I. Autobiographie, p. io
Edouaud Dolléans. . lO
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aux gouverneurs des Etats américains avec une recommandation personnelle. Les essais sur la formation du caractère n'ont pas seulement un succès officiel, ils se vendent aussi beaucoup dans le public et les quatre premières éditions sont rapidement enlevées.
Toujours préoccupé de devenir le conseiller des rois et des gouvernements, Owen fait relier richement par les plus habiles ouvriers quarante exemplaires des Vues nouvelles, et il persuade au gouvernement anglais de les envoyer à tous les souverains et premiers ministres d'Europe. Owen aime, à ce propos, à raconter une anecdote qui laisserait à supposer que les Vues nouvelles auraient converti Napoléon I" au système. Owen était d autant jdIus sensible à l'idée flatteuse de cette conversion que, sans se l'avouer, il avait pour Napoléon la prédilection que tout inventeur de système a pour le bon despote. Il menait de quitter Londres; Francis Place avait reçu la garde des exemplaires destinés aux monarques d'Europe, lorsqu un officier supérieur vint faire visite au dépositaire et lui demanda un exemplaire pour le porter à Napoléon. Quelques années plus tard Owen rencontre dans un dîner Sir Niel Campbell : celui-ci lui raconte qu'à l'île d'Elbè le général Bertrand serait venu à lui, un exemplaire des Vues nouvelles à la main, pour lui demander de
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la part de Napoléon s'il savait quel en était l'auteur : « J'ai su par la suite, ajoute On en, que Bonaparte avait lu et étudié mon livre avec la plus grande attention et qu'à son retour au pouvoir, si les souverains d'Europe lui avaient permis de rester tranquillement en F'rance, il était décidé à employer en faveur de la paix et du progrès toute l'activité qu'il avait dépensée auparavant dans des vues guerrières : ainsi s'explique la lettre qu'à son retour il adressa aux souverains et qui contient des propositions de paix et non de guerre. Mais ceux-ci ne crurent pas à la sincérité de cette déclaration. Le résultat de leur refus est aujourd'hui un fait accompli et il est inutile de spéculer à perte de vue sur ce qu'aurait fait cet homme extraordinaire s'il lui avait été permis de régner. »
A cette époque ÛAven est à la mode dans le monde officiel et il met quelque complaisance à rappeler ses illustres amitiés. Il nous raconte qu'il était l'ami des ambassadeurs de Prusse et d'Autriche. Le baron Jacobi, ambassadeur de Prusse, ayant communiqué les essais à son souverain, celui-ci avait adressé à Owen une lettre autographe dans laquelle il lui exprimait sa haute approbation et lui déclarait avoir recommandé au ministre de l'Intérieur d'adopter ses idées sur l'éducation nationale dans la mesure où les conditions
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politiques et locales de la Prusse lepermettraieiit'. Le baron Jacobi avait présenté à Owen le prince Esterhazy, ambassadeur d'Aulricbc à Londres, qui, au cours d'une longue conversation avec l'auteur des Vues nouvelles, lui demanda quel résultat il comptait atteindre : « La formation intégrale au physique et au moral d'hommes et de femmes qui toujours penseront et agiront rationnellement. »
En 1816 l'institution pour la formation du caractère est ouverte. La réputation des écoles de New-Lanark est telle que, chaque année, de toutes les parties de l'Angleterre et de tous les pays de l'Europe, de nombreux visiteurs viennent voir (( les merveilles de New-Lanark y>. La moyenne annuelle est de deux mille visiteurs et Owen prétend avoir vu, un jour, 76 étrangers assister aux exercices des enfants de l'école. Au premier rang des hôtes illustres dont Robert Owen se flatte d'avoir reçu la visite, on doit citer le grand-duc Nicolas de Russie qui resta deux jours à New-La-
I. Auiobiocjraphie , \>. i'il\- L'iinnée .suivante (1817), njoute Owen, le vœu du souverain Cul «•('■alisC' (?).
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nOHERT OWK'S LK BON PATRON DE NEW-LANARK 149
luirk' cl qui, faisant allusion aux alarmantes théories de Maltlius, fit au réformateur la jjroposition suivante : (( Puiscjue votre pays est surpeuplé et que les souffrances sociales viennent de l'excès de population, voulez-vous me suivre avec deux millions d'hommes? Je mettrai à votre disposition tous ce dont vous aurez hesoin pour créer de petites sociétés industrielles semblables à celle de New- Lanark. » Après le départ de ce futur empereur, New-Lanark est visité par les princes Jean et Maximilien d'Autriche, par des ambassadeurs, par toute la noblesse du royaume, par les hommes éclairés de toutes professions et de tous pays. En 1819, après une conférence d'Owen, la municijialité de Leeds, qui voit ses pauvres augmenter dans des proportions inquiétantes, envoie trois délégués àNew-Lanarkpour y faire une enquête. La même année- le duc de Kent", qui apprécie le caractère d'Owen et ses Vues nouvelles, fait visiter New-Lanark par son ami et médecin le D"^ Henry Gray Mac-Nab : sur le rapport enthousiaste de celui-ci, le duc était même décidé à y venir en personne avec sa femme et la petite princesse Victoria, lorsqu'il fut surpris par la mort (iSiq).