district de n'employer que les matières qu'il pouvait avoir à sa disposition. « Il fallait encore une administration centrale qui fût chargée du rassemblement, de la distribution, des envois, de l'entretien, de la réparation des confections que l'on ne pouvait commander aux districts, des effets de campement. Le Comité sentit la nécessité d'organiser un Conseil exécutif. »
Ce fut l'entreprise la plus hardie qui ait peut-être jamais été tentée. Comment quelques hommes pouvaient-ils embrasser la pensée de culbuter tout un ministère, de tout changer, de tout distribuer au milieu des dangers extérieurs, du péril de la guerre