PUYSAYE MARCHE SUR VERNON
la nuit du 12 au 1 3, et les troupes départementales allaient se heurter à des adversaires résolus à leur barrer la route. Deux jours plus tôt, Vernon aurait probablement été dans l'impossibilité de supporter le choc, malgré le courage de sa garde nationale et le patriotisme de ses administrateurs. Si Puisaye eût marché le lo sur Vernon, les événements auraient pu prendre une tournure dont il est assez difficile de prévoir les conséquences. Vernon vaincu, la concentration eût été impossible à Mantes et la lutte définitive entre les insurgents et les troupes fidèles à la Convention se serait dénouée sous les murs de Paris.
Pacy avait été occupé, dès le i«' juillet, par le mystérieux 6® bataillon du Calvados V Assemblée centrale de résistance à Voppression^ qui siégeait à Caen, proclama très haut cette victoire et Wimpffen l'annonça pompeusement à Custine sous le titre de Prise de Pacy. Custine flaira les desseins de Paventurier qui le provoquait à la trahison, et lui répondit par une lettre dont il envoya le double à la Convention. « Vous m'avez mal jugé, répondait le général de l'armée du Rhin. Du moment que vous êtes revêtu d'une qualité que vous ne tenez pas de la loi, je dois vous regarder comme le chef des factieux. Je romps toute correspondance avec vous jusqu'à ce que vous vous montriez vraiment républicain et digne des lauriers de Thionville. » Wimpffen en fut pour ses invites à la défection.
Pacy était en quelque sorte la base d'opérations de Puisaye, pour marcher sur Vernon. Le i3, il laissa ses troupes se reposer pendant la grande chaleur et profita de ce répit pour essayer de faire parvenir par un héraut d'armes sa fameuse proclamation aux Vernonnais, mais il fut impossible de trouver un sujet capable de jouer ce rôle chevaleresque '. Les gardes nationales