‹ Robert Owen, 1771-1858Chapitre 13 sur 113 · I. Autobiographie, p. ii · texte numérisé non relu

I. Autobiographie, p. ii

L'HOMME. — SA FORMATION PRATIQUE tifî

McGufibg, marchand à Stamford (Lincolnshire): il devait cire nourri, logé, blanchi et recevoir l'année suivante un salaire de f 8. Depuis celte époque, dès 1 âge de lO ans, il s'est toujours sufTi à lui-mcnie sans jamais faire appel à l'aide des siens.

Dans son autobiographie, Ouen se félicite d'avoir fait son premier apprentissage de la vie active chez ce GufTog, Ecossais foncièrement honnête et excellent commerçant, méthodique, bon, libéral et très respecté, pour sa ponctualité et son bon sens, de ses clients, de ses voisins et de ses vendeurs. N'était-ce pas un a professeur d'énergie )) pour Owen que ce Gufibg, qui avait commencé sa fortune avec une pièce de 4o sous, et qui, après avoir été successivement pédestre colporteur, puis marchand ambulant, avait ouvert sur les instances de sa clientèle de haute respectabilité, la noblesse et les principales familles des environs de Stamfort, une boutique des articles les plus fins de la toilette féminine? Me Gufibg initie Owen à la routine des affaires, l'habitue à l'ordre, à une attention minutieuse. Owen se familiarise avec les plus délicats produits d'un grand nombre de manufactures : beaucoup d'entre eux demandent, pour ne point se détériorer, à être maniés avec une extrême délicatesse et conservés avec soin. Le magasin de Me Guffog,

Edouard Dolléans. 5

rendez-vous de la plus haute noblesse du royaume, jDermet à Gaa^u d'étudier les mœurs de cette classe de la société : « Ces circonstances de ma vie, pour quelque vulgaires quelles apparaissent, me rendirent de grands services quand j^lus tard je devins grand industriel et commerçant, car elles me préparaient dans une certaine mesure aux relations que j'eus dans la suite avec ce qu'on appelle le grand monde ' . »

Owen use librement de la bibliothèque de Me Guflbg, lisant cinq heures par jour, transcrivant certains principes de morale de Sénèque sur un petit livre qu'il porte toujours dans sa poche. Il s'efforce de découvrir la véritable religion : grandement embarrassé en voyant toutes les sectes réclamer pour elles le monopole de la vérité et comparant soigneusement les religions entre elles, « car j'avais, nous dit-il, des inclinations religieuses... » Owen se voit contraint de rejeter toutes les religions en bloc : car il avait découvert « qu'elles étaient toutes fondées sur la même croyance absurde que chacun de nous est l'auteur de ses projjres qualités, détermine à son gré ses pensées, sa volonté et ses actes et est responsable de ce libre choix envers Dieu et envers ses semblables ». Si l'on en croit son

Page 1