I. Autobiographie, p
■i. Opiniou d'Owen sur Bentliiiin ÇXutobiofjraphie , p. ()5) : « Uentliara consacra une longue existence à la réforme des lois,
ROBERT OWEN LE BOx\ PATItON DE NEW-I.ANAHK 139
Grâce à l'aide financière de ces nouveaux associés, OAven obtient rétablissement de New-Lanark pour 1' i i/^ooo et l'un de ses anciens partenaires reconnaît qu'il l'a acheté £' 20000 trop bon marché. Avant la vente, la population ouvrière craignait de voir le bon patron vaincu par ses associés et obligé de quitter New-Lanark. Rien ne montre mieux l'attachement des ouvriers pour Owen que le récit d'un témoin de leur anxiété et de leur joie — : « Du jour où la mise en vente de la fabrique fut publiée, commença, je me le rappelle bien, pour les habitants de New-Lanarkune époque d'incertitude et de craintives prévisions. Les ouvriers étaient si mécontents des associés de M. Owen qu'ils étaient résolus, si l'établissement tombait de nouveau entre leurs mains, de l'abandonner tous en corps. Mais, si au contraire M. Owen réussissait, seul ou avec de nouveaux
toutes fondées sur une erreur fondamentale, sans découvrir cette erreur; c'est pourquoi il passa une vie, remplie par untra\ail bien intentionné et sans relâche, à remédier aux maux des lois particulières sans jamais tenter de pénétrer jusqu'aux fondements même de toutes les lois et de reconnaître ainsi la cause de leurs erreurs et des misères qu'elles créent. Il ne connaissait le monde qu'à travers les livres et quelques esprits libéraux, bommes et femmes admis en son amitié, formaient tout son univers. » Contre-opinion de Bentliam sur Owen (E. Halévy, Radicalisme philosolihiqiic, t. II) : Son esprit est un dédale de confusion ; il n'est que vapeur et fumée. — Leurs relations n'en étaient pas moins amicales. (\ oir Robert Dale, op. cit., p. 17Ô.)
110 PHILANTHROPISME PATRONAL
associés, ù obtenir la fabrique, ils étaient décidés à rester, espérant fermement de nouveaux jours
de bien-être et de bonheur Jamais, j'ose le
dire, les habitants de New-Lanark n'oublieront laprès-midi du jour où eut lieu la vente des usines. Celles-ci tombèrent aux mains de M. Owen. Il envoya immédiatement et en toute hâte un homme à cheval prévenir de ce résultat Mrs Owen et les ouvriers. Il fut alors impossible de contenir la joie des travailleurs. Les directeurs le virent bien et ils partagèrent cette joie. Les habitants étaient unanimement résolus à témoigner leurs sentiments par des actes de réjouissancepublique : des bandes de musiciens parcouraient le village ; les fenêtres étaient illuminées comme si un grand triomphe national venait d'être remporté. Le jour suivant, les ouvriers, avec des centaines de personnes venues de la ville et des environs, se portent à la rencontre d'Owen et de ses nouveaux associés. A trois milles de NcAv-Lanark, sur le chemin de Glasgow, ayant détaché les chevaux de la voiture', musique en tête et au milieu des acclamations, ils portent triomphalement leur bienfaiteur à Braxficld. Ce serait dépasser les limites que je me suis imposées que de raconter en détail
I. Entre parentlièse : ce contre quoi M. Owen protesta vigoureusement, en déclarant que les hommes de la classe ouvrière depuis trop longtemps di^jà étaient traités connue des bctes.
le long et impressionnant discours que M. Owen fit devant sa maison à la foule heureuse qui l'avait accueilli avec tant d'enthousiasme. Il me sufTira de dire qu'après avoir fait servir des rafraîchissements pour tous et leur avoir recommandé d'avoir les uns pour les autres bonne volonté et amour fraternel, il entra dans sa maison pour partager l'accueil familial si cher au cœur de l'homme de bien'. »
On était alors en i8i3. Owen venait de publier Une vue nouvelle sur la société ou Essais sur la formation du caractère, sa première œuvre ; c'est un ouvrage médiocre moins important par sa valeur intrinsèque que par son succès et par la réputation quasi universelle quil valut à Owen".