‹ Robert Lindet, député à l'Assemblée législative et à la Convention, membre du Comité de salut public, ministre des financesChapitre 140 sur 201 · I. 2. Moniteur, t. XXII, pp. 434 et · texte numérisé non relu

I. 2. Moniteur, t. XXII, pp. 434 et

[1794] SÉANCE DU 9 PRAIRIAL 26 f

maximum. Les Comités résolurent de proposer alors Pabrogation de toutes les lois sur la matière. Cétait une mesure dangereuse qui, du jour au lendemain, bouleversant les usages du commercé et des consommateurs allait servir Tagiotage sans profiter à la classe pauvre.

Mon avis, dit Lindet ', avait été que Ton continuât de corriger les erreurs et que Ton mît plus de célérité dans ce travail. Je priai mes collègues d'examiner si Taccroissement subit et prodigieux du prix des- denrées, tel que je le prévoyais, ne serait pas une crise inquiétante pour la nation et convulsive pour les finances. On me répondit que l'augmentation du prix que je semblais entrevoir, serait peut-être inévitable pendant un mois, mais que la circulation des denrées et la liberté du commerce opéreraient ensuite la baisse du prix; je ne le crus pas.

Uabolition de toutes les lois sur le maximum n'en fut pas moins décrétée le 4 nivôse (24 décembre 1794).

Ce fut la ruine du crédit des assignats, le signal d'une hausse effrénée des grains et d'un agiotage extravagant.

Les réquisition» furent cependant maintenues pour les armées, pour Paris et pour les communes qui ne pourraient pas s'approvisionner par la voie du commerce, si on ne les entretenait pas par des réquisitions pendant le temps nécessaire pour faire leurs achats, et rouvrir les anciens canaux de la circulation. Ce second décret rendu le môme jour avait été proposé par Eschasseriaux, mais inspiré et réclamé par Lindet *.

Comme l'on avait conçu une opinion très désavantageuse des réquisitions, on présenta à la Convention quelques jours après un projet de décret tendant à dispenser de l'exécution des réquisitions les cultivateurs qui n'auraient pas une quantité de grains supérieure à celle qu'ils pourraient consommer pendant six mois. Lindet sentit tout le danger d'une pareille mesure. Il alla aussitôt trouver Doumer et Boissy d'Anglas pour leur recommander de faire rapporter ce décret.

Je dis à plusieurs membres du Comité de salut public, écrit-il ', quMls n'avaient pas un instant à perdre, que l'on ne pourrait approvisionner ni les armées, ni Paris, ni la France, si l'on accordait à tout cultivateur la faculté de se soustraire aux réquisitions sur le motif qu'il n'aurait pas plus de grains qu'il n'en pourrait consommer pendant six mois à compter

1 . Discours du 2 germinal en réponse au rapport de la Commission des 21, pp. 106 et 107.

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