I. Autobiographie, p. i35, ii
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général: « La discipline employée par M. Owen ressemble jusqu'à un certain point à celle du commandant en chef dune armée, avec cette différence qu'au lieu d'employer ces moyens de correction antisociaux que sont les menaces et les punitions, il fait appel aux sentiments sociaux de ses ouvriers. .. 11 a aussi peu de rapports directs avec les habitants de sa colonie qu'un général avec ses soldats. Ses agents sont les canaux à travers lesquels il réalise le perfectionnement et le bonheur de ses gens, le résultat étant un système pratique très séduisant d'ordre, de travail, de simplicité dans les mœurs, de bien-être, de contentement individuel et général \ »
Jusqu'en 1809, Owen est absorbé par son œuvre de régénération physique et morale de la population de New-Lanark. Cependant, il n'oublie pas ses projets d'éducation qui sont la conséquence immédiate de sa théorie des circonstances. Seulement de nombreux obstacles s'opposent à la réalisation du désir qu'il a d'établir à New- Lanark la première institution pour la formation rationnelle du caractère. Il lui faut triompher des
I. Mac-Nab, op. cit. Nous avons déjà parlé de l'esprit despotique d'Owen. Owen a pour Napoléon la grande admiration que Fourierporte à Francia, dictateur du Paraguay ; ils aiment tous deux les exercices militaires, et le système rationnel, comme le système de l'attraction passionnée, conduit à introduire dans la vie civile une discipline toute militaire.
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préjugés des parents qui ne veulent pas envoyer leurs enfants à l'école dès l'âge le plus tendre ; il a à lutter contre l'opposition que lui fait le ministre de la paroisse ; enfin et surtout, il craint ajuste titre l'hostilité de ses associés que les dépenses nécessaires à l'érection du bâtiment (£ 5 ooo) peuvent mécontenter, et c'est pourquoi il est obligé « d'aller à pas de tortue ». Il lui faut attendre jusqu'au i" janvier 1816 pour mettre à exécution des projets que les essais du D' Bell et de Joseph Lancaster avaient fait naître dans son esprit dès son séjour à Manchester'.
Cependant, dès 1809, Owen, qui voudrait aussi développer la puissance de production de la fabrique, expose à ses associés les transformations qu'il désire réaliser tant au point de vue technique qu'au pointde vue de l'éducation des enfants. Effrayés de ces projets, ceux-ci viennent visiter l'établissement. O^ven leur développe ses idées et provoque la réponse suivante : « Chacune de vos propositions nous paraît vraie individuellement, mais, comme, prises toutes ensembles, elles conduisent à des conclusions contraires à notre éducation, à nos habitudes et à notre façon d'agir, elles doivent, au total, être erronées, et nous ne
I. A idobiog rapide, p. 83, 8/| et suivantes ; j);ir des souscriptions. de £ I ooo et de £ 5of), il avait encourag-é à Mancliester les premières tentatives du D'' Bell et de J. Lancaster.
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pouvons admettre vos principes nouveaux de gouvernement et vos projets d'extension des affaires. » Owen leur offre de lui abandonner l'établissement pour £' 8/iooo, et, sous le nom deNew-Lanark C", recommence une nouvelle association avec MM. Dennistown, Alexandre et Colin Campbell, et John Atkinson. Espérant que ses nouveaux associés lui laisseront un peu plus de liberté, Owen commence la construction des nouvelles écoles. Mais il rencontre une nouvelle opposition de la part des deux Campbell qui lui déclarent qu'étant fdateurs et hommes d'affaires à la poursuite d'un profit, ils n'ont pas à s'occuper de l'éducation des enfants. Ils font plus, ils critiquent les mesures prises par Owen pour améliorer les conditions de vie de la population ouvrière, et surtout sa politique des hauts salaires. Avec sa ténacité coutumière, notre réformateur ne se départit pas de la ligne de conduite qu'il s'était tracée. Alors ses associés lui signifient d'arrêter la construction des écoles. Ligués contre lui et décidés à le ruiner, ils refusent de lui avancer les sommes nécessaires à ses dépenses journalières, bien que sa part dans l'établissement fût de £ 70 000 ; Owen est obligé d'emprunter pour ses dépenses domestiques. La fabrique de New-Lanark est mise en vente ; les associés d'Owen répandent en Ecosse, à Londres et dans les grandes villes de
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1 Angleterre, les bruits les plus divers pour déprécier l'établissement et lavoir au-dessous de sa valeur ; ils disent qu'Owen est un visionnaire : ils déclarent qu'ils ont payé £ 84 ooo un établissement qui maintenant n'en vaut pas la moitié ; ils reconnaissent néanmoins qu'ils n'ont contre l'administration d'Owen d'autre grief que sa politique de liants salaires et ses projets d'éducation \
(( Fatigué de ces associés qui ne savaient qu'aclieter bon marché et vendre cher », Owen en cherche d'autres assez désintéressés pour ne pas vouloir tirer de leurs ouvriers un sur-travail pour un salaire de famine et pour comprendre et seconder ses projets. Cette fois, il écrit une brochure qu'il fait circuler dans les milieux de riches et bienveillants philanthropes désireux d'améliorer le sort des pauvres et des travailleurs ; cette brochure est destinée à renseigner sur ses principes d'administration ceux qui auraient l'intention de devenir ses associés. La nouvelle association, qui va lui permettre de disputer New-Lanark à ses adversaires, comprend des mennbres de la Société des amis, John Walker, Joseph Foster, et William Allen, Joseph Fox, Michael Gibbs et enfin le philosophe utilitaire Jeremy Bentham^