O0 ROBERT LINDET
cipes de raison, de sagesse et de vertu qui semblent quelquefois effacés ou entièrement obscurcis et qui reparaissent dans le temps.
Victimes ou jouets de ces crises, nous devons nous y soumettre, comme à un tremblement de terre qui dévore les méchants et les bons et en laisse toujours assez pour renouveler le monde.
Conserver sa raison, sa justice^ ses vertus, être dévoué à cette providence étemelle, éviter toute espèce de découragement qui aggrave le malheur, voilà le devoir de tous les hommes. V espérance accélère le retoitr des jours heureux.
Il écrivait encore le 16 nivôse an VII (5 janvier 1799] -
Personne n*est plus convaincu que moi qu'il y a toujours eu une religion sur la terre et qu'il en faut une. — Une religion quelconque vaut mieux que l'absence de toute religion. Nous ne devons en blâmer aucune. Il y en a de si anciennes qui ont été si utiles au genre humain, en rendant les hommes vertueux et meilleurs, que nous n'avons pas le droit de les accuser d'erreur.
Je suis persuadé que l'on fera tout pour établir une nouvelle religion en France ; ce qui en retardera le progrès sera l'excessive corruption de ceux qui s'en mêleront, leur orgueil insupportable et l'ambition. Ces gens-là ne savent pas que ceux qui sont parvenus à établir une religion étaient les êtres les plus vertueux et les plus désintéressés du monde ' .
Déjà, dans son compte rendu au peuple français du 2 brumaire an IV, Lindet rappelle qu'il avait déclaré qu'il n'était pas permis d'enseigner ni de soutenir publiquement V athéisme. « La meilleure religion, la plus sublime politique, écrivait-il, consiste pour moi dans le courage de l'esprit^ dans un sens droit et une con^ duite irréprochable. » Au mois de juillet 1793, dans son adresse à ses concitoyens de la Vendée, il avait défendu la liberté de conscience et celle des cultes ' : < Les législateurs qui ont décrété la liberté des opinions n'aspirent pas à devenir les tyrans de la pensée!... Vos représentants ne peuvent faire ni lois, ni règlements sur la religion, ils ne sont ni prêtres, ni ministres d'aucun culte, ils sont législateurs ; ils ont été envoyés pour organiser la