‹ Robert Lindet, député à l'Assemblée législative et à la Convention, membre du Comité de salut public, ministre des financesChapitre 63 sur 201 · I. Voici cette proclamation · texte numérisé non relu

I. Voici cette proclamation

L'avant garde de Varmée républicaine et contre anarchiste du Nord aux habitants de Vernon et à tous les bons Français, SALUT et amitié fraternelle.

Au nom de la vraie liberté que nous défendons, au nom des lois dont nous sommes les vengeurs,- au nom de la République une et indivisible pour le maintien de laquelle nous avons juré de périr s'il le faut, au nom des droits sacrés du peuple de tous les départements insurgés pour résister à l'oppression, nous vous demandons Thospitalité et le libre passage.

Nous marchons pour délivrer Paris et la France du joug de l'anarchie et rétablir dans ses droits la représentation nationale outragée. Notre cause est celle de tous les amis du bonheur public et de la vertu. Nous ne voulons pas faire couler le sang : nous voulons devoir à la force de la raison, et non à celle de nos armes, notre triomphe et le salut de la France.

Citoyens de la ville de Vernon, et vous habitants des campagnes qui

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d'Evreux arrivèrent à 1 1 heures, fatiguées, énervées de l'étape faite sous la chaleur accablante. On les laissa reposer, et les colonnes destinées à occuper Vernon ne se mirent en route que vers 3 heures et demie du soir ou 4 heures.

Les troupes marchaient sur deux colonnes : la cavalerie prit le chemin qui tourne à gauche en sortant de Pacy et passe par la Hunière. L'infanterie suivit à droite l'avenue dite du Prince et qui était réservée au duc de Penthièvre lorsqu'il se rendait de Bizy à Dreux. Pour gagner Vernon, il fallait traverser un petit plateau séparant les deux villes : à 4 kilomètres de Pacy, à, 5 ou 6 de Vernon, se trouve une maison d'assez belle apparence connue sous le nom de château de Brécourt. On avait répandu le bruit que le château était fortifié et serait défendu ; les Calvadosiens s'en approchèrent avec mille précautions et trouvèrent le château occupé par le concierge et sa femme. Cette agréable surprise remplit de joie les valeureux assaillants : on avait déjà fait quatre kilomètres, la chaleur était forte, la soif terrible : du cidre frais remplissait les caves de la ferme. On but et on festoya largement. Des excès furent commis. Beaucoup de gardes nationaux se laissèrent aller à Tivresse. On décida dès lors de passer la nuit à se reposer en si bon lieu : les chevaux furent attachés dans l'avenue du château. On détela les canons, Puisaye s'en retourna coucher à Menilles, emmenant avec lui son frère qui lui servait d'aide de camp. On ne plaça point de grand'gardes ni d'avant-postes : et les troupes, sans défiance et sans sentinelles, se mirent à bivouaquer sous cette splendide soirée d'été.

Cependant Du Roy, prévenu de l'attaque que devait tenter Puisaye, avait concentré les troupes sous sa main. Renseigné par des paysans sur l'état dans lequel se trouvaient les forces calvadosiennes abandonnées à la débandade à travers champs, il résolut de se porter au devant d'elles et de les déloger de leurs positions.

Tavoisinent, c'est surtout à vous que ce vœu s'adresse ! Répondez promptement, venez, nous vous tendons les bras et nos embrassements fraternels vous attendent.

Signé par les commissaires civils des départements et les chefs de la force armée : Bougon, procureur général du Calvados ; Louis Caille, procureur S3rndic du district de Caen ; Mesnil, administrateur du Calvados; Levesque, président du Calvados; Lenormand, administrateur du Calvados; Jeh aune, commissaire civil de Rennes; Ladan et Assire, commissaires civils de l'Eure.

Joseph Puisaye, commandant en chef les troupes des départements de rille-et-Vilaine, du Calvados et de l'Eure réunies.

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