‹ Robert Lindet, député à l'Assemblée législative et à la Convention, membre du Comité de salut public, ministre des financesChapitre 126 sur 201 · Davy, Les Conventionnels de VEure, II · texte numérisé non relu

Davy, Les Conventionnels de VEure, II

2. Voir lettre à Serieys, en tôte de la tragédie, la Mort deRobespierre,XXXll,

3. Discours déjà cité, p. 64. « Je demandai, dit Lindet, qu'on écrivit Tarrôté. On me répondit qu'un pareil arrêté serait contraire aux règles de l'ordre judiciaire, qu'on ne pouvait interrompre le cours de la justice et qu'une suspension indéfinie des débats était tout ce que l'on pouvait consentir dans les circonstances où l'on se trouvait... »

Fouquier-Tinville se présenta lui-même, nous dit Lindet, pour savoir le résultat de la délibération des Comités. « On a décidé, lui dis-je, que vous ne poursuivrez pas Taccusation de fédéralisme, que les débats commencés seront suspendus indéfiniment. » Il assura les Comités qu'il se conformerait à leur décision.

« Il nous apprit, ajoute Lindet, que le tribunal allait être saisi de l'affaire des cent trente-deux Nantais envoyés par Carrier, dont le plus grand nombre était déjà dans les prisons de Paris, et les autres étaient attendus... Je demandai aussitôt de quel crime on les accusait : « De fédéralisme, me dit l'accusateur public ». — La décision des Comités vous avertit, lui répliquai-je, de ne pas commencer un pareil procès. Le département de la Loire-Inférieure était entré dans la Confédération; si vous faisiez le procès à ces cent trente-deux Nantais, vous seriez obligé de le faire à tous les administrateurs et fonctionnaires publics, aux municipalités, aux officiers des assemblées primaires, aux commissaires nommés par ces assemblées, aux chefs de la force armée dans les huit départements. Ne conduiriez- vous pas à l'anéantissement de la République ?

« Fouquier Tinville déclara qu'il ne mettrait point les Nantais en jugement sans en avoir prévenu les Comités, et sans en avoir averti spécialement Lindet, qui connaissait plus particulièrement le fédéralisme du Calvados et des départements coalisés '. »

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