‹ Robert Lindet, député à l'Assemblée législative et à la Convention, membre du Comité de salut public, ministre des financesChapitre 91 sur 201 · Lettres du 25 août. Aulard. loc. cit, VI · texte numérisé non relu

Lettres du 25 août. Aulard. loc. cit, VI

2. R. Lindet, en présence du dénûment de subsistances du district de Lisieux, fit accorder 3,ooo rations de pain pesant chacune 3 livres, ce qui permit de distribuer 1,000 rations, à chacune des sections de la ville (séance du Conseil général de Lisieux du 5 août). Le 7 du môme mois, on rendait compte au même Conseil que les représentants du peuple avaient accordé 120 sacs de farine à charge de les rétablir dans les magasins avant le I*' septembre, et 1,793 rations militaires; le i3 août, on apprenait que le ministre de l'intérieur donnait 100 quintaux de blé et 100 quintaux de farine à prendre sur le magasin du Havre. La famine était conjurée dans ce district (Arch. municip. Lisieux). Cf. Registre des arrêtés des représentants, Ârch. du Calvados L. 88.

3. Mémoire ou observations sur les subsistances dans le district d'Avran-

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la promptement. Nous répondrons avec fermeté aux administrateurs, mais nous nous abandonnons au sentiment en vous exposant la situation de ces départements.

Le prix des grains n'a point été fixé dans le département d'Ille-et-Vi laine. La loi du 4 mai n'y a point été exécutée '.

Les cultivateurs des communes du district d*Âvranches . ont porté leurs grains aux marchés de Dol et de Fougères, dans le département d'Ille-et- Vilaine; ils n'en ont pas porté dans les marchés de leur district ou le maximum était fixé. Ils ont vendu leurs grains la moitié plus qu'il ne leur aurait été permis de le vendre dans leur district et dans leur département.

On ne peut croire tout ce que le district d'Âvranches a souffert. Le sen- • timent des maux que l'on a souffert se réveille par la crainte d'en éprouver

encore de semblables...

i Les députés exposent ensuite les plaintes des paysans que Ton

veut empêcher de vendre 100 livres à Dol ce qu'ils vendent 10 livres chez eux, et l'esprit de rivalité qui en résulte entre les villes et les campagnes. Ils résument leur opinion en ces termes :

' Il faudrait punir ceux qui portent leurs grains à Dol, à Fougères, comme

complices des conjurés, non pour avoir porté leurs grains à Fougères, à Dol, mais pour les avoir vendus à un prix supérieur à celui qui a été fixé dans leur département.

Il est enfin nécessaire de laisser subsister le maximum et d'obliger tous les départements de se conformer à la loi du 4 mai. Il faut que la loi éclaire le peuple, confonde, étonne et frappe le riche malveillant.

Il faut porter une prompte décision ; il n'y a pas un moment à perdre, tandis que le riche calcule et ne sent rien, le pauvre s'égare et court à sa perte.

Il est encore plus instant de se prononcer fortement et sur-le-champ dans cette grande question, que d*armer les citoyens. L'armement commandé par la plus impérieuse nécessité, deviendra funeste si Von diffère quelques Jours de prononcer ce jugement entre la nature et la richesse.

Cette dernière phrase montre toute la gravité de la question : en l'écrivant, Lindet savait que la patrie était en danger, que la levée en masse s'organisait et que Tennemi faisait irruption, comme un torrent qui vient de rompre ses digues, sur toutes nos frontières I Et cependant, il ne craint pas de le dire : nourrissez d'abord le peuple, vous l'armerez ensuite; et si vous

ches dressé par les représentants du peuple, députés près Tarmée de Cherbourg, aux représentants du peuple, mepabres du Comité de salut public, et aux représentants du peuple, membres du Comité d'agriculture. Recueil des actes du Comité de salut public, VI, 174. Registre des arrêtés des représentants. (Ârch. Calvados.)

I . Il s*agit de la loi du 4 mai 1793, relative aux subsistances et fixant un maximum pour le prix des grains.

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