JUSTIFICATION DU 3 1 MAI I
L'insurrection du département de la Seine a prévenu V accomplissement des desseins des conspirateurs, comme la Révolution du xo août a préservé la France du joug des despotes coalisés,
Lindet signale ensuite la conduite tenue, depuis le 2 juin, par les représentants fidèles à leur devoir et celle des 32 membres frappés par le décret du 2 juin. Au lieu des ligues, des complots qui divisaient le peuple, faisaient perdre le temps des députés et rendaient vaines ses séances, la Convention peut montrer des travaux utiles, notamment cette constitution élaborée en quinze jours et qui passera « pour le chef-d'œuvre de la raison et de rhumanité ». Pendant ce temps-là, les députés exclus des séances ont trompé leurs gardes et se sont enfuis dans les départements pour soutenir et organiser la guerre civile.
Lindet termine son mémoire par ces mots :
La nation légalement convoquée va se réunir en assemblées primaires ; elle va juger ses représentants : ceux qui sont restés à leur poste lui présentent une Constitution qui assurera son bonheur, la sûreté des personnes et des propriétés, et la stabilité du gouvernement. Les autres apportent la guerre civile.
Les Français vont se rappeler que ceux qui gouvernent Marseille ont refusé d'envoyer au secours de Bellegarde de généreux citoyens qu'ils égarent et qu'ils font marcher sur les bords du Rhône; que Lyon a refusé de laisser partir l'artillerie et les convois militaires destinés à l'armée des Pyrénées-Orientales; que les brigands renfermés à Caen font arrêter les subsistances militaires et se sont emparés des caisses des payeurs des armées; que ceux qui nous ont mis en guerre avec toute l'Europe s'efforcent de livrer aux puissances alliées^ ou de faire périr 600,000 Français qui couvrent nos ft-ontières. Ils sauront que la Constitution peut seule fonder la République et la liberté, donner un gouvernement et une administration centrale assez puissante, assez active pour diriger la force publique, et pourvoir aux besoins des armées. Ils sauront que la Constitution acceptée, Tordre rétabli dans l'intérieur, la discipline affermie dans les armées, la victoire nous conduira à la paix.
R. Lindet, en approuvant l'insurrection morale des sections de Paris, ne se dissimulait pas que les députés décrétés d'accusation, coupables à ses yeux de complicité avec Dumouriez, ne pouvaient pas être traités comme des criminels de droit com- (nun. Seule, la nation pouvait les juger, et le Comité de salut public n'avait contre eux aucune intention sanguinaire dans les premiers jours de juin '. « Un grand nombre d'entre eux étaient
I. Cambon donne sur l'opinion des membres du Comité de salut public ces renseignements :
a Notre intention était de ramener tous les esprits, et quoique tous les