PROJETS POUR LA PACIFICATION DU CALVADOS I4I
sentants commissaires était terminée. Lindet et Du Roy le comprirent, mais en même temps ils ne pouvaient laisser ignorer à la Convention que désormais « les rebelles étant chassés de l'Eure, le foyer de la révolte était à Caen ». Ils dressèrent donc, deux jours après leur arrivée à Evreux, un mémoire au Comité de salut public pour lui exposer leurs vues et les moyens d'éteindre ce nouveau foyer d'insurrection.
Nous pensons, dirent-ils, que la même armée doit être chargée de cette expédition qui doit être dirigée par les mêmes généraux. L'armée des côtes de la Manche, qui d'ailleurs n'est ni formée ni réunie, a une autre destination. Ils doivent (sic) veiller à la sécurité des côtes et des ports de mer et rompre toute liaison avec WimpiFen. Il faut confier à l'armée de l'Eure le soin de réduire la conspiration du donjon de Caen. Il faut une armée nombreuse; on pourra augmenter celle de l'Eure et y faire passer des bataillons et des escadrons de l'armée des côtes, s'il s'en trouve dans les lieux voisins. La mission des représentants du peuple expire. L*armée de la République se rassemble dans Évreux... Les représentants du peuple, députés dans le département de l'Eure, donneront toute leur attention aux opérations de l'armée, tant qu'elle sera dans le département. Mais il faut faire rendre un décret qui nomme des représentants chargés des mômes fonctions et de la môme étendue de confiance pour le rétablissement de l'ordre dans le Calvados. Il y a des députés près l'armée des côtes. Il y aura peut-ôtre quelque inconvénient à charger ces mômes députés des fonctions dont il s'agit : !• l'influence doit ôtre un peu différente. L'^rm^^ de la République dans le département de VEure est une armée de pacificateurs. L'influence des représentants doit ôtre grande. Les autres armées sont destinées à combattre et à vaincre par la force des armes. Leur influence ne doit pas gôner les opérations qui sont toutes purement militaires ; — 3« l'armée destinée au rétablissement de Tordre doit toujours ôtre essentiellement distincte et séparée de l'armée des côtes. L'état-major est différent. Si les mômes députés remplissaient les mômes fonctions dans les deux armées, il pourrait en résulter de la confusion, du désordre, et ce qui pourrait paraître un terme de rapprochement, deviendrait peut-ôtre une occasion de division. Il faut qu'un décret nomme des représentants pour l'expédition à faire dans le Calvados, ou qu'il en charge ceux des députés qui pourraient remplir ces fonctions avec quelque espérance de succès. L'expédition proposée est nécessaire, elle doit ôtre prompte et rapide. C'est encore la paix qu'il faut offrir au peuple égaré. Mais on ne perdra pas de vue que ce sera le dernier retranchement des conspirateurs et qu'il faudra préserver le peuple de tous les fléaux dont le passage d'une armée est ordinairement accompagné, mais il faudra s'assurer des chefs de la conspiration '.
Au reçu de ce mémoire, le Comité de salut public proposa et la Convention décréta « que les citoyens R. Lindet, Du Roy et Bonnet-Mautry, représentants du peuple, sont revêtus, pour se