OURSON
efforts dans ce lieu, quoique bous eu eux-mêmes* quoique honnêtes dans leur but ; tandis que ces hommes, qui sont présentement vos sujets , sous votre gouvernement et votre domination absolus, sont autorisés par vous à vivre ouvertement dans l’adultère? »
Je l’avoue , je fus frappé de la chose, mais beaucoup plus encore des arguments convaincants dont il l’avait apjuyée; car il était certainement vrai que, malgré qu’ils n’eussent point d’ecclésiastique sur les lieux, cependant un contrat formel des deux parties , fait par-devant témoins 9 confirmé yu moyen de quelque signe par lequel ils se seraient touts reconnus engagés , n’eût- il consisté que dans la rupture d’un fétu, et qui eût obligé les hommes à avoues ces femmes pour leurs épouses en toute circonstance , à ne les abandonner jamais , elles ni leurs enfants , et les femmes à en agir de même à l’égard de leurs maris, eût été un mariage valide et légal à la face de Dieu. Et c’était une grande faute de ne l’avoir pas fait.
Je pensai pouvoir m’en tirer avec mon jeune prêtre en lui disant que tout cela avait été fait durant mon absence , et que depuis tant d’années ces gens vivaient ensemble, que, si c’était un adultère, il était sans remède; qu’à cette heure on n’y pouvait rien.
— < Sir, en vous demandant pardon d’une telle liberté, répliqua-t-il, vous avez raison en cela, que, la chose s’étant consommée en votre absence , vous ne sauriez être accusé d’avoir connivé au crime. Mais, je vous en conjure, ne vous flattez pas d’être pour cela déchargé de l’obligation de faire maintenant tout votre possible pour y mettre fin. Qu’on impute le passé à qui l’on voudra ! Comment pourriez-vous ne pas penser qtf’à l’avenir le crime retombera entièrement sur vous , puisque aujourd’hui il est certaine-
CRl'Sürt.
ment en votre pouvoir de lever le scandale, et que nul autre n’a ce pouvoir que vous ? > #
Je fus encore assez stupide pour ne pas le comprendre, et pour m’imaginer que par — « lever le scandale » , — il entendait que je devais les séparer et ne pas souffrir qu’ils vécussent plus long-temps ensemble. Aussi lui dis-je que c’était chose que je ne pouvais faire en aucune façon, car ce serait vouloir mettre l’Ile entière dans la 'confusion. 11 parut surpris que je me fusse si grossièrement mépris. — « Non, sir, reprit-il, je n’entends point que vous deviez les séparer , mais bien au contraire les unir légalement et efficacement. Et, sir, comme mon mode de mariage pourrait bien ne pas leur agréer facilement, tout valable qu’il serait , même d’après vos propres lois , je vous crois qualifié devait Dieu et devant les hommes pour vous en acquitter vous-même par un contrat écrit, signé par les deux époux et par touts les témoins présents, lequel assurément serait déclaré valide par toutes les législations de l’Europe. »
Je fus étonné de lui trouver tant de vraie piété , un 2èle si sincère, 'qui plus est dans ses discours une impartialité si peu commune touchant son propre parti ou son Église, enfin une si fervente sollicitude pour sauver des gens avec lesquels il n’avait ni relation ni accointance ; pour les sauver, dis-je, de la transgression des lois de Dieu. Je n’avais en vérité rencontré nulle part rien de semblable. Or, récapitulant tout ce qu’il avait dit touchant le moyen de les unir par contrat écrit , moyen que je tenais aussi pour valable, je revins à la charge et je lui répondis que je reconnaissais que tout ce qu’il avait dit était fort juste et trèsbienveillant de sa part, que je m’en entretiendrais avec ces gens tout-à-l’heure, dès mon arrivée ; mais que je ne voyais
ROBIKtON
pas pour quelle raison ils auraient des scrupules ù se laisser touts mariqr par lui : car je n’ignorais pas que cette alliance serait reconnue aussi authentique et aussi valide en Angleterre que s’ils eussent été mariés par un de nos propres ministres. Je dirai en son temps ce qui se lit à ce sujet.
Je le pressai alors de me dire quelle était la seconde plainte qu’il avait à faire , en reconnaissant que je lui étais fort redevable quant à la première , et je l’en remerciai cordialement. 11 me dit qu’il userait encore de la même liberté et de la même franchise , et qu’il espérait que je le prendrais aussi bien. — Le grief était donc que, nonobstant que ces Anglais mes sujets, comme il les appelait, eussent vécu avec ces femmes depuis près de sept années, et leur eussent appris à parler l’anglais, même à le lire, et qu’eues fussent, comme il s’en était apperçuyde% femmes assez intelligentes et susceptibles d’instruction , ils ne leur avaient rien enseigné jusque alors de la religion chrétienne , pas» seulement fait connaître qu’il est un Dieu, qu’il a un cuhe, de quelle manière Dieu veut être servi , ni que leur propre idolâtrie et leur adoration étaient fausses et absurdes.
