AGTBS DE BAPTÊMES DE CHARLOTTE, HENRIETTE ET AUGUSTIN ROBESPIERRE
L*acte de baptême de Maximilien Robespierre, ainsi que nous Tavons dit^ a été souvent publié. Ceux des autres enfants de M. de Robespierre sont inconnus. Le lecteur les trouvera ci-après, copiés sur les originaux du bureau de Tétat civil d'Arras.
Voici d'abord celui de Charlotte Robespierre :
Ce jourd'huy huitième jour du mois de février de Tannée mil sept cent soixante. Nous prêtre curé de la paroisse de Saint-Étienne des Ville et Diocèse d'Arras, avons suppléés les cérémonies du batôme à une fille née vers les deux heures et demy de Taprès midy sur cette dite paroisse en légitime mariage de mattre Maximilien-Barthélemy-François de Robes-
pierre, avocat au Conseil provincial d*Artois, et de damoiselle Jacqueline-Margueritte Carrant, ses père et mère; laquelle fut ondoyée par nous curé le lendemain de sa naissance six des mesmes mois et an que dessus, avec la permission de Tévêché en datte du mesme jour signée le Roux, vicaire général, et plus bas, par ordonnance Péchena. Le parrain fut mattre Charles-Antoine de Gouve, conseiller du Roy et son procureur des ville et cité d'Arras, subdélégué de Monsieur l'intendant de Flandre et d*Artois, au département d'Arras, de la paroisse de Saint-Jean en Ronville, et la marraine damoiselle Marie-Dominique Poiteau, veuve du sieur François Isambart, vivant procureur au dit conseil provincial d*Artois, de la paroisse de Saint-Aubert, qui luy ont donnés pour nom Marie-Marguerite-Charlotte, et qui ont signés avec nous curé, et le père icy présent, le mesme acte les jour et an susdits. L'enfant est née le cinq.
Marie Dominique Poiteau De Gouve Derobespibrre
WiLLART, curé de Saint-Ê tienne.
Charlotte survécut quarante ans aux événements de thermidor. Sa fin fut obscure et triste. Sous le nom de Mme Carraut elle habitait chez la famille Mathon, rue de la Fontaine (1). Sa chambre était pauvrement meublée d^une commode ancienne, d'un lit en acajou
(1) Aujourd'hui rue de la Pitié.
avec deux matelas, de deux petites tables, une en acajou, l'autre en noyer. Aux murs était suspendu un portrait lithographie de Maximilien. Deux autres portraient garnissaient un autre pan : ceux de Robespierre et de Laponneraye qui, le premier, tenta la réhabilitation du grand Jacobin. La garde-robe de Charlotte était médiocre; à sa mort on ne trouva qu'une douzaine de chemises usées, une robe ancienne en gros de Naples, trois robes en toile (i). Le tout, mobilier, effets, objets, fut vendu 331 francs. Charlotte mourut le 4*' août 1834 et fut inhumée deux jours plus tard au cimetière Montparnasse, dans une fosse à concession temporaire. Cette concession expira en 1840, et comme personne ne se présenta pour la renouveler, les ossements de Charlotte allèrent aux Catacombes. Elle laissait le testament que voici, publié par Laponneraye :
Je, Marie-Marguerite-Charlotte Robespierre, soussignée, jouissant de toutes mes facultés intellectuellesy voulant, avant de payer à la nature le tribut que tous les mortels lui doivent, faire connaître mes sentiments envers la mémoire de mon frère atné, déclare que je l'ai toujours connu pour un homme plein de vertu; je proteste contre toutes les lettres contraires à son honneur qui m'ont été attribuées. Et voulant ensuite disposer de ce que je laisserai à mon déôès, j'institue pour mon héritière universelle, Mlle Reine-Louise-Victoire Mathon, par laquelle je veux que tout ce que je laisserai soit recueilli en toute propriété.
(1) Inventaire det objets laisiés par Charlotte Robespierre à sa mort ; publié à la suite des MémoireSy pièce VIII.
896 ROBESPIERRE ET LES FEMBftES
En foi, fait et écrit de ma main, à Paris, le six février mil-huit-cent-vingt-huit.
Robespierre (i).
La minute de ce testament, une demi-page in-folio, passa dans une vente d'autographes en 1869 (S). C'est une des rares pièces autographes de Charlotte livrées aux enchères. La vie de la seconde sœur de Maximilien fut plus courte. Nous l'avons dit, une maladie de langueur l'emporta à dix-neuf ans. Elle était née le 28 décembre 1761. Voici son acte de baptême :
Ce jourd'huy vingt huitième jour du mois de décembre mil sept cent soixante et un, nous prêtre curé de la paroisse de Saint-Étienne, des ville et diocèse d'Arras avons batisés une fille née le même jour sur cette paroisse de Saint-Étienne vers les six heures du matin en légitime mariage de maître Maximilien-Barthélemy-François de Robespierre , avocat au Conseil provincial d'Artois, et de damoiselle Jacqueline-Marguerite Carrant, ses père et mère nos paroissiens. Le parrain fut le sieur Jacque- François Carrant, marchand brasseur en gros de la paroisse de Saint-Jean en Ronville, ayeul maternel à l'enfant et la marraine damoiselle Marie-Marguerite-Françoise Poiteau, épouse de Maître Maximilien de Robespierre, avocat au dit Conseil provincial et supérieur d'Artois, de la paroisse de Saint-Aubert,
(1) Laponneraye, Œuvres de Maximilien RobeBpierre,,.^ t. II, p. 498.
(2) Catalogue dune belle collection de lettres autographes^ manuscrits^ documents historiques sur la Révolution^ les guerres de Vendée^ e/c, provenant de plusieurs cabinets, dont la vente aura lieu le Jeudi 24 avril 1862 et Jours sutvants,., Paris, Laverdet, 1862, in-8, p. 183.
ayeule paternelle au dit enfant, qui luy ont donnés pour nom Henriette-Eulalie-Françoise et qui ont signés avec nous curé, le mesme acte aussi bien que le père icy présent au dit Arras les jour, mois et an susdits.
Jacque François Carraut
PoiTEAU DE Robespierre
Derobespierrb
WiLLART,
curé de Sainl-É tienne.
Cette dernière pièce est relative à Augustin- Bon, dont nos lecteurs connaissent le rôle et le sort dans la tragédie du 9 thermidor :
Ce jourd'huy vingt deuxième jour du mois de janvier de Tannée mil sept cent soixante trois, nous prestrecuré de la paroisse de Saint-Étienne des Ville et diocèse d'Arras avons batisés un garçon né la veille vingt et un des mesmes mois et an que dessus vers les deux heures de Taprès midy environ sur cette ditte paroisse en légitime mariage de maître Maximilien-Barthélemy-François de Robespierre , avocat au Conseil provincial d'Artois et de damoiselle Jacqueline-Margueritte Carraut ses père et mère nos paroissiens.
Le parrain fut le sieur Augustin-Isidore Carraut, négociant de la paroisse de Saint-Jean en Ronville, oncle maternel de Tenfant, et la marraine damoiselle Margueritte-Alexandrine-Éleonore-Eulalie de Robespierre de la paroisse de Saint-Aubert, tante pater* nelle au dit enfant, qui luy ont donnés pour nom Augustin-Bon-Joseph et qui ont signés avec nous
curé le mesme acte aussi bien que le père icy présent les jours, mois et an susdits.
Carraut
EuiALiB DE Robespierre
Derobespierre
WiLLART,
curé de Saint-É tienne.
LIBERTÉ. ^t»l ÉGALITÉ.