‹ Rochefort?Chapitre 104 sur 112 · II. — Irrévérence pour Cavaignac, Mercier, i · texte numérisé non relu

II. — Irrévérence pour Cavaignac, Mercier, i

Ce soufflet, publiquement appliqué j Mauau, sur la joue ministérielle, dé dammentque, depuis le jour où le Pr livré le dossier de l'afTatre à la Cour s n'a fait qu'exécuter les instructions des aacb, des Jaurès et des Trarieux.

Par ce besoin de soumission que Taci senitii, elle a même poussé l'abject

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iviter l'ami Dreyfus à rédiger loi-môme un Il opposer aux dêpoaitioas formelles des cinq de ia guerre, dont les déclaratloafl ne laissent prise à aucane équivoque, mol, ces enquêteurs sur lesquels il devient ible d'ouvrir une enquête, disent aa misérable, reux suffiraient seuls à écraser :

Cavaignac, Mercier, Zurlinden, Chanoine et is ont bien apporté des témoignages qui, aa bord, pourraient sembler probants; mais ces jesont pu avoir un intérêt quelconque à dé* vérité. Aussi est-ce uniquement en votre ne nous avons confiance, lonc oserait mettre en balance la parole de cinq , dont quatre généraux et celle d'un juif conla déportation perpétuelle pour crime de bante

lez-DOus seulemeot votre parole d'bonneurque innocent, et nos bras vous sont ouverts ! »

il malbeur pour Vaclier, qu'il n'ait pas [irésidéses

ont solennel infligé par une réunion d'inamois ministres qui ne le sont pas, est à la fois d'ane >rgure et d'une telle audace, qu'à la Douvelle

au Palais-Bourbon de ce coup de force jadi- 1 députés les plus sceptiques à l'endroit de de la magistrature ont d'abord douté de le de. l'infamie qu'on leur annonçait, lant pas croire à tant d'impudence, les optila salle des Pas-Perdus prétendaient que si la linelle demande à Dreyfus un mémoire relatil , c'est que probablement elle n'a pas l'ioten-

faire revenir.

et nHïveté 1 Le mémoire, il est tout prêt, ird qui l'a rédigé, et Dreyfus n'aura que la le transcrire sur le papier pelure du bordereau-

Sans quoi, de quelle utilité, veuillez me rapprendre, pourrait être une élucubration où nécessairement le malfaiteur va se garder d'avouer son méfait ?

Vous imaginez-vous le traître qui, depuis plus d'un aD, a mis tout en œuvre pour sortir de sa cage, adres-^ sant aux conseillers enquêteurs une missive ainsi conçue :

« MM. Zurlinden, Mercier, Gavaignac, Chanoine et fiillot étaient parfaitement dans le vrai. J'ai, en effet, livré à rAUemagne quantité de documents secrets et ma condamnation a été aussi juste que légale » ?

Gomme les dépositions des autres témoins ne seront pas moins accablantes que celles des cinq ministres, les vieux pirates du Palais de Justice ont cherché un témoigaage contradictoire sur lequel ils pussent se baser pour prononcer la revision; et, en vertu de cet adage qu'on n'est janaais mieux servi que par soi-même, c*est Dreyfus qu'ils ont choisi pour servir de juge à Dreyfus.

Quel malheur pour Vacher qu'il n'ait pas présidé les assises de l'Ain pendant son procès I

Il n'attendrait pas, à cette heure, la prochaine visite de Deibler.

Ces malices de Rochefort laissaient deviner que l'instruction de la Cour suprême marchait vers un dénouement favorable au condamné.

Au reste, Rochefort était forcé de l'avouer dans « Preuves sur Preuves », publié par Y Intransigeant du 18 novembre :

I. — Le Robinson de Ttle du Diable et les Vendredi de la Cour de

cassation.

Ce qui prouve à quel point nous avions raison de considérer la décision relative aux communications à adresser au Robinson de l'île du Diable par les Vendredi de la Cour de cassation comme un acheminement vers le retour du traître, c'est que toutes les feuilles qui

vivent de ses libéralités applaudissent frénétiquement à cette mesure.

Siy comme le prétendent quelques dupes — ou quelques complices — elle allait contre la révision, le TempSy qui la réclame depuis de nombreux mois, ne féliciterait pas avec une chaleur significative les juges enquêteurs de leur courageuse résolution.