C’était , disait-il , une négligence injustifiable ; et que Dieu leur en demanderait certainement compte, et que peutêtre il finirait par leur arracher l’œuvre des mains. Tout ceci fut prononcé avec beaucoup de sensibilité et de chaleur. — «Je suis persuadé, poursuivit-il, que si ces hommes eussent vécu dans la contrée sauvage d’où lfurs femmes sont venues, les Sauvages auraient pris plus de peine pour les ameneuà se faire idolâtres et à adorer te démon, qu’aucun d’eux, autant que je puis le voir, n’en a pris pour instruire sa femme dans la connaissance du vrai Dieu. — Or , sia , continua-t-il , quoique je ne sois pas de votre communion , ni vous de la mienne , cependant , l’un et
causoK.
l’autre, nous devrions être joyeux de voir les serviteurs du démon et les sujets de son royaume apprendre à connaître les principes généraux de la religion chrétienne, de manière qu’ils puissent au moins posséder quelques notions de Dieu et d’un Rédempteur, de la résurrection et d’une vie future , choses auxquelles nous touts nous croyons» Au moins seraient-ils ainsi beaucoup plus près d’entrer dans le giron de la véritable Église qu’ils ne le sont maintenant en' professant publiquement l’idolâtrie et le culte de Satan. • Je n’y tins plus; je le pris dans mes bras et l’embrassai jivec un excès de tendresse. — « Que j’étais loin, lui disje, de comprendre le devoir le plus essentiel d’un Chrétien, c’est-à-dire de toqjoiravec amour l’intérêt de l’Église chrétienne et le bien des âmes de notre prochain ! A peine savais-je ce qu’il faut pour être chrétien. » — . • Oh , monsieur, ne parlez pas ainsi , répliqua-t-il ; la chose ne vient pas de votre faute,» — « Non , dis-je, mais pourquoi ne l’ai-je pas prise à cœur comme vous ?» — « 11 n’est pas trop tard encore, dit-il; ne soyez pas si prompt à vous condamner vous-même. » — « Mais, qu’y a-t-il à faire maintenant ? repris-je. Vous voyez que je suis sur le point de partir. » — « Voulez-vous me permettre, sir, d’en causer avec ces pauvres hommes ?» — « Oui, de tout mon cœur, répondis-je, et je les obligerai à se montrer attentifs à ce que vous leur direz.» — « Quant à cela , dit-il, nous devons les abandonner à la grâce du Christ ; notre affaire est seuleuilnt de les assister , de les encourager et de les instruire. Avec votre permission et la bénédiction de Dieu , je ne doute point que ces pauvres âmes ignorantes n’entrent dans le grand domaine de la chrétienté, sinon dans la foi particulière que nous embrassons touts , et cela même pendant que vous serez encore ici. »> — «Là-dessus, lui dis-je, non-seulement
ÎIS
fiÛDIX50!t CBl’SUli.
je vous accorde cette permission, mais encore je tous donne mille remercîments. » — De ce qui s en est suivi je ferai également mention en son lieu.
Je le pressai de passer au troisième article , sur lequel nous étions répréhensibles. — « En vérité , dit-il , il est de la même nature , et je pousuivrai , moyennant votre permission, avec la même franchise. 11 Vagit de vos pauvres Sauvages de par là -bas , qui sont devenus, — pour ainsi parler, — vos sujets par droit de conquête. Il y a une maxime , sir , qui est ou doit être reçue parmi touts les Chrétiens, de quelque communion ou prétendue commu-* nion qu’ils soient , et cette maxime est que la créance chrétienne doit être propagée par touts les moyens et dans toutes les occasions possibles. C’est d’après ce principe que notre Église envoie des missionnaires dans la Perse, dans l’Inde , dans la Chine , et que notre clergé , même du plus haut rang , s’engage volontairement dans les voyages les plus hasardeux , et pénètre dans les plus dangereuses résidences , parmi les barbares et les meurtriers , pour leur enseigner h connaissance du vrai Dieu et les amener à embrasser la Foi chrétienne.
h , vous , sm , vous avez ici une belle occasion ^de convertir trente-six ou trente-sept pauvres ^'Sauvages idolâtres à la connaissance de Dieu,
) leur Créateur et Rédempteur , et je trouve très-extraordinaire que vous laissiez échapper une pareille opportunité de faire une bonne œuvre , digne vrait. u. i5
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ment qu’un hotnme y consacrât son existence tout entière.
