‹ Robert Lindet, député à l'Assemblée législative et à la Convention, membre du Comité de salut public, ministre des financesChapitre 80 sur 201 · Arch. du Calvados · texte numérisé non relu

Arch. du Calvados

2. Note remise par Wimpffen à M. Toulongeon. Voir Vaultier, loc. cit., p. 28.

[179^] JUGEMENT SDR LE FÉDÉRALISME l65

Quant aux Girondins eux-mêmes, voici comment il les apprécie :

Les chefs de la Gironde, si je m'y connais un peu, n'étaient pas précisément ce qu*ont prétendu en faire leurs admirateurs. Beaux discoureurs, beaux écrivains, grands politiques de journal et de tribune, enthousiastes de liberté et de philosophie, ils m*ont paru, d'ailleurs, ne comprendre ni les hommes, ni les événements, ni le jeu des intérêts sociaux.

Maîtres des affaires au sein de la représentation nationale, on sait avec quelle imprévoyance ils avaient laissé grandir au dehors, s'élever au-dessus d'eux cette horrible faction de la Montagne qui finit par les écraser. Ils ne se montrèrent pas plus habiles dans notre mouvement d'insurrection caennaise oit leur action se borna de même au succès de quelques discours.

Lamartine les a jugés aussi avec raison : « Les meilleurs sentiments des Girondins s'évaporaient après avoir retenti en magnifiques paroles. Les Girondins n'étaient que des démocrates de circonstance... les souverains honoraires d'une Révolution qui les dépassait L'intrigue les entraîna... b

Ils provoquèrent le 3i mai par leurs luttes et leurs agressions personnelles ; ils donnèrent un drapeau au fédéralisme et fomentèrent la guerre civile. Nous les avons vus nuls dans Taction : il nous reste à exposer comment Lindet, au nom de la Convention, parvint à effacer les traces de cette insurrection dans le Calvados.

Page 1