‹ Robert Lindet, député à l'Assemblée législative et à la Convention, membre du Comité de salut public, ministre des financesChapitre 69 sur 201 · Liasse des fédérés du Calvados, H (G) i · texte numérisé non relu

Liasse des fédérés du Calvados, H (G) i

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qui réclama Tbonneur de mettre le feu au bûcher. Quand la populace a de tels exemples pour justifier ses excès, n'est-elle pas un peu excusable dans ses violences irréfléchies?

Dans le mois d'août, la municipalité faisait démolir, par l'atelier de charité, la maison de Buzot. Ne pouvant atteindre l'homme, la haine de parti s'acharnait sur l'immeuble. Cette modeste demeure subit le sort qu'avaient souffert la maison de Cicéron à Rome, du Dante à Florence, celui que Louis XVIII décréta par ordonnance royale en faisant raser à Arras la maison de Robespierre, celui que la commune de Paris réservait en 1871 à l'hôtel de M. Thiers. Les partis violents sont de tous les temps, et ils semblent invinciblement attirés, par une sorte de fascination, vers la reproduction des mêmes forfaits.

Ni Lindet ni Du Roy n'intervinrent dans ces brutales exécutions, qu'ils n'avaient jamais, du reste, demandées à la Convention.

Leur mission de pacification ne fut ni violente ni cruelle. « Une femme, dit Robert Lindet, qui était venue à Évreux pour publier que Wimpffen était plus redoutable que jamais, et un journaliste, qui avait été le plus ardent propagateur de la guerre civile^ furent les seuls que nous mîmes en arrestation. » Le citoyen arrêté était le citoyen Pain, rédacteur du Bulletin départemental \ et qui, plus tard, devait chanter, en vers et en prose, l'Empire et la Restauration.

La pacification de la ville avait demandé peu de jours. Les districts qui étaient restés froids devant toute cette agitation du chef-lieù, ne pouvaient donner lieu à aucune inquiétude. Dès le 18 juillet, on pouvait donc dire que la mission des repré-

I. Pain (Étienne-David), né à Pont-Audemer le 3 décembre 1764, se fit connaître en 1786 par des écrits poétiques publiés, dans le Journal de Normandie^ sous le pseudonyme de La lorie, nom d'un domaine voisin du châtel de Pont-Âudemer où habitait son père. Il est l*auteur des vers qui furent chantés à la grande fédération de 1791 à Évreux.

Compromis dans l'insurrection fédéraliste, il demeura en arrestation jusqu'au 9 thermidor an II. Parti d'Evreux le 3 janvier 1794, il y rentra le 3o octobre suivant. — Nommé administrateur du département sous la réaction thermidorienne, il devint, le x x prairial an IX, substitut du gouvernement près le tribunal criminel de TEure et, vers 181 5, nous le retrouvons juge au tribunal de première instance d'Évreux. Après avoir chanté en vers la haine des rois et des prêtres, il publia, en Tan XIII, des strophes à Pie VII sur le rétablissement de la religion, puis une ode sur la naissance du duc de Bordeaux. Ses convictions varièrent au gré des événements politiques.

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