Je restai muet, je n avais pas un mot à dire. Là devant les yeux j’avais l’ardeur dun zèle véritablement chrétien pour Dieu et la religion; quels que fussent d’ailleurs les principes particuliers de ce jeune homme de bien. Quant à moi , jusqu’alors je n’avais pas même eu dans le cœur une pareille pensée, et sans doute je ne ^aurais jamais conçue; car ces Sauvages étaient pour moi des esclaves , des gens que , si nous eussions eu à les employer à quelques travaux , nous aurions traités comme tels / ou que nous aurions été fort aises de transporter dans toute autre partie du monde. Notre affaire était de nous en débarrasser. Nous aurions touts été satisfaits de les voir partir pour quelque pays, pourvu qu'ils ne revissent jamais le leur. — Mais revenons à notre sujet. J’étais, dis-je, resté confondu à son discours, et je ne savais quelle réponse lui faire. Il me regarda fixement, èt, remarquant mon trouble : — « Sir, dit-il . je serais désolé si quelqu’une de mes paroles avait pu vous offenser. » — « Non, non, repartis-je, ma colère ne s’adresse qu’à moi-même. Je suis profondément contristé non-seulement de n’avoir pas eu la moindre idée de cela jusqu’à cette heure, mais encore de ne pas savoir à quoi me. servira la connaissance que j'en ai maintenant. Vous n’ignorez pas , sïk, dans quelles circonstances je me trouve. Je vais aux Indes -Orientales sur un navire frété par des négociants* envers lesquels ce serait commettre une injustice criante que de retenir ici leur bâtiment , l’équipage étant pendant tout ce temps nourri et payé aux frais des armateurs. Il est vrai que j’ai stipulé qu’il nîc serait loisible de demeurer douze jours ici, et que* si j’y stationnais davantage, je paierais trois livres sterling par jour de starie. Toutefois je ne puis prolonger ma slarie au-delà de huit jours : en voici déjà treize que je séjourne en ce lieu.
*. CRUâOlt.
Je suis donc tout-à-fait dàn> l’impossibilité de me mettre à cetle œuvre , à moins que je ne me résigne à être de nouveau abandonné sur cette île ; et, dans ce cas, si ce seul navire venait à se perdre sur qüelque point de sa course, je retom1jefais,; précisément dans le même état où je me suis trouvé une première fois ici, e^ duquel jjai été si merveil- ^.leSsement délivré. »
11 avoua que les clauses^ de mon voyage étaient onéreuses ; mais il laissa à ma conscience à prononcer si le bonheur de sauver trente-sept âmes fte valait pas la peine que je hasardasse tout ce qtie j’avais au monde. N étant pas autant que lui pénétré de cela , je lui répliquai ainsi :
< — « C’est en effet, sir , chose fort glorieuse que d’être un instrument dans la main de Dieu pour convertir trente-sept payeus à la connaissance du Christ. Mais comme vous êtes un ecclésiastique et préposée Cette œuvre, il semble qu’elle erijre naturellement dans le domaine de votre pro- ’ fession ; comment se fait-il donc qu’au lieu de m’y exhorter, vous n’offriez pas vous-même deTenti^prendre ? »
A ces mots , comme* il marchait à mon«côté , ,il se tourna face à face ajjec moi, et, m’arrêtantjout court, il me fit une profonde rélêrepce* — ♦« Je rends grâce à Dieu et à vous du fond de mon Cteur, $ HT, dit— il ♦ de m’avoir appelé si manifestement à |me si sainte entreprise ; et si vous vous en croyez dispensé et désirez /|ue je*i^’en charge*, je l’accepte avec empressement , et je regarderai ?omme une heureuse récompense des périls eftles peines d’un voyage aussi interrompu et aussi malencontreux que le mien , de vaquer enfin à une œlivre si glorieuse. » • . • •
Tandis qu’il parlait ainsi, je" découvris sur son visage une sorte de ravissement, ses yeux étincelaient comme le feu, saface s’embrasait, pâlissait et se renflammâit, comme s'il
HOtlAMM .*
eût été en proie à d<^ accès. Ejj un^ mot il était rayonnant de joie de se voir embarqué dans une pareille entreprise. Je demeurai fort long-temps sans pouvoir exprimer ce que* j’avais à lui dirç ; car j’étais Yeellement surpris de trouver un homme d’une telle sincérité et d’une tell® ferveur . et entraîné par son zèle au-delà du cercle ordinaire des hommes, non-seulement de sa communion, mais de quelque cbrnimf- nion que ce fût. Or après avoir ^considéré cela quejçjues instants , je lui demandai sérieusement-, s’il était jraApfil voulût s’aventurer daiîs fa vue seule d’une tentative a faille auprès de ces pauvres gens, ai rester enfermé dans une île , inculte , peut-être pour la vie , et après tout sans savoir même s’il pourrait ou non leur jprocurer quelque bien. •
