‹ Robert Lindet, député à l'Assemblée législative et à la Convention, membre du Comité de salut public, ministre des financesChapitre 137 sur 201 · RAPPORT DU 4« JOUR ■ COMPLÉMENTAIRE · texte numérisé non relu

RAPPORT DU 4« JOUR ■ COMPLÉMENTAIRE

R. Lindet n'avait pas cependant pu faire entrer dans son rapport un certain nombre de projets de décret auxquels il tenait essentiellement : tel était celui de faire mettre définitivement en liberté, par voie législative, les citoyens inculpés de fédéralisme. Il nous a conservé, dans son manuscrit : Conduite de R. Lindet depuis la Révolution^ quelques détails intéressants sur les discussions auxquelles ses vues avaient donné lieu au sein des comités :

Je proposai à mes collègues des trois comités réunis de faire mettre en liberté tous les citoyens détenus ou poursuivis pour cause de fédéralisme ;

Je proposai de faire mettre en liberté tous les citoyens, ex nobles ou prêtres contre lesquels on n*articulait point d*autres faits que ceux résultant de leur naissance et de leur état ou profession ;

Je proposai de modifier et d'expliquer le décret du 17 septembre ';

Je demandai qu'il fût fait une invitation aux représentants du peuple^ et une injonction aux fonctionnaires publics, de s'abstenir d'assister aux séances des sociétés populaires ;

Je proposai un projet de décret qui défendait toute association, toute affiliation entre les sociétés ;

Je présentai des vues pour réparer les malheurs de Sedan^ pour faire cesser les calamités de Lyon, lui rendre son nom, ses arts, ses manufactures, ses habitants. Je fixai les regards sur sa situation et les besoins de toutes les places du commerce ; sur l'agriculture, sur l'économie, sur la nécessité de rappeler les citoyens au travail et de faire diminuer la consommation dans l'intérieur ;

un grave et noble rapport, le tableau de tout ce que le Comité de salut public avait accompli de prodiges. On le couvrit d'applaudissements, tant il y avait de grandeur dans ce passé que cependant on allait clore ! 9

Ce rapport valut à Lindet les attaques du parti réacteur et les félicitations des républicains. Melletier publia à cette occasion une brochure assez habilement conçue contre Billaud, Barère et Vadier, et contre les sociétés populaires affiliées à la puissante société des Jacobins. En voici le titre : Guerre à mort aux intrigants ^ aux fripons et aux assassins ^ ou Lettre à Robert Lindet^ membre du Comité de salut public y sur son rapport fait à la Convention y le quatrième jour complémentaire, relatif à la situation poli' tique de la République ^ 10 vendémiaire an III. De l'imprimerie de Limbourg et Cie, rue des filles Thomas, 88. (Bibl. Nat., Lb*').

Melletier félicite R. Lindet de son rapport, mais il y a encore, dit-il, des brigands à démasquer, des fripons et des assassins à punir.... Il se plaint des intrigants, des monstres qui dominent dans les sociétés populaires : « Pourquoi donc, Lindet, n'as-tu pas rappelé à ces sociétés leur institution primitive et n'as-tu pas dit qu'il était aussi impolitique que dangereux que ces sociétés qui étaient établies pour la surveillance des autorités constituées fussent composées et influencées par des fonctionnaires publics^ car est-il dans l'ordre que des surveillés soient des surveillants ? b Lindet avait eu cette pensée, mais cette partie de son rapport fut repoussée par ses collègues.

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