‹ Robert Lindet, député à l'Assemblée législative et à la Convention, membre du Comité de salut public, ministre des financesChapitre 37 sur 201 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Création du Comité de salut public (6 avril 1793). R. Lindet en fait partie au lieu et place de J. de Bry, malade, non acceptant. Attributions réservées à R. Lindet dans ce comité. II rédige le Plan de travail, de surveillanc€i de correspondance proposé par le Comité de salut public aux représentants en mission. Quelques départements, et parmi eux le Calvados, font des Adresses à la Convention hostiles à la population parisienne. La lutte s'envenime entre Girondins et Montagnards. R. Lindet repousse, dans un

' vote motivé, la mise en accusation de Marat. Marat est cependant mis en accusation, nonobstant l'inviolabilité parlementaire. Le i a mai, Lindet donne sa démission de membre du Comité de salut public : elle est refusée, et il continue ses fonctions. Il subit les attaques de Brissot. Sa réponse. Il approuve la manifestation de Paris au 3i mai. Événements de Lyon. R. Lindet y est envoyé en mission (3 juin 1793).

A la nouvelle de la trahison de Dumouriez, la Convention avait nommé Dampierre général en chef de l'armée de Belgique, Bouchotte, au ministère de la guerre, en remplacement de Beurnonville, voté l'arrestation du général fugitif et ordonné une levée de 40,000 hommes. Elle se saisit directement de la direction militaire, en envoyant huit commissaires aux armées du Rhin et des Ardennes; puis, sur la proposition de Marat, et dans le but de hâter l'action du tribunal extraordinaire, elle supprima la commission de six membres nommée par la Convention et permit au tribunal extraordinaire de poursuivre les conspirateurs, sauf toutefois les députés, généraux ou ministres, sans prendre l'avis de la Convention. Ainsi disparaissait la principale garantie réservée jusqu'alors aux accusés.

La Convention fait un appel suprême au pays : pour mettre en œuvre toutes les forces vives du pays mises en réquisition, Pancien Comité de défense est insuffisant. Barère fait ressortir les vices d'une pareille organisation, et le 6 avril, malgré Buzot qui craignait de voir la dictature s'établir sous le masque du

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salut public, et, sur la proposition d'Isnard, la Convention vota la création d'un Comité de salut public, composé de neuf membres. Il devait délibérer en secret, en demeurant chargé de surveiller et d'accélérer l'action de l'administration confiée au pouvoir exécutif provisoire; il pouvait même en suspendre les arrêtés, à charge d'en référer à la Convention elle-même.

Le décret ajoutait : que le Comité avait le droit, en cas d'urgence, de prendre des mesures de défense extérieure et intérieure ; que ses arrêtés, signés des deux tiers au moins de ses membres, seraient exécutés immédiatement par le pouvoir exécutif; mais qu'il devrait faire, chaque semaine, un rapport par écrit de ses opérations et de la situation de la République. (Art. 5.)

Il devait tenir un registre de toutes ses délibérations ' (art. 6) ; et enfin, pour enlever tout moyen de dictature à l'ambition de ses membres, il devait être renouvelé tous les mois par la Convention.

Enfin, la trésorerie demeurait indépendante du Comité d'exécution et restait soumise à la surveillance immédiate de la Convention, suivant le mode fixé par les décrets.

On procéda immédiatement à l'appel nominal pour la nomination des membres qui devaient former ce Comité. Le recensement fait, le président proclama élus : Barère, Delmas, Bréard, Cambon^ Danton, Jean de Bry, Guyton-Morveau, Treilhard, Delacroix (d'Eure-et-Loir). Le lendemain, Jean de Bry, sujet à des crachements de sang, ayant fait connaître son refus d'accepter cette lourde fonction, fut remplacé par Robert Lindet.

La Convention avait, dans le choix des membres du Comité, écarté résolument les chefs des deux partis, Girondin et Montagnard. Les modérés y dominaient. Les Jacobins, amis de Robespierre, en étaient exclus. M. Michelet dit pourtant qu'un seul ami de Robespierre, un vrai jacobin y entra, et c'est R. Lindet auquel il donne cette double qualité. Malgré l'autorité qui s'attache à l'opinion du brillant historien, il nous paraît impossible de donner à Lindet le titre de Jacobin, ami de Robespierre. Lindet ne se présenta jamais aux Jacobins^ et aucun acte de sa vie, aucun document émané de lui ne permet de le représenter

I . Ce registre existe en effet : il est conservé aux Archives nationales, en six volumes et se termine au 4 novembre 1795. Arch. nat., AF* II,45-5o. Il a été publié par M. Aulard, Recueil des actes du Comité de salut pubHc, avec la correspondance officielle des représentants en mission. Impr. nat., Paris, 1890 et années suivantes.

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