I. Godwin, op. cit., p. 26, ^3, AS, 4'i
dans un sens très large et distingue difierents modes déducation parmi lesquels ce qu'il appelle l'éducation politique — c'est-à-dire les modifications que nos idées reçoivent de la forme du gouvernement sous lequel nous vivons.
Dès le début de son livre, Godwin pose la théorie des circonstances et affirme la toutepuissance de l'éducation et des institutions politiques sur la formation des caractères. Mais est-il possible d'améliorer les institutions sociales ? Oui, si l'on cherche à agir sur les opinions des hommes en faisant appel à la raison. Les actions volontaires des hommes procèdent de leurs opinions et la raison doit régler les actes de l'espèce humaine'. Après avoir établi que les actions volontaires des hommes sont conformes aux déductions de leur intelligence, Godwin tire de cette proposition fondamentale les cinq corollaires suivants : i" Un raisonnement sain peut communiquer la vérité et la faire triompher de l'erreur. Cette proposition, dit-il, est évidente, car on ne peut imaginer qu'entre un raisonnement sain et un sophisme la victoire puisse être douteuse. 2" Il est possible de communiquer auv autres la saine rai-
I. Cliap. V intitulé : « Les iiclions volontaires des lioinmes procèdent de leurs opinions », p. 53, 85, 86.
son et la vérité : si le champion de la vérité est sulllsaniment maître de son sujet, il doit réussir inunédiatement dans son entreprise. 3" La vérité est toute-puissante. 4" Les infirmités morales de l'homme ne sont pas invincibles, parce qu'elles sont fondées sur l'ignorance et Terreur : la vérité peut les faire disparaître et les remplacer par des principes plus nobles et plus bienfaisants. 5" La dernière proposition résulte de toutes les autres, c'est l'affirmation de la perfectibilité humaine : l'homme est susceptible d'un progrès indéfini. Ainsi les principes essentiels de la doctrine d'Owcii se trouvent déjà chez God^vin, la théorie des circonstances comme la croyance à la jDerfectibilité humaine sous l'influence toute-puissante de la raison, comme aussi la doctrine de la nécessité morale et de l'irresponsabilité'. Si nous avons quelque peu insisté sur les idées de Godwin, c'est justement parce qu'elles soulignent et précisent le caractère mécanique et rationaliste des conceptions d'Owen.
Robert Owen aurait pu se donner comme l'illustration de sa doctrine de circonstances : ses théories ne sont pas seulement le produit de la philosophie de son temps, mais aussi des événements de sa vie active et professionnelle. Tout