‹ Robert Lindet, député à l'Assemblée législative et à la Convention, membre du Comité de salut public, ministre des financesChapitre 187 sur 201 · I. Papiers Lindet · texte numérisé non relu

I. Papiers Lindet

3. Il envoya ses plans de réforme fiscale, comme nous l'avons vu, à M. Mesnil, le 18 frimaire.

3. Le même jour, écrivant à M. Mesnil, il dit : « Maintenant, on veut que

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Mais bientôt les illusions que les républicains se faisaient sur le compte de Bonaparte se dissipèrent : le i8 brumaire devenait réellement la journée des dupes. Malgré la circulaire de Fouché annonçant que le nouveau pouvoir allait travailler à la consolidation de la République, on commença par faire fermer les clubs. Il fallait le silence aux consuls provisoires pour accomplir leur œuvre. Puis on choya les royalistes, on abolit la loi des otages, moins par un sentiment d'humanité, comme le fait remarquer M. Hamel ', que dans un but de parti. Bonaparte alla lui-même ouvrir les portes de la prison à ces détenus ; le comédien se révélait sous Tambitieux, un admirable metteur en scène ! Enfin, on élaborait, sous l'inspiration de Bonaparte, une Constitution où il n'y avait de la République que le nom, et dans laquelle on ne chercha qu'à annuler la représentation nationale au profit du pouvoir exécutif, à éloigner le peuple des affaires, en supprimant le suffrage universel et en faisant nommer les députés au Corps législatif par le Sénat lui-même sur une liste dite nationale. Bonaparte premier consul, assisté de deux autres collègues ayant voix consultative, devenait le maître absolu de l'État; il inaugurait ainsi dans le pays le règne de la tyrannie militaire et administrative.

La liberté était perdue, le caractère national abaissé, déprimé : les patriotes décimés, traqués par la réaction thermidorienne, menacés de déportation par le nouveau consulat, gardaient un silence de mort. Une terreur morale paralysait les plus énergiques; la masse du peuple, découragée par tant de souffrances endurées, avait pris en dégoût les débats politiques. <c L'âpre amour du gain et des dignités lucratives, les appétits a grossiers ont remplacé dans les cœurs tous les sentiments ce généreux, le culte de l'indépendance et la fierté du citoyen. La « grande nation du Jeu de Paume et du lo août n'est plus qu'un cr troupeau aux pieds d'un maître. »

Lindet ne pouvait accepter un emploi dans un gouvernement

je demande une place. Les consuls m*y oni invité. J'ai différé de le faire, je diffère encore. Je ne dois rien précipiter. Si je ne demande absolument rien, on pourrait me regarder comme un frondeur. On sait que mon opinion valait mieux que tout ce que Von a fait. Mais on voulait se venger. On voulait des changements. On voulait remuer fortement les esprits. On voulait fixer les regards de la nation sur un petit nombre d'hommes.... Je ne puis pas me dispenser de xnt conduire avec une manière de politique dans cette rencontre, n I . Hamel, Histoire de la République française^ t. II, p. 335.

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