‹ Robert Lindet, député à l'Assemblée législative et à la Convention, membre du Comité de salut public, ministre des financesChapitre 156 sur 201 · Quinet, La Révolution, III, i · texte numérisé non relu

Quinet, La Révolution, III, i

2. Lettre de la Commission de police administrative de la ville de Paris du i3 prairial. Ârch. nat. F 7 4443 (n® 68).

De son côté, Thomas Lindet écrivait à Evreux, à Bernay ' pour réchauffer le zèle des amis de Taccusé et provoquer en sa faveur des témoignages favorables de ses services. Le i^ juillet, la commune d^Évreuz ' rédigeait une adresse pour attester que R. Lindet, député à la Convention nationale, n'était pas un terroriste et que c'était lui qui avait sauvé les détenus d'Evreux et de Couches conduits à Paris. Elle fut signée de la généralité des habitants sans distinction d'opinion.

Partout où l'accusé, pendant la durée de son pouvoir, avait fait sentir son influence bienfaisante pour maintenir le commerce, assurer la tranquillité publique et le service des subsistances, l'esprit public se soulevait contre les accusations iniques dont la haine politique accablait Lindet. Dans la séance de la Convention du i«' thermidor, des négociants de Nantes ', qui ont gémi dans les prisons sous le régime tyrannique qui a pesé sur la France jusqu'au 9 thermidor, viennent à la barre de la Convention solliciter en faveur de Robert Lindet, c le seul des membres de ce Comité despotique qui se soit intéressé à eux jusqû*à plaider leur cause devant les tyrans de la France : ils invitent la Convention à séparer, dans sa justice, la cause de Lindet de celle des monstres dont il était loin de partager les principes ». Ils demandent sa mise en liberté. Villers (de la Loire-Inférieure) et Lecomte (de la Seine- Inférieure) * tinrent à honneur de soutenir cette adresse.

Quelques jours après, le 6 thermidor ^, la commune de Couches envoie une adresse ainsi conçue :

Nous ne cherchons pas à justifier R. Lindet des fautes qu'on lui impute, mais il est de notre devoir de vous retracer la conduite qu'il a tenue envers nos officiers municipaux traduits au tribunal révolutionnaire. Après six heures de débats, ils allaient être condamnés comme fédéralistes, lorsque Lindet parut comme un libérateur et obtint un sursis au nom du Comité de salut public et de sûreté générale qull força d'approuver sa conduite, Bientôt, la Convention prononça un sursis indéterminé. Il fut notre défenseur, notre appui, et nous ne payons qu'un faible tribut à la reconnaissance que nous lui devons.

1. Lettre à la société populaire de Bemay. Ârch. de la mairie de Bemay.

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