Il se tourna brusquement vers moi, et s’écria : — «Qu’appelez-vous s’aventurer ! Dans quel but", s A vbus plajjL, sir, ajouta-t-il ; pensez- vbus que j’aie^consemi à Rendre passage à bord de votre navire pour les Indes^Orientales?-^ * — « Je ne sais, diVje, à moins que ce ne fût pour prêcher * les Indiens. » — «jSans# aucuiv doute , répondit-il. Et croyez-vous que si^e puis convertir fts trente-sept Tiomntes à la Foi du Christ,’ je n’aurai pas ^iguemçiil^mployé mon temps, quand je devrais même n’être iajpais retiré de l’île? Le salut de tant d’âmes u’est-il pd$ igflninient plils précieifx que ne l’est ma vie et même celle pe viiÇ^auj^es 4e ma profession? Oui, sir, ^adresserais toute ma vie des jetions de grâce au Christ ét à la Sainte-Vierge si jé pouvais devenir le moindre instrument heureutfdu saluf de lame de ces pauvres hommes, dussé-je ne jamais mettre le pied hors de celte île, et ne revoir jamais mon pays natal. Or*puisquc vous voulez bien me faire l’honneur de me confier cette tâche , — en reconnaissance de quoi je prierai pour vous touts les jours de ma vie, — je vous adresserai une Immble
requête. » — «AJu'est-ce? lui dis-je. » — « C’est, répondii-il. de laisser avec moi votre serviteur Vendredi, pour #mè servir d'interprète et me seconder auprès de ces Sauvages ; car sans trucheman je ne saurais eu être entendu ni les •entendre. ». ‘ ^
Je fus profondément ému à cette demande , car je ne
pouffe songer à me séparer de Vendredi, et pour maintes raisffiSs. Il avait été le %)mpagpen de mes, travaux ; nonseuledlenff il m'était fidèle, mailson dévouement était sans bornes, et j’avais résolu de faire quelque chose de considé^ râble pour^ui s’il me survivait, comme c’était probable. D’ailleurs je pensais qu’ayant fait de Vendredi un Protesrtant, ce saisit vouloir l’embrouiller entièrement que de l’inciter ^ embjrasper une autre communion. 11 n eût jamais voulu croire, tant que ses yeux seraient restés ouverts, que son vieuj maître fût un kérétjgue et serait damné. Cela ne pouvait donc avoir pour résultatque de ruiner les principes • de ce pauvre garçon *et de le rejeter dans son idolâtrie ptfèmière.
Toutefois, dans^ette angoisse, je fus soudainement soulagé par la pomsée que voici : je déclarai à mon jeune prêtre qu’en honneur je ne pouvais pas dire que je fusse prêt à me séparer de Vendredi pour quelque motif que ce pûf être , quoiqu’une œuvre qu’il estimait plus que sa propre vie dût sembler à mes yeux de beaucoup plus de prix que ‘la possession ou le départ d’un serviteur ; que d’ailleurs j’étais persuadé me Vendredi ne consentirait jamais en aucune façon à «^séparer de moi, et que l’y coutraindre violemment serait une injustice manifeste , parce que je lui avais promis quqje ne le renverrais jamais, et qu’il m’avait promis et juré de n^jamais m’abandonner , à moins que je ne le chassasse. »,
■obi *eo «
Là-dessus notre abbé paVut fort en peine , car tout accès à l’esprit de ces pauvTes gens lui était fertné , puisqu'il ne comprenait pas un seul mot de leur langue, ni eux un seu^ mot de la sienne. Pour trancher la difficulté, je lui dis que le père de Vendredi avait appris l’espagnol, et que luimême, le connaissant, il pourrait lui servir d’interprète. ( leci • lui remit du baume dans le cœur, et rien n’eût pu le dissuader de rester pour tenter la conversion des Sauvages. Mais la Providence donna à toutes ces choses un tour différent et fort heureux.
Je reviens maintenant à la première partie cfê ses reproches. — Quand nous fûmes arrivés chez les Anglais, je les mandai touts ensemble, et, après leur avoir rappelé ce que # j’avais fait pour eux, c’est-à-dire de quels objets nécqpaires je les avais pourvus et de quelle manière ces objets avaient^ été distribués, ce dont ils étaient pénétrés et reconnaissants,
• je commençai à leur parler de la vie scandaleuse qu’ils menaient, et je leur répétai toutes les remarques que le prêtre* ^ avait déjà faites à cet égard. Puis, leur démontrant combien cette vie était anti-chrétienne et iqpie, je feur demandai s’ils étaient mariés ou célibataires. I b* m’exposèrent
^ aussitôt leur état , et me déâarèrent que deux .d’entre eux étaient veufs et les trois autrej simplement garçong.
— « Comment, poursuivis-je, avez-vous pu en bonne conscience prendre ces femmes, cohabiter avec elles comme vous l’avez fait, les appeler vos épouses, en avoir un si grand nombre d’enfants, sans être, légitimaient mariés? »
Ils me firent touts la réponse à laquelle je m’attendais, qu’il n’y avait eu personne pour les marier ; qtfils s’étaient
* engagés devant le gouverneur à les prendre pour épouses et à les garder et à les reconnaîtte comme telles, et qu’ils posaient, eu égard à l’état des choses, qu’ils étaient aussi
•oiuftort.
légitimement maries que s'ils l'eussent été par un recteur et avec toutes les formalités du monde.
