I. — JMgnore si l'état-raajor a des fonds secrets
J'en appelle à toutes les mères et même à tous 1< enfants : si nous avions pu supposer un instant qat Dreyfus fût innocent, quel intérêt aurions-nous eu à proclamer coupable ?
Dans quel but, nous, qui, depuis la fondation d( notre journal, n'avons cessé de dénoncer les erreui judiciaires et d'en réclamer la réparation, nous serioi nous associés à celle-là ?
Quel profit matériel ou mora] espérions-nous tirer notre hostilité à la revision du procès d'un homme;» qi nous ne connaissions ni d'Eve ni d'Adam et dont, veille de son arrestation, nous n'avions jamais entent parler ?
Je sais bien que quelques fumistes de la bande Jaurès ont prétendu que nos convictions étaient mentées par « les fonds secrets de Tétat-major ».
i'ignore si l'état-major a des fonda secrets peDse que les imbéciles lanceurs de cette at savent, comme nous, à quoi s'en tenir sar ea v«
D'antant que si la campagne que nous s pour la défense du pays, en même temps que Journal, l'Eclair, l'Echo de Paris, le Jou nombre d'autres confrères, était le moins di iatëressée, nous aurions eu tout bénéfice à non aer non ans « fonds secrets de l'état-major i doit pas en avoir beaucoup, en admettant qu' mais aax fonds publics du Syndicat de Trab diatribne les billets de mille comme on distri les bureaux d'omnibus des prospectus de taillei
Hais, de même que le moindre doute relatif pabilité du traître nous eût fait immëdiatem ber la plame des mains, comment voulez-vous éprouvions la plus légère incertitude sur le ci homme qui l'a confessé à plus de nngt persoD an France qu'à la Guyane ?
Et comment serions-nous assez stupideme pour admettre l'innocence d'an officier qui, filé deux ann par ses chefs, a été pris « sur le tas ii dit l'ancien chef de la Sûreté Goron à prop constatation des flagrants délits ?
Par contre, si nous n'avons obéi dans to afTaire qu'à l'opiaion imposée par l'évidence par notre conscience ensuite, il est certain avenx multipliés du condamné ont dû frapper ie'défendent à cette beure, comme ils ont c ceux qui l'attaquent.
Beaucoup, parmi les journalistes et les déf soit dans les feuilles, soit à la Cbambre, ont pour le misérable, ne sont pas plus inintelli; d'autres.
ornent impossible que les boiaseaui ' LDlées contre, le momentané de l'Ile pas produit sur eux la m&me impres-
itude de la trahison s'accentue, pluï igmenteot, en faveur du gredin qui, et buvant comme six, jone ià-bas les
titement clair que si nous ne sommes me pour repousser la revision qae imbre criminelle ont déclarée receenrs du traître sont payés pour la
de Panama, oa va-na-pieds de» lettres.
&sser en revue, depuis les non>lien el
ma Jnsqu'aux va-nu-pieds de lettres,
ienx chaussés, pour que leur vénalité
ible que la culpabilité de leur client.
Heurs, ils en sont aux aveux.
Ire jour, d'un de ces gagistes cette
iseignements :
Te, nous ne désarmerons pas. »
, mâme si le condamné, écrasé par
'enoavelait les premiers aveux qu'il
at de rétracter, ses souteneurs, plas
Dreyrus, continueraient k l'atfirmer
m suffit à donner le la deiear loyauté; 1 d'or a passé entre des doigts, c'est !h bien 1 les salaires qu'ils ont reçus droit à la polémique.
as avec des individus dont les argaintés par des billets de banque, ■e aussi éclairés que possible sur la ndamnation de Dreyfus : il faut Ihcd t, puisqu'ils sont appointés pour ça.
Le mot trivial de « bouche-rœii » a été inventé pour, indiquer précisément que les embauchés qui les reçoivent ont la vue interceptée par les lingots dont on l'obstrue.
Aussi n'ont-ils pas voix au chapitre, étant des témoins subornés.
Le jour où Ton nous démontrerait Tinnocence de Dreyfus, nous n'aurions, nous, aucune raison pour la nier.
En revanche, quand on leur prouve irrésistiblement sa culpabilité, ils la rejettent avec d'autant plus de violence que plus ils protestent, plus ils touchent.
Rochefort était-il de bonne foi, en traçant l'avantdernier alinéa de cet article ? C'est probable. Etait-il sincère en affirmant dans la première partie de Tarlicle: « J'ignore si Tétat-major a des fonds secrets » ?
C'est improbable. Cependant le doute doit, dans tous les cas, profiter à la sincérité du polémiste.
Pourquoi, en effet, supposer des mobiles venais au polémiste, quand son orgueil et sa colère sont en cause?
Encore plus bizarre que le précédent factum, était « Le retour de Tlle d'Elbe », publié par Rochefort dans ^Intransigeant du 20 novembre.