SCÈNE V
PIÉDOUCHE seul.
Dimanche!... Dimanche!... prends bien garde de te faire du bobo, mon petit Dimanche... C’est drôle, ce nègre m’inspire un intérêt... Mais voyons... il va falloir allumer du feu... comment faire? Au fait... je n’ai qu’à voir dans ce livre comment s’y prenait mon illustre prédécesseur Robinson Crusoé... (Il prend le livre.) Voyons un peu.. . (Il lit.) Chapitre III... ça n’est pas ça... ah! voilà! « Il s’agissait de trouver un moyen de faire cuire l'animal que la Providence avait placé sur mon chemin. Je pris deux cailloux, et les frottai vivement l’un contre l’autre. A la fin, une étincelle jaillit... J’étais sauvé ! » (Cessant de lire.) Très-bien, voici deux cailloux... ça va être l’affaire d’un petit moment, (il ramasse deux caiUoux et les frotte l’un contre l’autre comme s’il nlpait du sucre.) L’étincelle ne m’a pas l’air de jaillir beaucoup... (Il reprend.) Non ! (Il s’arrête.) Ah ! quand je pense que Zoé, ma vieille bonne, m’avait dit si souvent : Monsieur, croyez-moi, ne vous mariez jamais! (U reprend.) Rien!... ah çà! est-ce que Robinson ne serait qu’un farceur... Ah si! au lieu do croire Robinson, j’avais cru Zoé! Mais Dimanche tarde bien; il doit savoir allumer du feu, lui... Ah! je l’aperçois... Ciel! ce n’est pas Di... c’est Oné...