Je leur répliquai que sans aucun doute ils étaient unis aux yeux de Dieu et consciencieusement obligés de garder ces femmes pour épouses; liais que les lois humaines étant tout autres, ils pouvaient prétendre n'être pas liés et délaisser à l'avenir ces malheureuses et leurs enfants 5 et qu’alors leurs épouses , pauvres femmes désolées , sans amis et. sans argent, n’auraient aucun moyen de se sortir de peine. Aussi, feur dis-je, à moins que je ne fusse assuré de la droiture de leurs intentions^ que je ne pouvais rien pour eux que j'aurais soin que ce que je ferais fût, à leur exclusion, tout au profit de leurs femmes et de leurs enfants ; et , à moins qu’ils ne me donnassent l’assurance qu’ils épouseraient ces femmes; que je ne pensais pas qu’il fût convenable qu’ils habitassent plus long-temps ensemble conjugalement ; car c’était tout à la fois scandaleux pour les hommes, et offensant -pour Dieu , dont ils ne pouvaient espérer la bénédiction s’ils continuaient de vivre ainsi.
Tout se passa selon mon attente. Ils me déclarèrent , principalement Atkiks, qui semblait alors parler pour les autres^ qu’ils aimaient leurs femmes autant que si elles fussent nées dans leur propre pays natal, et qu’ils ne les abandonneraient sous aucun prétexte au monde; qu’ils avaient l’intime croyance qu’elles étaient tout aussi vertueuses, tout aussi modestes , et qu’elles faisaient tout ce qui dépendait d’elles pour eux et pour leurs enfants tout aussi bien que quelque femme que ce pût être. Enfin que nulle considé*ration ne pourrait les en séparer. William Àtkins ajouta, pour son compte, que si quelqu’un voulait l’emmener et lui offrait de le reconduire en Angleterre et de le faire capitaine du meilleur navïfl£de guerre de la Marine, il re-
fuserait de partir s’il ne pouvait transporter avec -lui sà femme, et ses enfants; et que, s’il se trouvait un eccfésiasikne #à bord, il se marierait avec elle sur-le-champ et de tout d|jur.
C était là justement ce que je voulais. Le prêtre n’étdlt pas avec moi en ce moment, iflais il n'était pas lg^n. Je dis donc à Atkins, pour l’éprouver jusqu’au boutique j’assis avec moi un ecclésiastique, et que, s’il était jpncère, je le marierais le lencfemain ; puis je l’engapai à y réfléchir et à en causer avec les autres. Il me répondit que , quant à luimême, il n’avait nullement besoin de réflexion , dur il Âait fort disposé à cela, et fort aise que j’eu||p uqjnirtistre avec moi. Son opinion était d’ailleurs que touts y consentiraient également. Je lui déclarai alorâ que mon ami leininitfre était Français et ne parlait pas anglais ; mais que je ferais entre eux l’oflice de clerc. Tl ne me demanda Vilement pas s’il était papiste ou protestant, ce que vraiment je redoutais. Jamais même il ne fut question de cela. Sur ce nous nous séparâmes, âfaj je retournai vers iiuxfecdésiastique et William Atkins rentra pour s'entretenir avec^es compagnons. — Je recommandai au prêtre français de ne rien leur dire jusqu’à ce que l’affaire fût tout-à-fait mûre, et je lui communiquai leur réponse.
vant que j'eusse quitté leur habitation ils vinrent touts à moi pour m'annoncer qu'ils ï avaient considéré ce que je leur avais dit ; t qu'ils étaient ravis d'apprendre que j’eusse un ecclésiastique en ma compagnie, eHju’ils étaient prêts a me donner la satisfaction que je désirais ,
52<i MniNon « % •
el à se 'marier daitë les formes dès que tel serait monplai-» sir; car ils étaient bien éloignés 4e souhaiter de se séparer de leurs femmes , et n’avaient eu que des vues honnêtes quand ils en avaient fait choix. J’arrêtai alçrs qu’ils viendraient me trouver le lendemain matin , et dans cotte entrt?faite qu’ils expliqueraient à leurs femmes le sens de la loi ^ du mariage, dont le but n était pas seulement de prévenir le scandale, mais de les obliger, eux, à ne point les délaisser, quoi qu’il pût advenir.
Lés femmes saisirent aisément l’esprit de la chose, ei en furent très-satisfaites, connue ep effet elles avaient sujet de }’être. Aussi ne manquèrent-ils pas le lendemain de se réunir tmits dans mon appartement, ou je produisis mon ec- • clésiastique. Quoiqu’il n’eût pas la robe d’un ministre anglican, ni le costume n un prêtre français, comme il portait un vêtement noir, à peu près en manière de soutane, et noué d’une ceinture, il ne ressemblait pas trop iuaT à up pasleur. Quant au mode de communication, je fus son interprète.
