Lettre du 17 floréal an VI (id
3, Lettre du i^ floréal an VI (id.),
lution présenté hier aux Cinq-Cents en retarde l'adoption. Les pièces et le rapport seront imprimés et la loi sera rendue avant cette publication.
En effet, le projet de loi et ses conclusions furent adoptés aux Cinq-Cents, le 21 floréal an VI (10 mai 1798), et aux Anciens lé lendemain. Les élections de TEure furent placées dans la catégorie moyenne. L'élection de Jean d'Hauterre, Crochon, Dupont et Leroy fut maintenue, celle des frères Lindet fut annulée.
Le mariage de R. Lindet fut célébré à la mairie de Caen le 18 floréal an VI (7 mai 1798), trois jours avant Tannulation de l'élection de l'Eure '. M^*' Mesnil acquittait ainsi, en épousant R. Lindet, la dette de gratitude que ses parents avaient contractée envers lui. Elle apporta le bonheur et la joie au foyer de rtiomme politique qu'elle avait choisi librement, et la confiante intimité qui ne cessa de régner entre M. et M°>« Mesnil et leur gendre ne leur donna jamais occasion de regretter leur détermination.
Une fois marié, Lindet songea à revenir dans son département d'origine, à Evreux ou à Plasnes, près de Bernay. Il s'en ouvrit à son frère Thomas, qui, lui aussi, s'était marié, longtemps avant, le 18 novembre 1792. Celui-ci Ten dissuada :
Je ne sais si vos projets sont bons. Plasnes et Evreux ne peuvent vous convenir, ce me semble : les bétes féroces cherchent le voisinage des bois et des forêts. Vous n'y trouveriez pas sûreté. Evreux a été le foyer d*une grande intrigue contre nous. Dans ce moment, nous devons y 6tre diffamés. C*est là qu'on a dressé les batteries. Le feu n'est pas éteint : il ne faut pas le braver. Je me rendrai à Bernay pour y ôtre parfaitement seul. Je ne sais que vous conseiller, mais je crois devoir contrarier vos deux résolutions. 11 est difficile de lire dans l'avenir. Si la volonté égale la puissance, ceux qui nous haïssent nous procureront de nouvelles vexations. Puisse votre vertueuse épouse et sa famille goûter avec vous le bonheur et vous faire oublier vos ennemis! Le 18 floréal sera un 18 fructidor, et le 19 sans doute va être la date d*une loi qui parodiera celle du 19 fructidor. Je ne sais où nous allons *.
Ces angoisses patriotiques devaient s'atténuer pour Lindet au sein du bonheur domestique. Le 6 ventôse an VII, Thomas
1 . En écrivant à son frère le 2 1 floréal an VI, Th. Lindet lui annonça le vote des Anciens. « Que dirai-je, ajoute-t-il, à votre vertueuse épouse ? Mes premières félicitations sont l'annonce d'une calamité! Une telle union devaitelle se former sous de funestes augures ? La vertu doit triompher du sort et des augures. Soyez heureux! L'espoir d'échapper aux orages ultérieurs est le seul refuge qui nous reste. » (Papiers R. Lindet).
2. Lettre de Th. Lindet à R. Lindet, 25 floréal an VI, reproduite en partie par M. H.-L. Turpin, dans son livre Thomas Lindet, p. 240 [Papiers R. Lindet).