‹ Robert Lindet, député à l'Assemblée législative et à la Convention, membre du Comité de salut public, ministre des financesChapitre 128 sur 201 · I. Moniteur, XIX, p · texte numérisé non relu

I. Moniteur, XIX, p

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envoyée par lui et Delacroix au tribunal révolutionnaire, eût trouvé des apitoyeurs jusque dans le sein de la Convention. « R. Lindet a proposé, dit-il, au Comité de salut public, de suspendre la procédure contre eux commencée au tribunal révolutionnaire et a obtenu leur translation à Saint-Lazare. Ils avaient pour défenseur un nommé Savarre qui a pensé que, pour les défendre, il avait besoin de nous calomnier. Nous l'avons fait arrêter. »

Nous ne répétons ici que ce qui a été noté par le rédacteur du Moniteur; mais, comme le dit plus tard R. Lindet ', « on sait avec quelle impétuosité de langage et quelle énergie Legendre fit sa dénonciation. Il représentait les officiers municipaux comme de grands coupables sur lesquels il appelait, par ses cris et ses fureurs, la vengeance nationale, .... il m^accusait, dans votre sein, pour lui avoir arraché sa proie qu'il venait réclamer ».

Pendant cette violente diatribe Lindet était au sein du Comité de salut public. Son frère Thomas alla Ty chercher et le mit au courant de la situation. « J'avais à choisir, dit Lindet, entre deux partis fort incertains et très dangereux. Je pouvais tenter de m'excuser, appeler l'indulgence de l'assemblée sur l'honnêteté de ma conduite et de mes intentions, et solliciter le pardon d'un écart de zèle. Ce parti pouvait peut-être réussir pour ma sûreté personnelle, mais il perdait des milliers d'hommes entassés dans les prisons^ qui déjà s'accusaient réciproquement et dénonçaient des milliers de concitoyens qui n'étaient pas arrêtés.

« L'autre parti consistait à soutenir que ma conduite était conforme à la situation dons laquelle se trouvaient la France et la Convention. Ce parti était plus douteux que le premier : le danger auquel il m'exposait était évident. Il ne fallait pas employer deux minutes à réfléchir, à délibérer : j'avais le pied sur les degrés qui m'allaient porter à la tribune. Nul membre du comité ne demandait la parole et ne paraissait disposé à parler de ces événements. Je n'en rencontrai qu'un seul qui me dit : ff Tu sais que je ne voulus pas me mêler de ces affaires W, et que je ne voulus pas qu'on écrivît ni qu'on signât ce que tu demandais '. »

R. Lindet pourtant n'hésita pas entre ces deux partis : il choisit le plus dangereux pour lui ; mais c'était le seul qui pût sauver les accusés de fédéralisme.

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