Voir aux Pièces justificatives^ à la fin du volume
[1795] TABLEAU DE LA CONVENTION NATIONALE 3l5
tune, conformément au décret du 4 ' du même mois. Nous y trouvons la preuve du désintéressement absolu avec lequel il avait rempli les missions dont il était chargé. En 1 791, il possédait sa petite ferme de Plasnes près de Bernay, lui provenant de son père, la finance de sa charge de procureur près l'élection, s'élevant à 9,5oo fr., un capital de 3,175 fr. due par la nation représentant l'ancienne abbaye de Bernay, un autre capital de 3,000 fr. formant le reliquat du prix d'une maison aliénée et enfin une somme de 28,000 fr. placée à intérêts. Ces diverses valeurs mobilières représentaient au total 43,000 fr. Or, depuis 1791, il avait touché et dépensé le remboursement de son office et partie de ses 28,000 fr., et c'est à peine s'il lui en restait 22,000. C'était une perte de i5 à 16,000 fr. nette subie par lui, sur son capital mobilier, en quatre années de Révolution. Sa petite ferme de Plasnes lui restait seule intacte avec son capital de 3,ooo fr., reliquat du prix de sa maison vendue.
En 1795, la nation ne lui avait pas encore remboursé les 1,200 fr. qu'il avait dû avancer de ses deniers dans sa grande mission de l'Eure et du Calvados, non plus que les i,35ofr. représentant les frais d'impression de ses deux mémoires publiés pour sa défense! Voilà à quelle situation onéreuse et pénible en était réduit ce membre de Tancien Comité de salut public qui, dans la Commission des approvisionnements, avait traité des affaires par milliards. Il avait su rester pauvre et désintéressé; préférant, comme il l'écrivait, être à Vabri du soupçon avec la pauvreté^ à l'avantage d'assurer son existence, même par des moyens licites, mais que les circonstances pou^ vaientfaire suspecter et exagérer.