La gravité de ses manières avec eux , et les scrupules qu’il se fit de marier les femmes,* parce tju’elles n’étaient pas baptisées et ne professaient pas la Foi chrétienne , leur* inspirèrent une extrême révérence pour sa personne. Aprèsr cela il ne leur fut pas nécessaire de s’enquérir s’il était ou 4? nou ecclésiastique.
Vraiment je agpignis que son scrupule ne fût poussé si loin , qu’il ne voulût pas les marier du tout Nonobstant tout ce que je pus dire, il me résista, avee modestie, wmm avec fermeté ; et enfin il refusa absolument de les unir, à moins d’avoir conféré préalablement avec les |mmmes et avec les femmes aussi. Bien rque d’abord j’y eusse un peu répugné, je finis par y consentir de bonne grâce, après avoir reconnu la sincérité de ses vues.
ciuttoi* 12
Il commença par le» dire que je, 1 avais instruit dé letfr ûiméoo et du présent dessein ; qu’il éfcit tout disposé à s’acquitter de cette partie de son Finistère, à les enfin, comme j’en avais manifesté le désir; mais qu avant de pouvoir le faire, il devait prendre la liberté de s entretenir * avec eux. Alors il leur déclara qu'aux yeux de tout homme et selon" Üesprit des lois sociales, ils avaient vécu jusqu a cette heure dans un adultère patent, auquel rien que leur consentement à se marier ou à se séparer effectivement et iinmédiatenflÊat ne pouvait .mettre uu terme.; mais quen cela il s’élevait même, relativement aux lois chrétiennes du mariage, une difficulté qui ne laissait pas de 1 inquiéter, celle .d’unir un Chrétie» à une Sauvage, une idolâtre, une payent, une créature non baptisée ; et cependant qu’il ne voyait pas rqu’il y eût le loisir d'amener ces femmes par la voie de la persuasion à se faire baptiser , ou à coasser le nom du Chmst, dont il doutait qu elles eussent >nais oui parler, et saut quoi elles ne pouvaient recevoir le baptême.
Il leur déclara encore qu’il présumait qu’eux-mêmes n’étaietft que de très-indifférents Chrétiens ,* n’ayant quune {bible connaissance de Dieu et de ses voies ; qu en conséquence il ne pouvait s’attendre à ce qu ils en eussent dit bien long à leurs femmes sur cet article; et que, s’ils ne voulaient promettre de faire touts leurs efforts auprès d elles pour les persuader de aevenir chrétiennes et de les instruire de leur mieux dans la connaissance et la croyance de?Dicu qui les a créées, et dans 1 adoration de Jésis- Ghrist qui les a rachetées , il ne pourrait consacrer leur union ; car J ne voulait point prêter les mains à une alliance de Chrétiens à des Sauvages, chose contraire aux principes dfe la religion chrétienne et formellement défendue par la Loi de Dieu.
«onnsoü
Ils écoutèrent fort attentivement tout ceci, que, sortant de sa bouche, je leur transmettais très-lidèlement et aussi littéralement que je le pouvais, ajoutant seulement parfois quelque chose de mon propre, pour leur faire sentir combien c’était juste et combien je l’approuvais. Mais j etablis- # a • sais toujours très-scrupuleusemeitf une distinction entre ce queje tirais de moi-meme et ce qui était les.paroles du prêtre. Us merépoudirent que ce que le gentleman avait \ dit était véritable, qu’ils n’étaient eux-mêmes que de trèsindifférents t^irétiens, et qu’ils u’avaient jamais à leurs fem-
# mes touché un mot de religion. — « Seigneur Dieu ! sin,
s’écria )^ill comment leur enseignerions-nous
la religion? -nous n’y entendons riei> nous-mêmes. D’ailleurs
# si nous allions leur parler de Dieu, de Jésus-Christ . du Ciel et de l’Enfer, ce serait vouloir les faire rire à nos dé-
# pens , et les p^Jsser à nous demanderrqü#est-.ce que nousmêmes ngûs croyons ; et si nous leur disions que nous ajoutons foi k toutes les choses dont nous leur parlons, par exemple , que les lions vont aii Ciel et les méchants en Enfer , elles ne manqueraient pas de nous demander où nous prétendons aller nous-mêmes, qui croyons à tout cela et n’eu sommes pas moins de mauvais êtres , comme en effet nous le sommes. Vraiment, sir , cela suffirait pour leufr inspirer tout d’abord du dégoût pour la religion. 11 faut avoir de la religion soi-même avant de vouloir prêcher les autres. » — « Will Aïkins, lui repartis-je, quoique j’aie peur que ce que vous dites ne soit que trop vrai en soi , ne pourriez-vous cependant répondre à votre femme qu’elle est plongée dans l’erreur ; qu’il est un Dieu ; qu’il y a une religion meilleure que la sienne ; que ses dieux sont des idoles qui ne peuvent ni entendre ni parlef; qu’il existe un grand Être qui a fait toutes choses et qui a puissance
Cltt'SOlt.
