RÉMOND, BERTRAND
RÉMOND, à Bertrand.
Donne-moi chapeau, vieux?
BERTRAND
Gomment?
RÉMOND
Donne-moi mon chapeau vieux.
BERTRAND
Tu n'en as qu'un 1 voilà !
Il pose le chapeau sur la canne. Le chapeau n'ayant plus de fond, la canne passe au travers. U tombe à terre,
RÉMOND
Je t'ai demandé mon chapeau ?
BERTRAND
Le voilà 1
OÙ ça?
BERTRAND
Il s'est envolé.
Le voyant par terre, il le ramasse elle donne à vîémond.
RÉMOND, le lui prenant des mains.
Tu l'abimes.
Il le brosse d'un air soucieux.
BERTRAND
A quoi penses-tu donc ? Tu parais bien préoccupé ?
RÉMOND
Ces diables de douze mille francs ne me sortent pas de la tête.
BERTRAND
Est-ce que tu voudrais les emprunter au monsieur ?
RÉMOND
Écoute... Je conçois un vaste projet... Te sens-tu le courage de me seconderdansune entreprise périlleuse?
BERTRAND
Oui ! S'il n'y a pas de danger ! De quoi s'agit- il ?
RÉMOND
De nous approprier l'argent de ce vieux, M. Germeuil !
M. Cerfeuil ?... C'est un nom rafraîchissant î
RÉMOND
Je te dis : Germeuil ! Tu viens de voir donner à Pierre le trousseau des doubles clé de l'auberge ?
BERTRAND
Oui!
RÉMOND
Il faut y prendre celle du n° treize !
BERTRAND, avec Scrupule.
Oh ! (Vivement). Après?
RÉMOND
Cette nuit, nous nous introduisons dans la chambre, et le précieux portefeuille est à nous, (il lui donne un grand coup dans l'estomac.) Voilà l'affaire.
BERTRAND, hésitant.
Voilà l'affaire ! voilà l'affaire !
RÉMOND
Est-ce que cela ne te sourit pas?
BERTRAND
Ça me sourit ! Seulement, si éveillé par les soupçons, il allait nous reconnaître et appeler du secours?
RÉMOND
N'aie pas peur! Il ne se réveillera pas.
Hein?
RÉMOND