‹ Robinson Crusoé, tome 2Chapitre 7 sur 29 · SU F · texte numérisé non relu

SU F

par uu chemin qui n’était connu qucâfie moi, et où leS ar- » lires s’élevaient si épais qu’il n’élajjf pas «facile de voir à • travers les touffes de feuillage, qtii pcçmeltaieift encore moins d’ètce v% (ju’ellcs ne laissaient voir. «Quand nous fûmes arrivés à la rive du bois, j’apperçus Atk’iüs et ta* sauvage épouselau teint basané assista l’ombre d’un buissftn et engagés dans une conversation animée. Je restai coi jusqu a ce que mon ecclésiastique m’eût rejoint; et jjlors , lui tfyant montré où ils étaient, nous finies jjaltc et les examinâmes long-tempji avec la plus gra JÉMtentid*.

Nous remarquâmes -qu’il la sollifilair vivement en lu* montra# du doqg j à-haut le soleil et toute^e^regions des deux ; puis en bdfrla (erre, jiuis au loin la me/, puis luiméme, puis elle, puis les bms et les arbres. — «-Or, me dit mou ecclésiastique, $>âs le %ez, voici que mes paroles sa vérifient : 11 la prêche. Observez-ie ; maintenanljl lui eniÿgue que notre Dieu les a «faits, client lùi, de même que le firmament, la terre, la mer f les bois et les arbres.

« Je le crois aussi, lui répondis-je. » — Aussitôt nous vîifles Atkin# se lever* puis y jeter à genoux en élevant scs deux inains vers-le,cieL Notfc supposâmes qu’il proférait quelque chose, mais nous u'c pûmes l’entendre : nous étions trop éloignés’ ypur cela. Il resta à peine une demiminute agenouillé, revint s’asseoir près de sa fermée .et lui parla derechef. Nous tymarquâm^ alors combien elle.était ; attentive; mais «arc|pit-ejle le silence ou parlait-elle, cVst ce que nous n’auri(*is su dire. Tandis que ce pjfuvre homme était agenouillé, j avais vu des larmes couler en abondance sur les joues^ de mon ecclesiastique, et j’avais -eu peine moi-meme à ftie retenir. Mais c était un grand chagrin pour nous que de ne pas élrÿjissez près pour entendre quelque chose de ce qui* s’agitait entre eux.

Die • by v^,ooQle

23G. noisi.w'*^

Cependant nous ifc pouvions approcher davantage, de* peur de les troubler. îftus résolûm& donc d^atlendré laffiu * de cette Conversation 'soucieuse * qui d’aillewsious^arMjfr 1 assezjÿiut sans lfc Secours de lajoix. At^j ns, domine je lai dit, setaiySssis de nouveau tout auprès de sa femme , etlui parlait derechef a^c chaleur. Deux ou trois fois iioms pûmes voir^tju’il l’embrassait passionnément. Une autre fois nous le vîmes prendre son pioiîchoir , lui cssujer les yeux, puisjTcmbmusser eucortfc avec des transports -d’une nature vraiment singulière. Enfin , après plusieurs choses semblables, nous if virées se relever tout-à-coup, lui tendre la main pourS’aifer à faire de môme, puis, 4a tenaiï ainsi^ la conduire. aussitôt à quelques pas de ta, où touts défex s’agenoui]Jèrent et reslèrei#daps cette attitude deux inintUéfr environ. 9 . • # *

Mon ajni ne se possédait plus. 11 s’écria : — e Saint *PauH saint Paul! voyez, *1 ÿrie ! » r — Je craignis qu\fynhx| ne l’entendît : je le conjurai de se modérer pendam quel* ques instants , afin que nousfjmssions^oir ETfin de"gette * scène , qui , pour moi, je^Vis le cdhfcsser, fut bien tout à la fois la plus touchante et J^plos agréable que j£aifc jamais vtie de ma vie. 11 chercha è\ effet à jse oggdre maître de Idr* mais il était dans de tels ravissénymt» de pênaer que cette pauvre femme payenne était devenu^ chrétienne,^ qp’il fui fut impossible de ser contenir , et qu’il versa ÿes larmes à plusieurs reprises. Levant les mains^versje C^l et se signant 1^ « poitrine , il "faisait des oraisons jacuhffoireç %>ur .rendre grâce à Dieu d’une preuve si miraculeuse 4m succe^de! nos efforts; tantôt il parlait toht bas et je pouvais a^effe entendre , tantôt à voix haute , tantôt eb latin , tanCôfen français; deux ou trois fois des larmésxde joie l’interrompirent et étouffèrent ses paroles tout-à-fait. Je le dbnjufci de nou-

