CHAPITRE XV
Lindet à la Convention nationale après sa sortie du Comité. «^ Lindet propose le décret du i3 brumaire sur le tnaximum. — Ses démarches près de Boissy pour assurer les subsistances. — Il proclame, dans la séance du I" brumaire, la nécessité de la journée du 3i mai. — La réaction thermidorienne s*affirme par des pamphlets. ^- Accusation de Lecointre (i5 frimaire) contre Collot, Barère, Billaud-Varenne, Vadier, Amar, Voulland et David. — R. Lindet défend l'ancien gouvernement révolutionnaire dans son discours du 2 germinal. — Discours de Camot et de Prieur (de la Côte-d'Or). — Réponse de R. Lindet à ceux qui lui reprochaient ses écrits de juillet 1793, son rapport du quatrième jour complémentaire et son discours du 2 germinal. — Journée du 1 2 germinal.
Après sa sortie du Comité, Lindet ne se désintéressa pas des affaires publiques auxquelles il avait spécialement apporté son concours. La question du maximum uniforme ' du prix des blés dans toute la France, avait donné lieu à diverses réclamations au sein de la Convention; et afin de remédier aux abus signalés, Lindet avait proposé au Comité de salut public renouvelé un projet complet concernant une nouvelle fixation du prix des grains. ^ Le cultivateur s'attendait à un changement et refusait de satisfaire aux réquisitions : il fallait fixer sans retardement Topinion publique : je sortis du Comité sans avoir obtenu aucun résultat », nous dit-il bientôt, dans son grand discours de germinal.
Enfin, au milieu de brumaire, les Comités de salut public et de commerce adoptèrent le projet qu'il avait proposé en thermidor. Mais le membre qui devait proposer le projet invita le Comité à nommer un autre rapporteur. On eut alors recours à
I. Ce maximum avait été établi d'abord par le décret du 3 mai, puis par ceux des 4 et 11 septembre 1793.
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Lindet qui, quoique ne faisant plus partie des Comités donna lecture, en leur nom, à la Convention, dans la séance du 1 3 brumaire, d'un rapport et d'un projet de décret.
Vos Comités, dit-il, ont balancé les avantages et les inconvénients de la loi du maximum : ils ont examiné sMl convenait de fixer un maximum
uniforme pour toute la République La nature a divisé la République en
deux parties bien distinctes, quant à son sol et à ses productions. Dans l'une, la culture est aisée et les productions abondantes, dans l'autre, la culture difficile rend cependant trois ou quatre pour un. Le maximum uniforme a donc augmenté considérablement le prix des grains dans la moitié de la République, et considérablement diminué dans l'autre moitié.
On vous avait entraînés dans cette mesure par l'avantage d'établir
une balance égale ; mais la nature s'y opposait et jamais le législateur ne doit être en opposition avec la nature. Vos trois Comités ont donc pensé que la fixation du maximum devait être calquée sur la nature du sol et sur les productions de la France.
Ils ont ensuite examiné s'il convenait de conserver un maximum pour la fixation du prix des grains ; grande question qu'il est temps d'aborder, que le républicain doit fixer avec un œil sévère, puisqu'elle touche aux plus grands intérêts. Mais cette question a cessé d'en être une lorsque les grands besoins de cette armée ont été calculés, lorsque les manœuvres de l'agiotage, les spéculations de l'avarice, les fraudes de la malveillance et peut-être même les combinaisons perfides de l'aristocratie ont été senties. La libre circulation ne pourrait subvenir à toutes les demandes '.
Ces considérations ont décidé vos Comités à vous proposer de maintenir la loi du maximum, mais fixée sur une base juste. Celle qui a paru à vos Comités assurer la justice et aux cultivateurs et à la classe des citoyens qui achètent des grains, c'est le prix de 1790 augmenté de moite en sus.. Le prix de cette année a paru le plus uniforme et le plus régulier. L'augmentation de moitié en sus a paru nécessaire à vos Comités pour compenser l'augmentation des frais de culture.
Le projet proposé par Lindet fut imprimé et ajourné pour la discussion. Il fut voté dans la séance du 19 brumaire '. Le prix du blé fut celui de 1790, augmenté de deux tiers en sus, au lieu de la moitié. Lindet en faisant son projet avait entrevu surtout la nécessité d'assurer les approvisionnements. Il avait bien prévu Taugmentation du prix des grains qui découlait de son projet. « Il me semblait, dit-il, qu'il valait mieux accorder une augmentation de prix que de compromettre le service et d'exposer le peuple à l'exigence et à la cupidité du plus grand nombre des cultivateurs. »
Après le vote de cette loi, les cultivateurs exécutèrent les réquisitions, mais de nouvelles motions se produisirent contre le