de détruire tout ce qu’il a fait; çju’il récompense le bien et punit le mal j* et que uous serons jugés parlai à la fin,
* Am*nôs œuvres çn ce moirfe ? Vous n’êtes pas tellement dépoumule $bs que la natqrc elle-même ne vous ai t ' enseigné que tout cela est vrai ;-je suis sûr que vous saveziqu’il en est ainsi , et que vous y croyez -vous-même. » -
* « Cela est juste, sir, répliqua Atkins; mais de ‘quel front pourrais-je jÿrc qu^que chosg de tout ceci à m^eimne (|uand elltfmc répondait immédiatement que cefn’est pas vrai? «jr
— « Pas^vran répliquai-je. Ou entendez-^ous^ar-Ià ? » g — « Oui.. s<§. elle ipc.#a qb’il n’est pas vr^i que cé Dieu *’ dont je lui parlerai soit juste , et puisse punir et réeom-
* penser, jusque je «g suis pas puni- et livré à Satan, moi
qui ai été, elle ne le sait.tjue trop, une si mauvaise créfflure fenVWs elle et envers ^ouls les autres , puisqu’il souffre que je Vive, moi qui ai toujours agi si contrairement à ce qu’il faut, que je lut présente comme le bien,, et à ce'wpic j’eusse '
vraiment f Atkins, répétai Jjjfe, jrai grand peur que lu ne mses%op vrai. * — Et là-dessus ]e reportai les répoiftefrd’ATKiNS $ l'ecclésiastique , qui brfilaiude les connaître. — « Oh ! s’écria le prêtre, dites-lui qu’il est une chose qui peut le rend™ le meilleur ministre du monde auprès de sa femme , tt que c’est’ la repentance ;.car personne rffe prêche ie repentir corfpie les vrais pénitents. Il ne lui manque què l’attritîou pour être mew qqe tout autre en état^d’instruÿre son épousç. C’est alôrs qu'il sera qualifié * pour fui apprendre que non-seulement il est un Dieu, juste
rémunérateur du bien et dvrüial, manqua ce Dieu est un Être miséricordieux; quêtons Sa bont^ineffable et ?a pal i^nce infinie, il di^re de puilir ceux qui l’outragent, à
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dessein d’user de clémence , car il ne veut pas la mort du pécheur, mais bien qu’il revienne à soi et/pnl vive; que souvent îl souffre que les méchants parcourent une Iongrte carnère; que souvent même jl ajourne leui* damnation au jour île luniversellç rétribution; et que c’est là nue preuve évidente d’un Dieu et d’une vie future , que les justes ne reçofvent pas leur récompensé ni les'nféchants leur chàtîment en ce monde. Ceci,, le condfRra naturellement à enseigner à* sa femjne les dogmes de la Rés^rrectioif et du Jugement dernier. Eu vérité%je vous le dis^ que seulement il se repente, fel îl sera pour sa femme un excellent instrument de repentance. ^ !
Jl répétai tout cqcià Atkiùs, qui l’écouta d’un air fort grave^ et qui, il était facile de le voiç, en fut extraordinairement affect^. Tout-à-coup, s’iftipatientant et me laissant à peine achever : — « Je sais tou^celaf mMÊtru , me dit-il, et bien d’autres choses incpre; mais je n’aurai pasTimpudencc de piujer ainsijt ma femme, quand Dieu çt malpropre conscience patent , quanîl ma femme elle-mqne ferait contre moi urf*irrécusable témoin , 'que j’anvéçu comme je n’eusse jamais ouï parler (te Dieu Ru (fuue vie future ou deurien^clé semblable; et pour ce qui est de- mon repentir, liél^s !... — là-dessus il poussa un profoncj soupir et je vis ses yeux se mouiller de larmes, — tout est perdu pour moi! * — . « Perdu! Atrins; mais qu’entends4u par là?*"» — * Je ne sais que trop ce que j’entends ^str, répondit-il ; j’entends qu’il est trop tard , et que ce n’est que trop vrai. »
Je traduisis mot pottr mot à mon ecclésiastique ^e que W illiam venait de me dire. Le pauvre prêtre zélé, — ainsi dois-je l’appeler, caç, quelle^ie fût sa croyance., il avait assurément une rare sollicitude» du salut de 1’âme* de ^>n prochain . et il serait cruél de pensgj qu’il n’eût pas une
égale sollicitude de son propre salut ; — cet hommè zélé et charitable, dis-je, ne put aussi retenir ses lâhnes; mais, k s étant remis} il me dit : — « Faites-lui j:ette «seule* ques- ^tion : fot-iî satisfait qu'ifsoit frop tard'ou en est-il chagrin, *et souratarait-iî^uU n en fût pas ainsi. » — Je posai nettétontJa qjjfestitm à Atkins, èfril me répondit avec beau cdlp àg éhaleur : * — « Comment un homme pourrait) trouver sa satisfaction dans une situation qui sûrement d}it avoir pour fih la*mcfft femelle? Bien loin d’en être satis-a fait, je peg|p,%au contre, -quun jour nu lautre«el le* causera m'a niùîe. » > ^