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yeau île se calmer, afin que'nous posions observer de plus près et 4plus. complètement ce qui se passait sous nos yeuj*, ce qu’il fit pour quelque «temps^Ea yène n’était pas finie; %ar, -uprès qu’ils se furent rdevést^ous vîmes encore le pauvre homme parler avec ardeur a sa femme, et nous reconnûmes à ses gestes qu elle était vivement touchée de ce 4pi’il disait : elle levait fréquemment le ^m ai ns au ciel , elle posait une main $ur sa poitrine, ou prenait'* telles autres attitudes qui décèlent d’ordinaire#une componction profonde et une sérieuse attention* Ceci dura un deitfi-qâart d’heure, environ. Puis ils siétoiguèrent trop pour que nous pussions les épier plus longtemps.

Je saisis cet instant pour adresser la parole a mou reli- • gieux , et-ije lui dis d’abord que j’étais clianué d’avoir vu dans ses détails ce doni filous venions 3’être témoins; que, malgré que je fussek assez incrédule en pareils cas*, je me laisShis cepeudant aller#» croire qu’ici Ural était foVt sincère, tant de la part du mari tjiie de celle <Jé la femme , quelle que pu^ être d’ailleurs leur ignorance , el (Jue j’espérais qu’un tel conjjpencemant aurait Score Une fin plus heureuse. — « Et qui sait,' ajoutai^ si ces (Jpux-là ifc pourront pas rivée le temps , par la voie de l*ensàgneinént et de l’exemple, opéÆr sur $ielqucs auirea? » — « Quelques autres, repri^fl en tournant* brusquetyeht vers moi, voire même sur touts les aitjfes. îaites-fdhd là-dessus : si ces dêux Sauvages, Su ca$ lui, à votre propre dire, n’a guère laissé voir qu’il valût mieux* — s’adonnent à Jésus-Ch<rist, ils n’auront pets de cesse qu’ils n’aient converti touts les autres; car la vraie religion est naturellement •communicative , el celui qui fine bonne fois s’esÉfait Chrétien ne laissera jamais un pày»n derrière lui s’il peut le sauver. » — J’avouai que pcnser*?tinsi était un principe vraiment chrétien ,* et la

preiffe d’up zèle v.ériïoble et d’un cteur généijîux en soi* «Mais,*mon ami, poursuivis-je, voulez-vous me permettre de soulever iemi ne -difficulfé ? Je B ai pawa moindre chose à objecter conlçt^e-ferveul intérêt que vous déployez pour convertir ces pauvres gens du paganisme h la religion chrétienne ; mais quelle Iconsolatio* en .pouvez-vous tirer , puisque, a votre s#s ^ils Sont hors du giron de l’Église cî# tholiquc, hors de hujftelle^vous croyez tjful n’y a point de ÿüut? Ce ne sent toujours h vos^yeiui que des hérétiques, et, pour «cent raisons, qpssi effectivement damnés qu% les payens eux-mêmes. » • * * +

A ceci il répondit avec beaucoup de candeur efJd(*t charité clyéthuine r — «%fn , je suis calfiolique de'iEglise romaine et prêtre (Je l’oçdre dé Saint- I^JbnôîJ * et je professe touts lès principes d? la Foi rdmainj; mais cependant, croyez-tuoj, elceuest pas comme comffiiment que j^ vous dis cela, ni eu égard à juja positionnât à vos amitiés ,^e ne vous regarde pas , fcrous (|üi vous appqjez vous-W'me*Ri:- FOifMÉs, sans quelque jpntimenf charitJole. Je n’oserais dire, quoique je sache que o-’est en général not^fe.opiniolf, je n’oserais dire que yous nfe po^v ez êlre sauvés, je ne prétends en aucune manière limiter fa îfeséricortïe du Chu^t jusquelà de penser qu’il ne puiss£ ^bus récevmr dans le sein de son Eglise par’ des voies #nous impi^paWes^et qu’d nous est impqpsible de connaître, et' j*s{ière (Jti£ vous avez la même charité pour nous. \Te piîe chaque jour pour que vous soyez touts restitués à l’Fg^e (H Christ, de quelrme ma- ^ nière qu’il plaise à Celui qui' eSUhfmiment sa§è de ijpisy n)F ~ mener. En attendant vous reconnaîtrez sûremen^u’irfn appartient, comme c^hoWqueJjft’établif une grancÇ différence entre un Protestant et un payen ; entre celiff^ui invoque J4sijs-Ciirist, quoique dans un modeifje je ne juge pas

ciasTttf*

* conforme à 'la véritable Follet un Sauvage, ui^Laibare,jqui ne connaît Ai Dm , ni Ciirisi ,. .ni Rédemp#,ur. Si vous n’êtes pas dans le giron de FÉglisl^plholiquCf nous espérons y lie vous êtes plus près d y Entrer que c^ix-là^jiii ne connaissent au.cuncniejit ni Dieu ni son Eglise. C’est pourquoi je me réjou^ quand je vois-,ce pauvre homme , que vous hie dites avoir été un débauche et presque un meurtrier, s’agenouiller éè prier .Tes es- Cft rasjp* comme nous suppo- * sons qu'il *mit , malgré qu’i^ie soit pas pleinement éclairé,

