‹ Robert Owen, 1771-1858Chapitre 30 sur 113 · I. Aiitobiograpliie, p · texte numérisé non relu

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conditions de vie de la population, et en même temps à perfectionner le travail et le machinisme de l'établissement industriel. »

On doit rendre à Owen cet hommage qu'il a réalisé la doul)le fin qu'il s'était proposée. C'est même la seule fois où ses jDrojets ont eu un plein et entier succès ; mais les résultats qu'il obtint à NcAv-Lanark suffiraient à lui assurer une place à part dans l'histoire du mouvement industriel et social. A une époque où la patronat ne se préoccupait que de l'outillage et des moyens mécaniques de développer la force de production, Owen le premier comprit que la productivité dépendait tout "autant de ce qu'il appelle l'outillage vivant que des machines inanimées. Le premier, il a préconisé la politique des hauts salaires, de la saine et substantielle alimentation et de l'hygiène domestique comme propre à dégager en l'ouvrier toute la puissance productrice. Owen ne s'est pas placé seulement au point de vue du rendement industriel qui conduit déjà à respecter linstrument humain au même titre que la machine qui doit être entretenue en bon état. Par un sentiment philanthropique, qui à cette époque était rare chez les chefs de la grande industrie, il a considéré en l'ouvrier non pas seulement l'instrument de production, mais l'être humain : il a reconnu que le patron avait le devoir d'assurer au

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travailleur qu'il emploie une part de bien-être et même de joie.

Sans vouloir insister longtemps sur le côté

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purement industriel de l'œuvre entreprise par Owen, il est cependant nécessaire, avant d'aborder les détails de sa politique sociale, de donner quelque idée de la valeur commerciale qu'avaient acquise entre les mains d'Owen les fabriques de NeAv-Lanark

Acheté à M. Dale x 60000, l'établissement est estimé, en i8i3, H iS/iooo. soit une plusvalue de plus de 100 "/o. Non seulement chaque année Owen assure à ses associés 5 "/„ d'intérêts sur leur capital, mais les profits de l'établissement (i 800-1 809) sont de t' 60000 et, dans l'espace des quatre années suivantes (1809i8i3), ils s'élèvent à i* 160000. Ces chifTres semblent prouver que les réformes sociales d'Owen ont été loin de nuire à la prospérité de l'établissement ; celui-ci put, sans en souffrir, traverser la crise industrielle qui suivit la fin de la guerre avec la France. Owen apportait à son établissement les derniers perfectionnements techniques : il améliora peu à peu et transforma entièrement le machinisme ; il porta, nous dit le D' Mac-Nab, la division du travail à un haut degré de perfection : « Je regrette que les limites de cet ouvrage ne me permettent pa&

<l"indi(jiier en détail les difréreiites applications (le la division du travail qui existent à New-Lanark, depuis l'achat de la matière première jusqu'à sa vente à l'état de produit manufacturé. La division du travail atteint un degré de perfection tel qu'il est impossible d'y apporter aucune critique. » Le D' Mac-Nab insiste sur les pratiques commerciales d'Owen, pratiques grâce auxquelles il assurait à l'établissement une demande régulière ' : (( L'agent chargé de la correspondance commerciale doit obéir aux deux règles suivantes : tout d'abord toutes les fois qu'il reçoit des commandes et sauf au cas où l'époque de la livraison est la condition principale du contrat, l'agent, s'il a de bonnes raisons de croire à la baisse probable du prix de l'article, doit suspendre l'exécution de la commande, écrire immédiatement au client et attendre sa réponse définitive. Au contraire, au cas d'une hausse probable et importante, l agent reçoit l'ordre d "écrire aux principaux clients de la compagnie pour les avertir d'acheter sans retard. Grâce à ces procédés, OAAen a créé entre lui et sa clientèle une confiance mu-

I. Ce passade du D'' H. Grey Mac-Nab et les extraits cités plus loin des « New \ iews of Mr Oiren of New-Lanark iinparliaUy con- .s(V/ererf (1819) forment l'appendice B de la 5"^ partie de The new Existence of man upon the earth wilh an appendix conlaining a collection of évidence repecting New-Lanark, i854.

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luelle et assure à l'établissement une demande régulière, ce qui vérifie la vieille et excellente maxime que l'honnêteté est la meilleure des politiques. Owen a ainsi une clientèle choisie et des relations commerciales de toute sécurité et solvabilité, condition à l'heure actuelle essentielle au succès. Owen est garanti contre les pertes des faillites, et une population bien portante et heureuse lui assure un travail régulier et productif. » Et le D' Mac-Nab ajoute qu'il souscrit à cette déclaration d'OAven que le succès de l'établissement tient aux réformes accomplies à New- Lanark.

L'œuvre d'amélioration sociale accomplie à New-Lanark n'a pas été chose aisée. Les projets philanthropiques d'Owen ont rencontré d'autres obstacles que la nécessité de tirer de l'établissement des profits élevés. Il fallait transformer coniplètement une population misérable qu'Owert nous dépeint en ces termes : « La population vivait adonnée à la paresse, à la pauvreté et à toute espèce de crimes, par suite endettée, épuisée et

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