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326 ROBERT LINDET l^JQ^l
VOUS entretenir de mes opinions et de mes vues que je vous écris. Vous pourriez me désapprouver ou ne pas me lire. Mais j*ai à vous parler de votre rapport. Vous avez commis une grande injustice envers moi. Je dois vous la faire connaître. Vous ne croirez pas pouvoir vous dispenser de me lire.
Vous avez confondu des époques que vous deviez distinguer. Et cette confusion fait retomber sur des hommes irréprochables tous les reproches que vous deviez adresser à des hommes que vous connaissez bien.
Vous dites que lorsque la Commission des approvisionnements parut, elle fut suivie d'une armée d'agents qui couvrit la République de son avidité, qu'elle amena le bouleversement de toute économie politique, et tous les faux principes qui nous ont régis jusqu'à ce moment.
Vous dites que c'est de ce moment que notre pénurie commence, que Tavilissement des assignats rompit toute proportion entre le signe et les objets qu'il représentait. 4
Vous ajoutez qu'au milieu de cette anarchie ruineuse, la crainte d'avilir un signe qu'on était forcé, pour satisfaire aux dépenses, d'émettre fréquemment et en abondance, la crainte de détruire le crédit et d'alarmer le peuple firent jeter quelque voile sur les omissions ordonnées par les décrets.
Vous accusez de crimes capitaux la commission et ceux qui ont été chargés de la surveillance et de la direction de cette commission.
J*ai été chargé de la direction de cette commission depuis le i5 brumaire de l'an II jusqu'au commencement de vendémiaire de l'an III, en môme temps que j'étais chargé de la surveillance et de la direction de plusieurs autres commissions et de correspondre avec toutes celles qui composaient le pouvoir exécutif.
Vous conviendrez que vos reproches et les inculpations les plus graves doivent retomber sur moi. Lisez ma réponse.
On disait à la tribune, lorsque le mensonge et l'imposture dominaient, que la commission avait une armée de quatorze mille agents.
Il ne tient qu'à vous de vous assurer que la commission n'envoyait jamais plus de deux agents dans chaque département, que le nombre de ses employés de toutes les classes à Paris pour les subsistances générales, pour celles de Paris, pour les subsistances militaires, pour les approvisionnements maritimes, pour l'habillement des troupes, pour le commerce intérieur et extérieur, n'a pas excédé i,3oo; que la commission n'a jamais envoyé d'agents dans les départements et en pays étrangers sans des motifs d'utilité et de nécessité justifiées et approuvées par le Comité; vous saviez, et je pense que vous deviez observer que c'est depuis ma retraite, et surtout depuis la suppression de la commission décrétée le 18 nivôse de l'an III et les nouvelles organisations, que le nombre des agents s'est si prodigieusement accru et multiplié au dedans, au dehors et sous toutes les formes. Vous avez imputé à l'ancienne commission les désordres de la commission établie depuis le 18 nivôse. Je doute môme que cette commission veuille se charger de la responsabilité de tant d'opérations désastreuses dont les auteurs sont bien connus.
Vous reprochez à la commission d'avoir amené le bouleversement de toute économie politique et les faux principes.
La commission était obligée de se conformer à vos lois. Vos lois étaient faites ; vos bases étaient posées lorsqu'elle fut créée.
Examinez ses traités, ses achats dans l'intérieur et chez l'étranger, la distribution et l'emploi des denrées et des matières, l'ordre des paiements.