‹ Robert-Macaire; drame burlesque en quatre actes, prIecédé de L'auberge des adrets; prologue en deux parties de MM. Benjamin Antier, St. Amand, Frédérick-Lemaitre et Paulyante [pseud.] RemaniéChapitre 9 sur 87 · RÉMOND, BERTRAND · texte numérisé non relu

RÉMOND, BERTRAND

RÉMOND, à Bertrand.

Donne-moi chapeau, vieux?

BERTRAND

Gomment?

RÉMOND

Donne-moi mon chapeau vieux.

BERTRAND

Tu n'en as qu'un 1 voilà !

Il pose le chapeau sur la canne. Le chapeau n'ayant plus de fond, la canne passe au travers. U tombe à terre,

RÉMOND

Je t'ai demandé mon chapeau ?

BERTRAND

Le voilà 1

OÙ ça?

BERTRAND

Il s'est envolé.

Le voyant par terre, il le ramasse elle donne à vîémond.

RÉMOND, le lui prenant des mains.

Tu l'abimes.

Il le brosse d'un air soucieux.

BERTRAND

A quoi penses-tu donc ? Tu parais bien préoccupé ?

RÉMOND

Ces diables de douze mille francs ne me sortent pas de la tête.

BERTRAND

Est-ce que tu voudrais les emprunter au monsieur ?

RÉMOND

Écoute... Je conçois un vaste projet... Te sens-tu le courage de me seconderdansune entreprise périlleuse?

BERTRAND

Oui ! S'il n'y a pas de danger ! De quoi s'agit- il ?

RÉMOND

De nous approprier l'argent de ce vieux, M. Germeuil !

M. Cerfeuil ?... C'est un nom rafraîchissant î

RÉMOND

Je te dis : Germeuil ! Tu viens de voir donner à Pierre le trousseau des doubles clé de l'auberge ?

BERTRAND

Oui!

RÉMOND

Il faut y prendre celle du n° treize !

BERTRAND, avec Scrupule.

Oh ! (Vivement). Après?

RÉMOND

Cette nuit, nous nous introduisons dans la chambre, et le précieux portefeuille est à nous, (il lui donne un grand coup dans l'estomac.) Voilà l'affaire.

BERTRAND, hésitant.

Voilà l'affaire ! voilà l'affaire !

RÉMOND

Est-ce que cela ne te sourit pas?

BERTRAND

Ça me sourit ! Seulement, si éveillé par les soupçons, il allait nous reconnaître et appeler du secours?

RÉMOND

N'aie pas peur! Il ne se réveillera pas.

Hein?

RÉMOND

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