. (la n s*l a persuasion ou je sui^que Pieu de qui toute œuvre semblable procède ,* touchera sensiblement son cœur , t le conduira, en son temps, à une connaissance plus profonde 4k la vérité. Et si Dieu inspire à ce pauvre homme de convertir et’ «finstrÜre l’ignorante SauvaVe» son épouse, je i|e puis croire qu i 1 le repoussera lui -même. W aije donc pas raiséh de mê réjouir lorsque je vois quelqu'un amené à ki conuaissance du Christ, quoiqu’il ne puissé être apporté jusque dans li* ^e in de l’Église catholi- ’ que, juste à l’heure où je puis le désirer, tout en laissant à la bonté *u< Christ le sqÿi ne jnirfaijre sbn œuvre en sou temp? et par ses proprés vpies? Caftes que je me réjouirais si loutsjes Sauvages de l’Amérique etaienj amenés, eojnme cette pauvre fenqpe , à prier Dieu , dussent-ils être touts protestants d’abord, plutôt que de les voir persister dans le ( le paganisme etdidfdâtrie, fermement convaincu que je serais que Celui qui aurajf épanch<j*ur eux cette lumière daignerait plus tard les illuminer Jun rayon.de sa céleste grâce; et le$ recueillir dans le bercail de sou Église , alors que bon lui semblait. » • * ' *

Je fus autant étonné de la sincérité et de la modération de ce Papiste véritablement pieux , qjrë^terrassé par la force . dé sa dialectiqu^jjpt il^e vint en ce moment à l’esprit que

ROUINaoA CHtSOll.

si une pareille modération était Universelle, ..OUS pourrions » être touts chrétiens caftiSUques, quelle que fût l'Église ou la çonnnuiikm parlicujjèfe à laquelle nous appartinssions ; que l’csprif'de charité bientôt nous insinuerait touts dans de droits principes; et, en un mqj , , comme fl pensait qu’une semblable Charité nous rendrait ifouts catholiques, je lui dis qu’à ino% spns si tbuts les membres d^son Eglise professaient la même tolérance ils seraient bientôt touts protestants. Et nous, brisâmes 1&, car nous n’enflfons jamais en controverse. ♦ ^

Cependant , changeait dirlangage , et lui prenant la main. — « Mon any , kii dis-je , je souhaiterais que to^t le clergé de lÉglise romaine fût doué (rime telle modér% tion, et d’une ^imrité* égale à la vôtre^Jc sui^en^fement ^ de votre opinion ; mais je dois vous dire que si vous yê- ^ chiez une pareille doctrine en Espagne ojpen Italie on vous livrerait à l’Inquisition. » i +

— « Cela se peut, répondit-il: J ignore ce que feraientles Espagnols ou les Italien» ; mais je ne dirai pas qu’ils en ^ soient meilleurs Gbft^nÆltfftr, cette rigueur ^^rj ma conviction est qu’il n’yyt point drarésie dans un exûés de charité. » * * **

nous nous

ill ÂrKiNS et sdyemiW étant partis, notfe js que faifip en ce lieu. P donc chemin ^ et , cornu

n avions que faige en ce lieu. Nous rebroussâmes donc chemin ^ et , comme no en retournions , nous les trodîpttes qui attendaient quon les At entrer. Lorsque je les eus apperçus, demandai à ido£ ecclésiastique si nous devions ou non

* » < « K.ir.iNSOs

'découvrir à Àtkins que nous l’avions vu près du buisson. Il fut d’avis que nous ne le devions pas, mais qu’il fahail lui parler d’abord et écouter t ce .qu’il nous dirait. i\ l'appelâmes Jonc en particulier, et, personne pétant la i nous-mêmes, je liai avec lui cn^ees termes :

ous

que

— « Comment fûtes-\;ous élevé, Wift Atkins, jovous prie? Qu’était votre père? » flr

William àtkins. — Up meilleur homme que je ne serai jamais, sir; mon pije était un ecclésiastiqyp. ^ Robinson Crusok. — Quelle éducation vous donnat-il ? * * #

W. A. — 11 aurait désiré me voir instruit, sir; iriSis je méprisai toute éducation, instruction ou correction, comme une brute que j’étais.

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