‹ Robert Lindet, député à l'Assemblée législative et à la Convention, membre du Comité de salut public, ministre des financesChapitre 125 sur 201 · I-ES MUNICIPAUX AU TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE · texte numérisé non relu

I-ES MUNICIPAUX AU TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

ments ; nous ne les avons pas vaincus. Craignez, si vous cessez d'être des pacificateurs, de voir ces départements courir de nouveau aux armes et se séparer de la Républiq^ue. On ne traite pas neuf départements capables de former un Etat comme on traite des assassins. » Puis passant des faits généraux aux circonstances particulières, il exposa ce qui s'était passé à Couches, montra que les officiers municipaux ne pouvaient pas être poursuivis, et sollicita un arrêté du Comité ordonnant la discontinuation des poursuites.

Lindet avait été écouté en silence. Cet homme calme et réfléchi parlant de pacification et de clémence soulevait autant de surprise que d'attention. Robespierre présent évita de se mêler à la discussion; quelques membres pourtant opinaient « que l'abandon d'une telle procédure pouvait créer un précédent fâcheux et permettre de supposer que l'énergie du gouvernement révolutionnaire faiblissait ». Lindet put faire remarquer qu'il ne fallait pas confondre l'énergie avec l'injustice et la violence; enfin, comme dernier argument, il déclara nettement que si la procédure n'était pas arrêtée, il allait se démettre immédiatement de ses fonctions de membre du Comité de salut public et abandonner l'administration des subsistances et des transports militaires.

La menace produisit son effet, et la majorité des Conseils céda à Lindet. On ne pouvait se priver des services d'un pareil homme, et puis, comme le dit Davy, a cinq ou six méchants provinciaux valaient-ils tant de peine ? Non, non, il parut plus simple de les acquitter et de renvoyer dans sa province cette municipalité de Couches, source de tant de désagréments ' ». Aucun arrêté ne fut écrit pourtant. « Je priai, dit Lindet, qu'on prît un arrêté '. Personne ne voulut ni écrire ni signer. On me dit que la surséance devait me suffire. La plupart des membres se retirèrent. » Cependant, Lindet, sous sa responsabilité personnelle, donna l'ordre à Fouquier-Tinville de surseoir pendant un temps indéterminé au procès des officiers municipaux de Couches ^.

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