Dis-moi qui t'approuve, je te dirai qui tu es.

Et en môme temps quUls demandaient un mémoire à Dreyfus, dont il est facile de prévoir les explications, ils s'abstenaient volontairement d'interroger M. Lebrun- i Renaud sur les aveux qu'il a reçus du traître, non plus i que les douze officiers auxquels, le soir même, au mess ' du régiment, le capitaine, après la cérémonie de la dé* ] gradation, est allé les révéler.

La Cour sait que Dreyfus ne peut que mentir et elle le questionne. J

Elle sait également que M. Lebrun-Renaud et ses * douze camarades ne diront que la vérité.

Aussi ne les interroge-t-elle pas.

Le public n'en demande pas davantage, pour appré* cier la bonne foi de Lœw et la probité de Manau.

II. — Aveux de Dreyfas de 1896, coDsignés daas le Figaro d'alors.

Mais nous tenons d'une autre source encore les confidences du condamné.

A la date du 8 septembre 1896, alors que la campagne dreyfusarde n'était qu'à l'état de projet et que le complot organisé dès le premier jour n'avait pas éclaté sur la France, le Figaro, dont on ne suspectera certainement pas les sentiments plutôt sympatbîques à l'endroit du déporté, publiait les lignes suivantes, sous la signature de M. Gaston Calmette :

» Un de mes amis, qui vient de passer aux lies do Salut plusieurs mois, m'a rapporté quelques notes qai me semblent intéressantes sur la vie quotidienne du déporté.

DDPUY . 339

i « ... Il ^urey^a8J aeciare qa il a voulu, par un acte ■mal calculé, qui n'a été, selon lui, qu'une imprudence, donner un semblant de confiance au gouvernement étranger, dont il déroberait ensuite les secrets à notre profit.

j> Il ajoute qu'il pardonne d'avance à toua ceux qui aaront causé son mal, parce que leur bonne foi a été EDrprUe, les apparences étant, eu effet, contre lui... •<

Ce reportage décisif passa alors presque inaperçu, tant, à cette époque, il paraissait impossible que quelqD'an eût jamais l'idée saugrenue de mettre en doate la culpabilité du sacripant.

Ld-même pensait si peu à nier son crime, dont l'évidence sautait à tous les yeux, qu'il se borna à chercher 1 l'atténuer en plaidant l'Inconscience.

C'est seulement beaucoup plus tard, lorsque la «gnolte parut assez rebondie, que la juiverie cosmopolite et internationale se décida à faire feu de toutes tes pièces d'or, pour essayer de faire démentir par ses mercenaires tout ce qui semblait irrévocablement acquis aoK débats.

m. — Interview écrasante pour Dreyfus, dans le Figaro lie isy*.

Déjà, avant le procès, le même Figaro publiait, le 16 octobre 1894, sous la signature de son rédacteur militaire, M. Charles Léser, une interview du général ïercier, lequel disait en substance ceci :

«J'ai eu entre les mains les preuves cbiantes de la irahison reprochée au capitaine Dreyfus, n

Et il ajoutait :

« Depuis plus de trois ass, Dreyfus était en relations iveo les agents d'un gouvernement étranger. »

Est-ce suffisamment catégorique?

La justice civile ou militaire peut s'égarer sur un acte . iolé dont l'auteur peut être un autre que celui qu'elle loupçonoe.

Mais un crime ininterrompu et qui s'est répété trois

années durant ne peut amener d'erreur dans l'esprit de ceux qui ont à le. juger.

Eh bien 1 les membres de la chambre criminelle sont aussi bien que nous au courant de l'opinion du général Mercier, qui a déposé devant eux, et des articles da FigarOy qu'il leur est facile de retrouver.

N'importe! quand ils croient avoir besoin d'an renseignement, c'est à Dreyfus en personner qu'ils s'empressent de s'adresser.

Les trois enfantillages que Rochefort mettait en avant ; aveux à Lebrun-Renault ; article de Gaston Galmette; interwiew de Charles Léser; valaient Tenfantillage de la corruption des conseillers à la Cour suprême, pour cause d' « exécration publique ». Ils n'avaient d'ailleurs rien d'ennuyeux.

Dans Y Intransigeant du 19 octobre, Rochefort publia : a Eux et Nous » :

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