‹ Robespierre et les femmes: d'après des documents nouveaux et des piècesChapitre 16 sur 49 · COULOMBEAU · texte numérisé non relu

COULOMBEAU

Secrétaire greffier (2).

(1) Desessarts, vol. cit., p. 16.

(2) Cette pièce, passée dans une vente d'autographes le 7 décembre 1866, fut publiée par VAmaleur d'autographes, n« 98, 16 janvier 1866, p. 32. Elle fit ensuite partie de la <;ollection Benjamin Fillon à l'inventaire de laquelle elle fut portée sous le n<» 628.

Le brevet est accompagné de cette lettre :

COMMUNE DE PARIS Le vendredi 46 août 1793, Tan III de la République Française, Citoyen, Je m'empresse de vous envoyer la médaille des hommes du 10 août; je me félicite d'avoir à rendre cet hommage à l'incorruptible Robespierre.

CouLOMBEAu, Secrétaire greffier.

Au citoyen Robespierre Faîne (1).

Est-ce un hommage à la peur, à la lâcheté ? Estce l'homme qui s'est caché qu'on sollicite d'accepter le redoutable poste de juge au tribunal du lo août ? S'il le refuse, c'est qu'il a conscience de ne pouvoir être « le juge de ceux dont il a été l'adversaire (2) ». Il ne s'en explique ouvertement que le jour où sa brève lettre à Manuel, le procureur de la Commune, est mal interprétée :

Monsieur, J'ai rhonneur de vous prévenir que je ne puis accepter la commission de juge du tribunal destiné à juger les conspirateurs (3).

(1) Papiers inédits trouvés chez Rot>espierre,„ti, II, p. 179.

(2) Lettre insérée dans le Moniteur, n» 241, 28 août 1792.

(3) V Amateur dAutograpfies, n» 116, 16 octobre 1866, p. 309. — Le même jour Manuel renvoya cette lettre au ministre de la Justice en y joignant ces mots :

Le 21 août ran IV de la liberté [1792]. Je m*empresse, monsieur, de vous faire passer la démission de M. Robespierre à la place de juge du tribunal

LE ROMAN D* AMOUR d'ÉLÉONORE 149

Ayant refusé d'être juge, il demeure journaliste. En septembre 1792, paraît le premier fascicule des Lettres de Maximilien Robespierre^ membre de la Convention nationale de France^ à ses commettants. Il les rédigera jusqu'en mars 1798, jusqu'à Theure où tous ses instants appartiendront à la Convention et au Comité de Salut Public, où la défense contre les royalistes de l'intérieur et les émigrés aux frontières demanda l'organisation de la Terreur salutaire, basée sur toutes les forces vives de la Nation (1). Sans distraction aucune il s'y dévouera pour en sortir

criminel établi par la loi du 17 de ce mois, afin que vous puissiez faire expédier des commissions à M. Devrieuz, premier suppléant.

P. Manuel.

(1) Ce régiine de la Terreur, grief éternel contre Robespierre, veut-on savoir comment le jugeait une femme qui le traversa ? Qu'on lise ce fragment de Mme de Gavaignac : « Il est encore de mode, quoiqu'elle passe chaque jour, d'exagérer les maux de cette terrible époque, d'en calomnier les acteurs. Assurément ils seraient justement couverts d'opprobre et de malédiction, si la Terreur eût été un moyen de leur choix ; s'ils n'y eussent été conduits, entraînés par la force des choses et les nécessités de la position ; s'ils eussent enfin pu sauver autrement le pays ; mais si ce système, plutôt commandé qu'adopté, pouvait seul préserver la France de l'invasion de l'Europe (et c*est ce qui n'est plus contesté) de la contre-révolution et de ses vengeances (et on se rappelle le début du duc de Brunswick à Verdun, et plus tard les réactions du Midi), s'il pouvait assurer de plus à la nation les immenses bienfaits de la Révolution, bienfaits que chaque parti est obligé de reconnaître aujourd'hui. On doit honorer la mémoire de ceux qui se sont dévoués au salut de leur pays, qui n'ont reculé devant aucun moyen de l'obtenir et n'ont recueilli pour salaire que la calomnie, la proscription, Téchafaud. Si la Terreur était indispensable pour organiser la défense et paralyser la trahison, elle est dès lors justifiée... » Les Mémoires dune inconnue^ publiés sur le manuscrit original (1780-1816). Paris, Pion, 1894, in-8, p. 92.

les mains nettes. C'est là sa gloire : d'avoir fait sod devoir et d'être mort pauvre. « Il a peur de l'argent, » disait de lui Danton. Oui, peur de Targent, fruit des trahisons, salaire des compromissions. Peur, oui^ mais aussi, mépris. Mépris pour Tallien, quand il sait ses tripotages à Bordeaux; mépris pour Fouchér ce Fouché qui, à sa mort, laissera quatorze millions et la terre princière de Ferrières (i) ; mépris pour Barras, l'homme à filles, prochain châtelain de Grosbois ; mépris pour tous ceux dont il voit les mains pleines de sang et de rapines. Et qui sait, si ce n'est pas là le motif pour lequel il a abandonné Danton» qu*il a tendrement aimé pourtant (2) ? Qui sait s'il n'a pas condamné le misérable Chabot pour s'être laissé corrompre? C'est qu'il ne croit pas au repentir

(1) « S'il aimait le pouvoir, Fouché aimait encore plus la fortune, et le Ministère aurait fourni, largement fourni, par les jeux et par d'autres recettes obscures, à ses grandes acquisitions territoriales en Brie. » Bourrienne, Mémoires,. t. V, chap. XIX.

(2) Cette tendre amitié pour Danton est incontestable. Cette lettre de Robespierre, écrite le 16 février 1793, après la mort de la première femme de Danton en est un éclatant témoignage : « Si, dans les seuls malheurs qui puissent ébranler une &me telle que la tienne, la certitude d'avoir un ami tendre et dévoué peut Voffrir quelque consolation, je te la présente. Je t'aime plus que jamais et jusqu'à la mort. Dans ce moment je suis toi-même. Ne ferme point ton cœur aux accents de l'amitié qui ressent toute ta peine. Pleurons ensemble nos amis, et fesons bientôt ressentir les effets de notre douleur profonde aux tirans qui sont les auteurs de nos malheurs publics et de nos malheurs privés. Mon ami, je t'avois adressé ce langage de mon cœur, dans la Belgique ; j'aurois déjà été te voir, si je n'avois respecté les premiers momens de ta juste affliction. Embrasse ton ami. » — Bibliothèque municipale de Nantes ; collection Dugasl- Matifeux (copie). — L'original de cette lettre faisait partie de la collection Morison.

W^ Cc^uMfc n^t^^^Aâ iifU^nt.

Deux couplets manuscrits d*une chanson à boire de Robespierre.

des corrompus, c'est qu'incorruptible il hait la corruption. « Il n'était pas voleur d'écus, » dit Baudot(i). On Ta vu au lendemain de thermidor, en vidant ses tiroirs; Revenons aux Duplay.

(1) M.-A. Baudot, ooL cit., p. 257.

LIBERTÉ. ASm Égalité;

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