LES PEUX VERSIONS DU PROCÈS DES HÉBERTISTES
Les procès de commerce et d'intelligence avec Tenacmij de complot contre la sûreté de PÉtat, sont jugés aujourd'hui par les Conseils 4e guerre ou par la Haute Cour. Sous la Terreur ils relevaient du tribunal révolutionnaire, qui était essentiellement une institution de défense nationale.
Une sinistre légende entoure le tribunal révolutionnaire. Sa justice n'aurait été qu'une parodie sanglante. Plus d'innocents que de coupables auraient succombé sous ses arrêts, M. Anatole France, dans son roman, d'ailleurs si vrai dans l'ensemble, Les Dieux ont soif, accepte la légende et fait des juges et des jurés du tribunal des mystiques imbéciles qui tuaient sans raison ou des bouchers serviles qui tuaient par ordre.
M. France n'a pas étudié les archives du tribunal. H en connaît mal l'histoire, puisqu'il conduit à l'échafaud la femme de Momoro, qui garda sa belle tête sur ses épaules. M. France n'est souvent qu'un écho de Wallon et de Campardon, dont les livres, purement anecdotiques, ont contribué à fortifier une légende qu'il serait temps d'examiner de près.
Une histoire scientifique du tribunal révolutionnaire ne sera possible que le jour où de patientes études critiques auront reconnu^l'étendue et la valeur des sources à l'aide desquelles cette histoire peut être
(i) Cette étude a d'abord paru dans les Annales révolutionnaires de janvier 1919.
écrite. Ces études tie sont pas commencées* Lee quel* quea notes qui suivent ont pont bttt de montrer qu'elles sont possibles et qu'elles donneront des résultats g$Trois griefs principaux furent dressés contîntes hébertiates^:
i° En effrayant les commerçants et les cultivateuft par le déploiement de l'armée révolutionnaire et par la tyrannie vexatoire de leurs commissaires aux accaparements, ils étaient responsables de la famine qui régnait dans les villes et notamment dans la capitale*
30 fia s'enten daie nt avec l'enne mi pour dégoûter, " les" Fi8U<9Bs Itie la Révolution* Ib te
par leurs excès, les français ae
renseignaient sur les actes du gouvernement et lui
livraient ses secrets,
3* Ils préparaient une insurrection contre la Convention, au moyen de l'armée révolutionnaire et d'iln soulèvement populaire. S'ils avaient réussi, ils auraient instauré une dictature qu'as auraient conâéa à un grand juge,
A l'appui du premier grief, on adjoignit à Hébert le commissaire au* accaparements de la section de Marseille, Frédéric Pierre Bucrocquet, qui était odieux aux commerçants de son quartier par ses visites dorai* ciliairee et ses saisies de denrées sur la voie publique* Qn lui adjoignit aussi Antoine Descombes, qui avait été chargé pendant plusieurs moi» de réquisitionne* les grains de la région de Corbeil et de les faire moudre pour la oapitak.
Pour démontrer l'entente avec l'ennemi, on rangea parmi les accusés le prussien Anachaisis Cloois, le belge Proli, le hollandais Conrad Kock, les agents secrets àU ministère des Affaires étrangères : Desfieux, Pereira et Dubuisson,
Cloots avait prôné une politique extérieure imprudente. Il avait été à Paris le grand protecteur de tëtés les étrangers sujet» ennemis, Un officier prussien déserteur, Gugenthal, te dénonçait comme ayant en des intelligence» avec te duc de Btunswtell* Cloots syinbo*
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