DISCIPLINE DE L^ARMÉE DE PACIFICATION I
les combattre, leurs effets seraient distribués aux vainqueurs. La décision des représentants du peuple fut respectée et exécutée : les 3oo,ooo livres furent déposées dans la caisse du payeur général de TEure, les effets furent déposés à la maison commune. » Et Lindet a le droit d'ajouter ces paroles : c Je crois que ce fait ne peut être trop connu. Il prouve combien la probité est respectée dans les camps, dans les armées, dans les troubles de la guerre civile, comme dans le temps d'une profonde paix'. »
Dans les premières journées de leur passage à Evreux, des hussards s'étaient permis d'entrer chez une dame Marc et commençaient à piller. Aveni, Du Roy accourt sur les lieux et leur ordonne de sortir. Un à un ils sortent, et Du Roy, en sortant, les comptait à coups de plat de sabre. Ils furent arrêtés et punis ', suivant le code militaire.
Quelques jours plus tard, une vieille femme est renversée dans une des rues de la ville par deux hussards courant au galop : on la relève, la croyant morte. Lindet et Du Roy avertis écrivent aussitôt au conseil général de la commune pour témoigner de toute leur sollicitude pour la victime de cet accident. Ils promettent des secours et annoncent que les hussards seront sévèrement punis. La lettre des représentants est conservée aux archives de la ville d'Évreux '.
Ainsi, ces prétendus proconsuls n'ont que des paroles de paix et de consolation pour les faibles : conscients de leur force et de celle de la Convention, ils peuvent pardonner, oublier, sans nuire à la grande cause qu'ils servent. Quel contraste présentent les procédés de ces hommes affamés de sangj au dire des fédé* ralistes insurgés, avec les menaces sanguinaires, les imprécations de mort dont sont remplies toutes les proclamations de Wimpffen et de V Assemblée centrale de résistance à t oppression I
Pour célébrer le retour de la paix, de l'ordre et de la tranquillité, un arbre de la liberté avait été planté le 27 juillet sur la place de ce nom, en présence du général Sepher, des repré-* sentants du peuple et de l'armée. Puis, comme la populace est toujours prête à insulter les vaincus, un mannequin couvert d'une robe devint l'effigie de Buzot, naguère l'idole de la ville, et fut livré aux flammes. Détail odieux : ce fut Audouin, gendre du maire de Paris et adjoint au ministre de la guerre,