‹ Robert Lindet, député à l'Assemblée législative et à la Convention, membre du Comité de salut public, ministre des financesChapitre 42 sur 201 · DÉPART POUR LYON · texte numérisé non relu

DÉPART POUR LYON

Je crus que lorsqu^on serait parvenu à rétablir le calme, on emploierait tous les moyens propres à rappeler Tunion, l'harmonie, que Ton ferait usage de toutes les voies de conciliation, et qu après avoir cédé à la néces^ site, Ton se réunirait pour donner à la France un gouvernement et des lois qui pussent garantir la sûreté publique et préserver TÉtat de si affreuses tempêtes '.

On semblait vouloir tout oublier : les députés accusés se promenaient dans Paris, accompagnés de leur gendarme. Le Comité central révolutionnaire qui avait fait ces journées venait de donner sa démission. Marat s'était lui-même suspendu de ses fonctions jusqu'après le jugement des Girondins. Tout paraissait présager une ère d'apaisement et de travail législatif fécond, quand le Comité de salut public reçut comme un coup de foudre la nouvelle de l'insurrection de Lyon et de la catastrophe du 29 mai. Sans tarder, il envoya, le 3 juin *, Robert Lindet dans cette ville, pour tâcher d'étouffer ces germes de guerre civile. Lyon soulevé pouvait donner la main aux Piémontais et ouvrir la frontière du Sud-Est aux royalistes émigrés.

A ce moment Lindet, qui ne prévoyait pas encore l'insurrection de son département de l'Eure, écrit à sa sœur pour se féliciter du calme de Paris et lui annoncer son départ. « Tout est calme et tranquille à Paris. Puissent tous les départements être tous unis et ne former avec Paris qu'une grande famille! Ceux qui parlent de division sont les ennemis de la France. L'union seule nous rendra invincibles. Pour moi, je vais me rendre à Lyon. La ville est" dans une grande agitation. Puissé-je y être utile! Je n'avais pas demandé à être nommé au Comité de salut public; mais j'ai demandé à me rendre à Lyon, où. l'on ne m'aurait sûrement pas enyoyé si je ne V avais demandé. Comptez que ce n'est ni par amour propre, ni par désir de voyager que je vais à Lyon, mais soyez assuré qu'il y a partout pour moi sûreté et raison. » En l'envoyant à Lyon « prendre connais-

timent à cette mesure. Lanjuinais et Barbaroux déclarèrent que l'on ne devait attendre d'eux ni démission, ni suspension... On proposa enfin un décret d'arrestation contre les membres dénoncés. Cette proposition fut adoptée par une très grande majorité. J'étais alors dans le sein de la Convention, je pris part à sa délibération, et je déclarai que je pensais que ce décret était juste et nécessaire. Je votai librement... » (Discours du 2 germinal, p. 23).

1. Conduite de R. Lindet depuis le commencement de la Révolution. Manuscrit dans les papiers de R. Lindet classés par M. Bodin, son gendre. Cf. Discours de germinal, .pp. 21 et suiv.

2. Aulard, Recueil des actes du Comité de salut public, IV, 43o.

sance des événements qui y sont arrivés et concourir avec les autres représentants du peuple à rétablir Tordre », le Comité de salut public chargea aussi R. Lindet de concilier le différend qui s'était élevé à Dijon entre la municipalité et l'administration départementale, relativement à l'ouverture, à la poste, des lettres venant de l'étranger. Toutes les querelles locales devaient disparaître dans les graves conjonctures que traversait la République.

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