PIÈCES JUSTIFICATIVES 4O
Si Tarrété du Comité de salut public, du 3 de ce mois, est bien exécuté, on a lieu d'espérer que la consommation diminuera et que Tapprovisionnement de Paris sera prolongé.
Il sera peut-être difficile de faire rentrer tous les grains requis, et ensuite préachetés par la loi du 4 nivôse et l'arrêté du Comité de salut public du 10 de ce mois.
Pour suppléer à toutes ces mesures, il a été envoyé dans les départements de la Somme, du Pas-de-Calais, de TEure et de l'Eure-et-Loir, des citoyens chargés d'acheter des grains dans les plus grandes quantités possibles.
Plusieurs districts requis élèvent déjà des réclamations. Si, faisant droit à celles qui paraîtraient fondées, on diminue la masse des réquisitions et de l'arriéré, il sera facile d'y suppléer encore à l'aide des grains achetés à l'étranger.
Il existe plusieurs commandes en grains dans les divers marchés du Nord, et en farine dans les États-Unis de l'Amérique.
Les commandes sont :
A 2,000,000 quintaux
 25o,ooo
Total 4,269,900 quintaux
Sur cette quantité, il est entré au moins 100,000 quintaux : les farines commandées en Amérique se portent à 600,000 barils pesant 1,200,000 quintaux.
L'on n'a rappelé que les quantités de grains et farines commandées dans le nord de l'Amérique, parce qu'elles peuvent aborder dans les ports d'où on est à portée de les affecter à l'approvisionnement de la commune de Paris.
Pour copie conforme^ les anciens commissaires :
Signé : Jouannbau, Je. Picquet.
Ce compte est annexé au discours imprimé, prononcé par Lindet pour la défense des anciens Comités. (Séance du 2 germinal-22 mars 1795.)
Compte rendu à la Convention nationale, en exécution de son décret du 2 1 nivôse dernier, par Robert Lindet, représentant du peuple, des dépenses qu'il a faites, dans les différentes missions qu*il a remplies.
[Imprimé par ordre de la Convention nationale.]
Le Comité du salut public ayant été informé que le 29 mai, il s'était engagé, entre Içs habitants et 4ans les rues m^me de Lyon, un combat dans
lequel il arait péri plus de huit cents citoyens, me chargea, le 4 juin, de me rendre à Lyon pour m'assurer des causes qui avoient produit ce funeste événement, et pour connaître la situation de cette commune. Je fus chargé de passer par Dijon pour concilier le département et la municipalité sur quelques difficultés qui occasionnaient beaucoup de division.
Je partis le 4 ; je revins le 19 ou le 30. Je me présentai au commencement de juillet au Comité des inspecteurs du Palais national : je me fis remettre un mandat pour toucher l'indemnité due aux députés. Je reçus, en outre, un mandat de 585 livres pour couvrir en partie la dépense que j'avais faite dans mon voyage de Dijon et de Lyon, et pendant ma résidence dans cette dernière commune.
Deuxième mission.
Les administrateurs des dix départements avoient formé une confédération dans les ci-devant provinces de Bretagne et de Normandie, et avaient levé une armée dont le rassemblement se faisoit à Caen. L*avant-garde étoit à Evreux et menaçoit Pacy et Vemon : je fus envoyé avec mon collègue Du Roy, par décret de la Convention nationale rendu au commencement.de juillet, dans le département de l'Eure pour pacifier cette contrée.
Le ministre de l'intérieur nous compta, en exécution d'un arrêté du Comité de salut public, 35,ooo livres sur les fonds destinés par la Convention nationale aux dépenses secrètes.
J'emportai 3,ooo livres de mes fonds pour ne pas me trouver dans l'embarras.
Lorsque nous fûmes reçus à Evreux, et que nous étions occupés d*organiser l'armée et de régler les affaires générales du département, notre collègue Bonnet, vint se réunir à nous.
Wimpffen et Tarmée des départements s'étaient avancés jusqu'à Lisieux. Nous fûmes chargés de continuer notre mission dans le département du Calvados, et dans les départements voisins : nous en reçûmes Tordre à Evreux.
Nous nous occupâmes aussitôt des moyens qui devaient nous ouvrir les portes de Lisieux et de Caen, et qui dévoient faire rentrer dans leurs foyers les citoyens que Ton avait rassemblés et armés sous les ordres de Wimpffen,
Nous chargeâmes un citoyen nommé Segouin que les généraux avaient amené de Paris, et qu'ils avaient nommé vaguemestre de l'armée, de se rendre à Lisieux pour y porter des dépèches, répandre nos instructions, nos proclamations, et chercher quelques renseignements nécessaires.
Nous lui confiâmes 10,000 livres pour remplir cette mission dont l'objet était important.
Il fut arrêté dans Lisieux : il fut dépouillé de ses effets, traduit devant les commissaires du Calvados auprès de l'armée des départements, et conduit en prison : le procès-verbal qui fut dressé de son arrestation, constate qu'on avait trouvé 9,500 livres dans ses malles ou valises. Il fiit amené à Caen lorsque l'armée fit sa retraite et il y resta en prison jusqu'à notre arrivée.
Nous fîmes mettre en état d'arrestation le citoyen Saint-Front, entre les mains duquel on avait déposé les effets enlevés à Segouin. Il fut interrogé par un juge de paix de la commune de Caen : il reconnut qu'on lui avait remis les 9,5oo livres ; mais il ajouta qu'il en avait disposé, suivant un état de distribution arrêté à Lisieux par les commissaires du Calvados.