Journal des hommes libres^ 4 germinal an III {n
2. Dans ses études sur V Éloquence parlementaire pendant la Révolution (Les orateurs de la Législative et de la Convention), M. Âulard juge le discours de R. Lindet. Il rappelle d'abord que les illustres travailleurs qui, ensevelis dans leurs bureaux, avaient organisé et dirigé la défense nationale, ne firent que de rares apparitions à la tribune... < Toute autre fiit Tattitude de Robert Lindet. Rien n'est plus célèbre que le courage avec lequel il prit la défense des accusés et M. Thiers a cité avec admiration son grand discours de la quatrième sans culottide de l'an II a qui est une noble apologie de la Révolution et un généreux programme de république pacifique et libérale ». C'est lui qui mit à la mode ces discours rétrospectifs qui caractérisent la tribune thermidorienne. L'oraison apologétique quMl lut dans la séance du 3 germinal an III forme un volume in-S» de 121 pages en petit texte très serré. Il faut citer quelques pages de cette grandiose réfiitation des chicanes royalistes contre l'administrateur de génie qui en g 3 et g 4 réalisa ce miracle de faire vivre nos armées en pleine famine, • — C'est ce que nous avons essayé de faire.
Louis Blanc {Hist. de la Révolution^ XIV, 35) apprécie ainsi le rôle de R. Lindet : « R. Lindet prit alors la parole, en faveur de ses anciens collègues accusés, et il éleva la défense à une hauteur digne de la position qu'eux et lui avaient occupée. Ce qu'il affirma qu'il fallait défendre devant la Convention, c'était la Convention. »
Thibaudeau, au contraire (Mémoires, I, i5i], dit qu'il n'y eut pour ainsi dire que Carnot qui, dans tout ce procès, déploya un noble et grand caractère, ce à quoi M. L. Blanc répond : « On n'a qu'à comparer les discours de Carnot et R. Lindet pour voir jusqu'à quel point, à l'égard du dernier, l'appréciation de Thibaudeau est injuste. » L'opinion de Thibaudeau était malveillante envers l'homme qui avait refusé d'imiter l'exemple de Carnot et de Thibaudeau lui-même se ralliant au Consulat, après le coup d'État du 18 brumaire.