‹ Robert Lindet, député à l'Assemblée législative et à la Convention, membre du Comité de salut public, ministre des financesChapitre 129 sur 201 · LEGENDRE ET DELACROIX ATTAQUENT LINDET · texte numérisé non relu

LEGENDRE ET DELACROIX ATTAQUENT LINDET

Il prit la parole et rendit compte de ce qui s'était passé au Comité de salut public et au tribunal révolutionnaire au sujet de la municipalité de Conches. Il justifia cette municipalité. Il prouva qu'elle n'avait point pris part aux troubles du département; que sa conduite relativement à l'enlèvement des boulets était irréprochable ; que sa lettre au roi ne devait pas plus être un motif d'accusation que les pétitions des 20,000 et des 8,000 citoyens de Paris, et que les adresses d'un grand nombre de départements relatives au môme événement. Il dit que l'affaire du fédéralisme ne devait pas être traitée comme une affaire judiciaire; il rendit enfin un compte sommaire de sa mission en Normandie.

Il montra que « dans le grand complot auquel se rattachait l'affaire des municipaux de Conches, il avait été commis bien des fautes par l'inexpérience, par la faiblesse ou par l'erreur : il avait fait part de ces observations aux deux Comités, et le résultat de leurs délibérations ' avait été que la procédure fût suspendue; mais ils n'ont point promis de pardon, ils ont voulu qu'il ne fût prononcé de jugement sur une partie de la conspiration avant que la Convention n* eût prononcé sur la conspiration tout entière.

« Je ne veux point, dit-il, — que vous décidiez sur le simple exposé que je viens de vous faire : ce n'est pas sur le rapport d'un seul homme qu'on peut juger de si grands événements. J'ai parlé d'après ma conscience, mais je suis peut-être tombé dans quelques erreurs : je prépare un rapport détaillé et circonstancié ; je le communiquerai à mes collègues qui ont été dans les départements insurgés ; j'en donnerai connaissance au Comité de salut public, afin que cela seul soit dévoilé qui intéresse le saliit de la patrie... »

Ce discours fut accueilli par un silence glacial : personne n'osait ni approuver ni blâmer ouvertement. « Robespierre ne ^cessa pas de me fixer, dit Lindet, tant que j'occupai la tribune. Comment mon discours pouvait-il leur plaire (aux partisans de Robespierre et de Delacroix) ? Chaque jour, ils lançaient la foudre et je voulais l'éteindre *. »

Aussi, la situation devenait dangereuse pour Lindet. Delacroix essaya de parler, mais Danton qui commençait à déplorer ces luttes personnelles et cette fureur des vainqueurs envers les

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