— « Qu’entende?rvous par là? lui' dis-je. » EM me répliqua qu’ijgknsait en venir,' ou plus |ôt ou plus tard, à se couper la gor^h pour mettre fin à ses terreurs. * *
* L’ecclésiastique hochaMa tête d un air profondément pénétré ,#quan<L je lui rçport£ tout cela; et, s adressant brusquement à ino^il me dit : — «^>i tel est son étatf vou6 pouvez l’assurer qu’if n’est pas IrofjMard. Le Christ lui donnera^ri^it 1 >nce: ie vous en pi%, ajouta-t-il,
expliquez-lUiàceo^Qjte tonnued,’homme n’est sauvé aque p • îe CnfciST ét te . sj^Pagpon intercédant la
miséricorde divine, if n’est jamais trop tard goimfrentrer en gnjtue^ PAse-t-il qu’il soit possible à l’bommé de péfeher audelà vies bornes de la puissance miséricordieuse de Dieu? Dites-lui, je vous prie, qu i| «HMmul-êtf e un tentps où, lasséê, la grâce divine cesse Ses* longs e%r#, et où Dieu ♦peut refuser de prêter l’oreîllç; mais que pour l’homme il n’est jamais trop igfd pour implorer ïnerci ; que nouj, qui somfhes seryitdfcrs du @iib£E|t /mpus avons pour fission de prêcher Je pardon en tout teqg>s, au nom de Jésus- Christ, àjîouts ceux qui sé repentent sincèrement. Donc ce n’est jamais trop tard pour se ^pentir. »
HOBIKMKI CULliOlt.
Je épelai tout ceci à àtkins. Il m’écouta avec empressement * mais il parut vouloir remettre la fin de l’entretien, car il me ,*lit (ju'ff, désirait sortir pour fciuser un peu avec sa femme. 11 se retira tn effet, et nous pourri vîmes avec ses compagnons. Je mapperçus qirils étaient touts ignorants jusqu'à la stupidité en matière de religion, coimfte je? l’étais moi-meme quand je m’enfuis de chez* iqpn ]$re pour courir le monde» Cependant aucifn d’eux ne#s’était montré inattentif à ce qui avait étg dîf; et touts promirent sérieusement d’en parler à leurs femmes, et d’çmplover louis leurs efforts pour les persuader de se faire chrétienne^.
’ecclésiastioue sourit lorsque je lui rendis leur réponse ; mais il garda long-temps le silence. \ la fTft pourtant , secouant la tête : — « Nou£ qui soitunes serviteurs du Christ , dit-il, nous ne pouvons qu’ exhorter et instruire; quand les hommes se soumettent et se conforment à nos censures, et r. h. îG
[%àUBlllfcON
promettent ce qufc nfcus demandons , notre pouvoir s'arrête
là ; mous soumis tgms ^accepter ïcur^bonnes paroles, ^ais croyez-moi, srti, continua-t-il, quoi (|uc vous aVez pu apprendre de la vie cet homme que vous nommez William Atkins*, j’ai la conviction qu'il est parmi M le seul sincèreihent converti. Je le regarde comme un vrai pénitent. Non que je désespère 3des autres. Mais cet l^onune-ci est profondément frappe des égarements de sa vie passote et je ne doute pas que lorsqu’il viendra à parler de rengion à sa fcmmei il ne s en peintre lui-même efliçacemoHi; car s’efforce^* d’instnrtrc les autres est souvent le meilleur moyen de s instjuir^oi-rinêmc. J’ai conninun honnne-qi^, ajoutd-t-il, n ajltnt de I^religidn que des notions sommaires, et menant yjiej vie au jflus haut point «coupait et perdue de débauenes, en vint à une ampèle résipiscence en s ap- , pliquant à Convertir un Juif, ihi^dotiôdofpaûfre Atkins«c met une fois à pînjer séycusenffcht de Jésüs-Chiust à sa | femme , ma vie à palier qtfil entre par-là lui-même dans la voie d une entière conversion et Æune sincère pénitence, lit qui sait ce qui |1fut s’ensui^e^ ‘ + W*
• D’après cette conversation cependant , et les susdites promesses de s’efforfer à persuader aux femmes d’enibrasser le Christianisme, Je prêtre mîlria leff trois couples présents. Will Atkiiss et sa femme n’étaient pas encore renfcé*. Lçs épousailles faites, après avoir attendu qqplque tempîT, mon ecclésiastique fut curieux de savoir où était allé Ajrkins ; et , se tournant vers moi , il mé dit : — « $4* je vous en supplie, sortons Æe votre labyrinthe, et aH ' J’ose avancer que nous trouverons par là ce pattvre^^^^ # causant sérieusement avec sa femme, et lui enseignât déjà* quelque chose de la religion. » —«Je commençais à. être de même avis. Nous sortîmes donc ensemble, et je le menai