‹ Robert Owen, 1771-1858Chapitre 49 sur 113 · Rapport cité, p. aS · texte numérisé non relu

Rapport cité, p. aS

quées en faveur de la liberté du travail. Les industriels opposent l'industrie à domicile aux fabriques. Les tisseurs qui travaillaient chez eux ont des conditions de travail et une moralité très inférieures à celles des fileurs en fabrique ; étant leurs maîtres, ils perdent souvent la première partie de la semaine dans l'ivrognerie et la paresse et ensuite travaillent jour et nuit ; les maisons de tisseurs sont des caves souterraines, beaucoup plus basses de plafond, plus étroites, moins bien aérées et plus humides que les ateliers des fabriques; la condition des enfants qui tissent chez leurs parents est bien pire que celle des ouvriers de fabrique : lorsque le père est ivre, la mère les fait travailler i6 à i 7 heures par jour'. Pounpioi donc réglementer les grandes fabriques, alors que justement elles ]3résentent le spectacle des meilleures conditions de travail.^ Les intérêts de l'industrie s'opposent absolument à cette réglementation qui aurait pour effet une élévation désastreuse du coût de production. L'industrie manufacturière n'est pas en état de supporter les charges additionnelles qui lui seraient imposées de ce chef et qui lui seraient fatales dans la concurrence internationale. A celte objection qui apparaît comme dominante, Owen répond que l'élévation du coût

I. RfippoFt cité, par ex., déposition de Josepli Mayer, p. 54, 56.

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de production serait si faible qu'elle ne peut entrer en ligne de compte, quand on considère les grands avantages qui la compenseraient : (( J'ai la plus ferme conviction, dit-il, que les articles seraient produits aussi bon marché après qu'avant la limitation de temps et d'âge '. »

Après avoir indiqué les réponses d'ÛAven aux arguments contre la limitation, il faut reprendre les grandes lignes de sa justification positive qui repose sur l'expérience faite à NcAv-Lanark. Dans son établissement de NcAv-Lanark, il a opéré des réductions graduelles de la journée de travail qu'il a abaissée de il\a 12 heures. La dernière réduction date du 1"' janvier 1816^ : c'est sur elle que porte l'expérience. Une diminution d'une heure a porté la journée de travail de 1 1 heures 3/4 à 10 heures 3/li (sans compter i heure i/h pour les repas) : la perte qui en est résultée est seulement de un farthing par yard, soit 2 centimes par franc : « L'accroissement progressif en quantité qui a suivi cette réforme me donne tout lieu d'espérer qu'avant la fin de l'année le fd sera manufacturé à aussi bon marché en 10 heures 3//| qu'en 11 heures 3//i ''. »

■2. Rapport cit»', p. 20 ù 3y. Dépositions des 26 et 29 avril 181G.

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