‹ Rochefort?Chapitre 111 sur 112 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

Ce que la séance àa ss novembre avait appris à Rochefoi OrumoQt. — < La Chambre et le Syndicat n et « Le U. Picquan >. — Bonimeats de montreur de marionnet Hervé de Kérohant signe la protestation en faveur de Fie — Réunion des ciioïeuB lyonnais, d'où la protestation ava son essor vers les tours Notre-Dame. — Vérité selon Dru et Vérité tonte nue.

Bans « La Chambre et le Synclicai ». Rochefori prâcia, comme il suit, les débats du Palais-Bou [Intransigeant du 30 novembre) :

La séance d'bier ressemblait à un déballage < maisoD des Cent Mille Paletots.

Les députés attachés à larédaclton de journaaxd Fiuards qae a l'alTaire » a mis dans leurs meubles, venos SDCceasivement étaler leurs écbaiitillons s drap vert de la tribune.

Bt, par une coïncidence utile à signaler, tous, élections dernières qui datent à peine de six moi 8cint présentés comme adversaires irréconciliable irattre de l'tle du Diable et formellement opposée rerision de son procès.

Oe qui, pour tout Français impartial, signiSe qu'i

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sont dits anti-dreyfasards pour être élus, et qae, actuellement, ils se disent dreyfusards pour d'autres motifs que le public a d'ailleurs depuis longtemps appréciés.

Quant à MM. Barthou et Poincaré, récemment entrés dans la sarabande, et qui brûlaient d'envie de donner des gages à Reioach, leur chef d'orchestre, ils n'ont, pendant les deux ans du ministère Méline, cessé d'affirmer que Dreyfus avait été justement et légalement condamné.

Et voilà qu'à peine remplacés sur le banc des ministres, Barthou s'aperçoit que la condamnation du traître a été à la fois illégale et injuste.

C'est peut-être abuser un peu du droit que possède tout homme politiqtie aux opinions successives.

D'autant qu'au milieu de tant de ramasseurs de pépites dreyfusardes, M. Barthou a des raisons particulières d*être assez gêné.

Lors de la décision du conseil d'Ëtat prolongeant jusqu'en Tannée 1956 la concession de la compagnie d'Orléans, M. Barthou, à ce moment ministre des travaux public, fut, bien qu'ayant démissionné à la suite de cet arrêt, accusé — à tort, je l'espère — de l'avoir inspiré aux conseillers.

Un député se fit même l'écho de tous ces bruits de couloirs et, jaloux de démontrer qu'il n'avait en rien spéculé sur une hausse d'actions qu'il lui avait été facile de prévoir, M, Barthou réunit un jury d'honneur dont j'eus celui de faire partie.

Aucun agent de change ne nous ayant ouvert ses livres, nous dûmes naturellement déclarer qu'il n'y avait contre la délicatesse de l'ex-ministre aucune preuve tangible.

De même, quand la feuille à Jaurès raconte que l'/ntransigeant est subventionné sur les a fonds secrets de l'état-major», elle est incapable d'exhiber un reçu signé de nous, attendu que nous nous garderions d'en délivrer à l'état-major, même s'il nous subventionnait en effet.

Mais l'étrange volte-face de M. Barthou venant, dans

lemeDt anglais, selon un dicton dn paya, peat epté changer nn homme en femme, ait prendre à ta lettre les paroles de M. Dapoj, de Cassation pourrait tout, m6me changer Ite » Picqnart en homme et Vacher en prix

olonel », à la libération duquel les arrosés da

dansent la polka des pièces d'or, appartient

1 de gnerre et n'appartient à personne aatre.

^ous les prétoires militaires on civils devraient

dUs, comme l'ont été Sain te -Pélagie et Hazas,

resterait ouvert qu'un seul en France : celui de

ù siëgenl Lœw et Manau.

rait alors & nn accusé d'être très riche poar

riablement acquitté.

ifflrait qu'il fût acquitté pour qu'on fût sûr qu'il

icbe.

>u avait les honneurs de c La Chamhre et le

, ». A peine laissait-il à son collègue Poincaré

lagistrats de la Cour de cassation une petite

as la distribution des huées.

1 avaient le droit d'en être jaloux, si, comme

rétendu « Boubou », ces huées était « l'hon-

loute une vie >.

àDrumont, il intitula son article du 29 no-

« Le cas de M. Picqnart i :

ait hier au Palais-Bourbon : a C'est le minîs-

ïmain qui a été renversé. »

It, en effet, qu'il y avait une combinaisoD mi-

1, derrière l'interpellation de H. Millerand qui a

iment avorté.

est certain, c'est que la jeune garde dreyfa'

LE MINISTÈRE DDPDÏ Hi

sarde, qui s'était réservée depuis si longtemps ponr donner aa dernier moment, n'a pas en à se loaer ioterventioa.

Ce fut une huée quand M. Poincaré, qui faîsail du ministère Dupuy an moment de la condan du traître, vint se déclarer partisan ardent lumière.

Od éclata de rire, quand M. Dupny dit à M thon :

« Vous affirmez qu'il y ? eu une erreur de coi Qa'avez-vous fait pendant deux ans pour faire plier la Justice et la Vérité 7 »

Ce conp de poing détaché d'un air bonhommi avec la maestria d'un solide Arverne, fut la ga cette interminable séance.

J'avoue qu'à moi, naïf, les déclarations du gou ment m'ont para très franches et très nettes.

Y a-t-il une rosserie là-dessous, comme qni uns le prétendent ?

Le gouvernement se prëterait-il à un mauvai que prépareraient les vieux coquins de la Cour ' sation, d'accord avec les Turpides du Sénat escamoter le dossier Picquart ?

Pour se prononcer, il faut attendre, car rien ne le fait supposer, et le gouvernement, soutenu Chambre et ayant derrière lui le pays tout aurait tout intérêt à être honnête.

Ce qui m'a frappé surtout, c'est l'acharnemei lequel les représentants de l'aristocratie bourgec quelque côté qu'ils siègent, soutiennent les leu qu'ils sont de leur caste.

Sous ce rapport, Millerand et Poincaré sembl frères siamois ; ils ont le même talent, un talent précis, coupant, mais sans émotion et sans flan iU sont bien plus près l'un de l'autre que les él candides ne le peuvent supposer ?

S'il s'était agi d'un pauvre petit soldat, croye qae l'on aurait passé cinq heures à discuter sur si

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Croyez-vous que Ton aurait demandé que Ton pèse sur ]a justice militaire en sa faveur, que l'on force le ministre de la guerre à retarder sa miâe en jugement ?

Vous êtes bien couvaincus du contraire n'est-ce pas?

Est-ce que l'on s'est occupé de Turpin ?

Turpin était un enfant du peuple ; il s'était fait laimême ; il avait appris ce qu'il savait, en suivant les cours du soir.

11 avait rendu un grand service à la France, au moment de Tafiaire Schnaebelé, en nous donnant la mélinite.

Est-ce qu'on a fondé des syndicats pour lui ?

Est-ce qu'on a créé des journaux pour le défendre ?

Est-ce que tous ces universitaires déclamateurs et grotesques, les fameux champions de rHumanité, les Seailles, les Stapfer, les Havet, les Monod ont dît un mot en sa faveur ?

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