Rapport cité, p. I
2. Rapport cité par ex., p. 56 Joseph Maycr et p. 74 Jolin Sliarrez Ward.
liiire des parents et que rinterdiclloii du travail des enfants pouvait avoir pour résultat une élévation du salaire des adultes, élévation qui pourrait compenser la perte des 18 pences par semaine gagnés par les enfants'. Robert Owen déclare qu'il ne pense pas que les parents auraient à souffrir de l interdiction du travail des enfants; et, comme on lui demande quels sont les fondements de son opinion, il répond : « Toute l'expérience de ma vie m'a appris que, là oij les enfants n'étaient pas astreints au travail dès leur plus jeune âge, les lamilles étaient dans une situation plus confortable et plus respectable ; je crois même que les ouvriers tireraient un grand bénéfice de cette interdiction. » De son côté, Th. Priée, magistrat du comté de Warwick, précise la pensée de Robert Owen lorsqu'il dit: « Je pense que, si les parents ne pouvaient tirer profit de leurs enfants en bas-âge, ils perdraient moins de temps, ils travailleraient mieux et obtiendraient de meilleurs salaires pour un meilleur travail '. »
Il n'est pas bon, disent les industriels, de laisser trop de loisirs aux ouvriers ; ils ne sauraient en faire qu'un mauvais usage. Joseph Mayer, filateur, déclare que, si les ouvriers avaient plus de
I. Rapport, p. ^7, déposition de Robert Owen. ■j. Rapport cité, p. 121, ia2, laS.
Edouard Dolljéans. 12
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temps, ils s "abandonneraient à livrognerie et que l'ordre serait troublé'. De même l'interdiction du travail des enfants est destinée à en faire des vauriens et des paresseux. Il y a danger, si on laisse les enfants dans l'oisiveté, à les voir contracter des habitudes vicieuses. Mais Robert Owen proleste contre cette conception de l'interdiction : dans sa pensée, le temps laissé libre ne doit pas rester inoccupé, il doit être consacré à l'instruction des enfants^ : (( Je pense, dit-il, que dansles villes les plus populeuses il y a suffisamment d'écoles ouvertes oii pourraient aller les enfants. » Gomme on lui demande s'il croit que les parents seront disposés à faire les dépenses nécessaires et si l'on peut espérer qu'ils enverront leurs enfants à l'école, il déclare qu'il convient de ne pas admettre les enfants à la fabrique tant qu'ils ne sauront pas couramment lire, écrire, compter et coudre ; il cite l'exemple de New-Lanark oii, malgré la réduction des heures de travail, l'établissement peut donner aux enfants cette instruction, sans aucune perte pour les propriétaires et même en leur assurant un profit raisonnable.
Le droit des parents, la moralité des enfants et l'ordre public ne sont pas les seules raisons invo-